Dugenou…ou la chaîne (de solidarité) du vélo.

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Acte 1 : Aïe!

Mercredi 25 février, cinquième jour de stage "Véloroc – Lapierre" à la Londe des Maures, tout va bien : exercices précis, intenses, variés…Au pied du col de Canadel nous effectuons 5 minutes de force assise mains en haut du cintre. Puis relâchement…et picotement dans la rotule gauche. "Ça va passer"…En fait ça ira demal en pis, par "oscillations successives". L'après-midi je peux à peine marcher.
Le lendemain matin je tente la longue sortie prévue au programme (150km, 5h20), c'est douloureux au début puis ça va de mieux en mieux, à la fin je me sens bien. Le lendemain, retour de stage, douleur et moral gris…Le samedi 28 février, je galère lors d'une sortie écourtée à 82km à cause de la douleur. Après trois jours de repos je roule le mercredi 04 mars : la douleur est supportable mais le lendemain elle a empiré et le genou est gonflé! Je dois agir autrement.

Acte 2 : les amis du repos.

Le mercredi 04 mars, je change donc d'attitude. Une période de repos véritable s'impose. Le plus tôt sera le mieux, j'ai déjà perdu une semaine. Mais quoi faire pour que cet arrêt soit le moins "régressif" et le plus régénérateur possible?
Je quémande des conseils et avisauprèsde différentespersonnes. Mon médecin traitant a diagnostiqué une tendinite, concrétisée par le craquement du tendon rotulien (gonflé par l'inflammation) sous la peau à la flexion du genou. Il m'a prescrit une IRM (09 mars) pout en savoir plus sur l'état général de ce tendon. En attendant il me conseille de glacer, utiliser des anti-inflammatoires du genre Flector en pommade ou en tissu gel (que des coureurs de Véloroc m'avaient déjà recommandé).
Je m'adresse aussi à Maryline Salvetat, médecin, cycliste de haut niveau, ex-membre du team Lapierre, toujours prête à rendre service. Elle me confirme le diagnostic du médecin, me conseille au moins dix jours sans rouler voire trois semaines pour éliminer le risque de rechute, me glissant au passage qu'elle même avait raté deux saisons à vouloir reprendre trop tôt avec ce genre de tendinite. Je la questionne aussi sur l'intérêt éventuel de masser le tendon et / ou de l'étirer. Elle me conseille des étirements en contraction excentrique du quadriceps. Et des anti-inflammatoires non stéroïdiens (Flector, Voltarène, Nifluril…).
Ce conseil est confirmé par un ami ostéopathe qui s'occupe à la fois de sportifs et de chevaux (ostéopathie équine), lui en revanche préfère la Percutalgine au Flector. Il me conseille demaintenir ma condition physique par des activités sportives sans effort sur le genou (ex : natation crawl avec jambe gauche "qui traîne" ou avec pull-buoy), ce que je fais dès le 8 mars, mais à dose très réduite (1000m…). Il n'est pas contre la stimulation du quadriceps gauche par électrostimulation, tout en considérant qu'une activité "de dérivation" comme la natation sera efficace elle aussi.
Je reçois aussi des conseils d'Yvon Miquel qui, toujours prêt à aider les gens en difficulté, a consulté une amie pharmacienne, qui prodigue des conseils recoupant en gros ceux que j'ai énumérés ci-avant.
La famille Davaine me prête aussi main forte! Elle complète les informations glanées ici et là par une approche plus orientée "médecines douces" et, par l'intermédiaire d'un ami ostéopathe questionné au sujet de mon problème, m'invite à réfléchir aussi aux éventuelles causes plus profondes, par exemple émotionnelles, d'une tendinite au genou – au "je nous" – gauche. De mon côté j'ai déjà fait un bilan de position de cales route (avec légère modification), de l'équilibre de mes activités (j'avais seulement fait trois sorties de vélo de route avant le stage route de la Londe desMaures, j'ai peut-être agressé mon tendon, habitué aux positionnements vtt mais pas assez à la route avant ce menu chargé), je me suis remis en question au niveau alimentaire et hydrique (orientation "hypotoxique" de l'alimentation et hydratation plus abondante, avec l'âge on a tendance à moins s'hydrater…), je suis prêt à revoir certaines évolutions d'intensité (à 46 ans dois-je éviter certains exercices "violentissimes"?Mais ce sont eux qui entraînent le plus efficacement…à condition d'être supportés).
Au terme de cette semaine d'arrêt et de recherche de conseils, je dresse un "bilan d'étape":

