La victoire d’UCI-clo-cross…

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Article rédigé initialement le 27 février 2010 

            Dans le dernier O2 Bikers, un entrefilet annonce la taille prévisionnelle du circuit vtt aux JO de Londres 2012 : 2,5km !

Si la course dure 2h elle comptera environ 16 tours…

Adieu les circuits qui comportent une montée et / ou une descente de 3km…plus que la totalité du circuit de Londres 2012.

Dans ce format hyper-court, la variété de terrains rencontrés sera hyper-réduite, les dénivelés seront faibles et répétés. Un format-type se profile, donnant priorité à la force et à l’injection.

 C’était prévu.

 Tout cela est venu doucement mais sûrement. Dès 1993 j’alertais la FFC et les magazines pour dire que si le circuit national, alors en « grande boucle unique », passait aux boucles à répétition, le vtt se rapprocherait du cyclo-cross par réduction des temps de course, arrêt des coureurs doublés (passage d’une logique de distance à une logique de durée), assistance mécanique voire autorisation de vélos de type cyclo-cross…

Aujourd’hui tout cela existe.

En 15 ans les manches de coupe de France ont grosso modo perdu 1h, les coureurs doublés sont arrêtés quand le vainqueur a passé la ligne, l’assistance mécanique incite des coureurs à faire des choix matériels risqués (creusant l’écart entre ceux qui ont les moyens et ceux qui ne les ont pas), les roues de 29 pouces sont autorisées…Ce dernier point peut aboutir à l’autorisation du vélo de cyclo-cross.

 L’UCI-clo-cross.

 Or que faudrait-il pour éviter le vélo de cyclo-cross en vtt ? De véritables parcours tout-terrain ! Mais si le format du xco va au contraire vers le cyclo-cross, ce n’est pas par hasard.

Pourquoi cette évolution alors que la majorité (silencieuse) des vététistes la déplore ?

Le vtt semble être victime d’enjeux qui dépassent largement les préoccupations de la masse des pratiquants. En 2009 on a beaucoup évoqué les pressions de pays forts en cyclo-cross (ex : Belgique) pour amalgamer vtt et cyclo-cross dans les parcours et les calendriers, afin d’offrir indirectement le Graal olympique au cyclo-cross.

Peut-être faut-il chercher la cause profonde de ces pressions dans la prise en charge du vtt par une fédération à mentalité « route – cyclo-cross », éloignée des aspirations ludiques – techniques – improvisatrices des amateurs de tout-terrain.

Ainsi en 2012 l’épreuve phare du vtt mondial aura peu de rapport avec la pratique de la masse. Ce n’est d’ailleurs pas propre au vtt. En athlétisme par exemple, l’épreuve reine des JO est le 100m alors que les effectifs fédéraux de ce sport sont « tenus » par les épreuves de masse (marathons, courses sur route, 100km…).

Le vtt olympique, sous pression fédérale, devient « d’UCI-clo-cross »…estival.

 L’Histoire se répète.

 En cela il répète un processus maintes fois à l’œuvre dans l’histoire des nouveaux sports : création aventureuse – désintéressement initial des fédérations – intérêt croissant à mesure que la masse de pratiquants grandit et structure un circuit compétitif – récupération fédérale – transformation de la pratique en fonction des mentalités dominantes de la fédération qui l’a récupéré – déconnexion entre la pratique de haut niveau (spectaculaire, brève, en force) et la pratique de la base (discrète, longue, entre sport et contemplation)…Mais les pratiquants lambda continuent de financer, par leur adhésion fédérale, un sport peu en rapport avec leur pratique.

 Cela n’empêchera pas la Terre de tourner…

 On ne va pas non plus pleurer pour si peu, il y a plus grave sur Terre. Alors terminons avec une petite poésie humoristique :

 Ô VTT

Dans ce trafic d’influence

Vers le cyclo-cross tu balances

Demain peut-être

Tu n’auras plus en tête

Que ce qui à Sven convient

Mais au fait

Qu’en pense Julien ?

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