Puissance 4 : puissance relative

Article publié dans la rubrique Entraînement, Puissance

Cet article parle de : , ,

Partons d’une anecdote : en décembre 2009 je lis La France Cycliste N° 2262, il est question de l’embauche de Jean-Christophe Péraud dans l’équipe Pro Tour route Oméga Pharma Lotto et du fait que ses dirigeants ont été impressionnés par une puissance de 380W soutenue pendant cinq minutes…Sur le coup je me dis que ce n’est pas si exceptionnel…
Contacté à ce propos, Jean-Christophe me rappelle fort justement que la puissance (comme la consommation d’oxygène) prend tout son sens rapportée au poids du pilote. Or Jean-Chri, en forme, pèse 62kg. Si on rapporte sa puissance à son poids il développe 6,13 watts par kilo de poids de corps.
Je multiplie cette puissance relative par mon poids de corps, pour voir…6,13 watts multipliés par 73,5kg = 450,6 watts…Ça me parle plus !
Depuis que j’utilise le capteur de puissance j’ai pu me rendre compte que je dois pouvoir tenir « quelques » minutes (2, 3, 4 ?) vers 400 watts, sans plus de précision car il n’est pas question de me « défoncer » en ce moment. Mais cela suffit à comprendre que je suis loin de tenir 5 minutes à 450 watts !
D’autant que Jean-Christophe a, je suppose, développé cette puissance sur un ergocycle, donc en position horizontale. Il a développé sa « puissance de rouleur ». Or il est fort possible que, tout en étant un grand rouleur, il soit, en grand vététiste qu’il est, capable de développer une puissance supérieure dans un test en côte. De même est-il probable que dans quelques mois il développe une puissance supérieure parce qu’il atteint un pic de forme.
« Ça + ça » peut nous donner, au mois de juillet, un Jean-Christophe Péraud développant, par exemple, 430 watts pendant 5 minutes. Ce qui donnerait 6,93 watts par kilo de poids de
corps…et 510 watts pour moi si je veux en faire autant !
Bref, les 380 watts de J-C peuvent ne pas paraître très impressionnants sur le papier. Mais remis en perspective à l’aune de critères de poids, de pente et de niveau de forme, ils peuvent faire mal à un paquet de routiers professionnels.
Ce mal-là, c’est tout ce qu’on souhaite à Jean-Christophe ! Sur un parcours « tout en puissance », il a rapporté un titre de champion d’Europe au team Lapierre en 2005… Nous
aurons un oeil amical sur sa « montée en puissance » sur route !

Imprimer cet article Imprimer cet article