  • La douleur diminue progressivement, je peux faire la rentrée des vacances de février mais je ne dois rien faire avec les élèves : pas de démonstration, ne pas ranger le matériel avec eux. Cette dernière résolution sera mal respectée le 09 mars, car avec une classe difficile, ne pas aider à ranger le matériel c'est quitter en retard…
  • La diminution de la douleur ne doit pasm'amener à rouler! La douleur résiduelle est bien là, je dois être capable de m'en tenir à ce que j'ai décidé. Je fais une croix sur Cassis et l'ouverture de la coupe de Champagne le 22 mars, pour la coupe de France à St-Raphael, c'est du 20%de chances…
  • Un imprévu "positivé" permet de salutaires remises en question et de nombreux apprentissages sur soi. En décryptant la tendinite comme un signal d'alarme, J'ai ré-envisagé plein de choses à faire, bonnes pour mon organisme. Le "repos forcé" est au final plein d'activités de récupération.
  • Mon problème a activé une chaîne de solidarité qui fait chaud au coeur, c'est déjà une partie du chemin effectué pour soigner le genou! La dimension émotionnelle évoquée par un des ostéopathes existe, à mon avantage. Merci à tous, à charge de revanche!

Acte 3 : IRM et surprises…

Le lundi 9 mars 2009, je fais la rentrée et juste après les cours je file à l'hôpital de Bar-le-Duc pour une IRM (image par résonance magnétique), avec casque antibruit et musique de Phil Collins. Un ancien batteur pendant une séance de percussions IRM, c'est bien vu, bien entendu…
Le diagnostic est rassurant pour le tendon : il est en bon état, le couple repos – soins doit suffire. En revanche le docteur trouve une atteinte à mon ménisque interne gauche, mais ça je m'en doutais depuis un an ou deux, ça fait un moment que je ressens une légère douleur (gérée…) en flexion maximale cuisse sur jambe.
Je rapporte le dossier àmon médecin traitant qui me dira quoi faire éventuellement de plus que ce que je fais déjà (séances de kiné?).
Puis je passe à la pharmacie pour acheter de la Percutalgine puisqu'elle serait plus efficace que les autres anti-inflammatoires…Là m'attendent quelques surprises.
La pharmacienne m'informe que la Percutalgine est normalement délivrée sur ordonnance, mais qu'elle veut bien m'en vendre un tube quand même…Je lui demande pourquoi ce médicament nécessite une ordonnance. Elle regarde sa composition dans le Vidal : un des composés se termine en "…sone". Est-ce un corticoïde? Oui! Je décide alors de ne pas utiliser de Percutalgine, je préfère quelques jours de repos en plus. J'explique pourquoi à la pharmacienne (problème du dopage – souci de ma santé). Je suis néanmoins étonné de la facilité avec laquelle on accepte de me vendre un médicament aux corticoïdes (même si ce n'est qu'en pommade et pour un traitement local d'appoint) et de l'ignorance préalable de la pharmacienne de la composition d'un produit qu'elle m'aurait vendu sans scrupule si je ne lui avais pas demandé de précisions supplémentaires. Le client est roi…
Je repars, motivé pour le repos, pas pour les corticos.

Acte 4 : Doucement = sûrement…

L'acte 4, c'est les jours à venir. L'enjeu pour moi actuellement est de ne pas craquer, de ne pas prendre mon vélo, ne serait-ce que pour aller chercher le pain! C'est à vélo que j'ai la position qui fait naître la douleur, alors autant ne pas donner le bâton pour se faire battre.
Plutôt me donner le temps d'être à nouveau prêt à me battre.
En tout bien tout honneur, en "tendon" nous bien!

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