Les enfants chargés de mission…

Article publié dans la rubrique Jeunes, éducateurs

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Dans le dernier numéro de Sport & Vie (N° 119 mars-avril 2010), un petit article page 19 nous conte les déboires de Tiger Woods et André Agassi, décrits comme n’aimant pas vraiment leur sport mais qui ont réussi avant tout parce que leur père les a programmés pour cela dès leur naissance.

Le père d’André Agassi lui disait dès l’âge de 7 ans que s’il frappait 2500 balles par jour ça faisait 17500 par semaine, près d’un million par an et qu’à ce rythme-là il deviendrait imbattable.

Le psychiatre Boris Cyrulnik a une jolie formule pour décrire ces champions préprogrammés : il parle d’enfants chargés de mission. L’exemple vaut aussi pour les sœurs Williams, elles aussi conçues dès le début par leur père pour devenir des championnes.

Il est d’ailleurs intéressant d’observer que les « champions programmés » semblent l’être en général par leur père plutôt que par leur mère…Faut-il y voir à l’œuvre, une fois de plus, la relation entre testostérone et agressivité ?


Heureux malheur…


L’article présente plus ou moins Woods et Agassi comme des êtres finalement malheureux. On peut nuancer. Même s’ils ont le sentiment de n’avoir pas fait exactement ce qu’ils voulaient quand ils le voulaient, pour eux on peut penser que l’histoire se déroule de manière relativement gratifiante quand même ! Ils sont connus et reconnus, on une vie familiale, beaucoup d’argent…

Néanmoins même à ce niveau de réussite certains enfants chargés de mission semblent finir mal. Mickael Jackson par exemple. Sa réussite dans le monde de la musique fut extraordinaire voire unique, mais ses difficultés à vivre semblaient exactement proportionnelles à sa célébrité.


Le vrai malheur.


Mais il y a pire à mon avis, ce sont tous ces enfants qui échouent dans leur mission. Pour quelques stars du sport, du show-biz ou du monde entrepreneurial, combien n’ont pas atteint les objectifs (les rêves) de parents qui dès le début ont oublié qu’un enfant avait le droit de faire sa propre vie, avec ses préférences personnelles ?

Ces enfants chargés de mission-là on en parle peu, en tout cas beaucoup moins que ceux qui ont réussi. Or ils sont certainement beaucoup plus nombreux et beaucoup plus malheureux que les stars sportives « pas vraiment heureuses » de leur sort mais quand même pas à plaindre en règle générale.


En tant que parent il faut avoir la sagesse de laisser son enfant vivre ce qu’il a envie de vivre…tout en le préparant à affronter les difficultés de la vie qui ne manqueront pas de se présenter à lui. J’en parle dans VTT Rouler plus vite pages 355 à 369.



Un exercice de funambule…Si on le réussit on est sûr que notre enfant sera équilibré !

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