Boris Cyrulnik : résilience et espoir

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Résilience et espoir…

(commentaire de deux livres de Boris Cyrulnik :

Autobiographie d’un épouvantail, Odile Jacob 2008

Le murmure des fantômes, Odile Jacob 2003)


            Boris Cyrulnik est neuropsychiatre, directeur d’enseignement à l’université de Toulon, auteur de grands succès, notamment Un merveilleux malheur, Les vilains petits canards, Parler d’amour au bord du gouffre, De chair et de sang, Autobiographie d’un épouvantail

J’ai récemment lu Autobiographie d’un épouvantail et Le murmure des fantômes. On peut commenter ces deux ouvrages dans un même article, tant leurs problématiques sont proches. À chaque fois il est question de résilience et d’espoir.

La résilience c’est, grosso modo, la capacité à reprendre le cours normal de son développement malgré des traumatismes importants. C’est en quelque sorte savoir réparer ses blessures et faire de ses fragilités une force de vie.

Cela signifie que même dans le plus grand malheur, certains savent trouver des motifs ou des raisons de vivre et d’espérer. Il semble que pour cela il faille des aptitudes personnelles, mais il apparaît également que des personnes de l’entourage peuvent avoir un rôle déterminant et que parfois peu de choses suffisent pour qu’un enfant traumatisé (battu, violé…) reprenne ou conserve espoir dans l’existence. L’auteur cite par exemple les mots de professeurs qui peuvent toucher profondément certains enfants…

Je pense que le sport, comme d’autres activités de la vie, peut jouer ce rôle positif dans la vie d’une personne ayant besoin de retrouver des raisons d’espérer pour vivre. La pratique d’une activité sportive peut permettre de tisser des liens qui font parfois défaut à des personnes isolées dans leur milieu familial (familles éclatées, trop prises par le travail pour se soucier réellement de leurs enfants…).

La pratique sportive permet aussi de s’éprouver, au sens profond du terme « se mettre à l’épreuve ». La mise à l’épreuve et ses difficultés est apte à renforcer celui qui s’en sort bien. Page 188 du murmure des fantômes, Boris Cyrulnik dit que les jeunes privés d’épreuves et de victoires au cours de leur développement ont tendance à moins bien se développer que les autres. Attention : l’épreuve doit bien se terminer pour favoriser le développement de l’enfant, on retrouve un peu ici les notions de décalage optimal, de difficulté surmontable ou de problème résoluble, souvent présentes en pédagogie. L’auteur ajoute ‘’Tout affrontement constitue l’équivalent d’une initiation pour les adolescents bien développés’’. À l’inverse, les enfants gâtés, surprotégés, manquent d’épreuve et accèdent moins facilement à l’autonomie.


L’auteur, dans Le murmure des fantômes, évoque aussi trois sens du mot norme :

- La norme statistique, que l’on peut rapprocher de la moyenne.

- La norme normative, culturelle, celle qui renvoie à notre idée de ce qui est normal.

- La norme axiologique, qui renvoie à la meilleure performance, par exemple d’un matériel (ex : norme ISO 9001…).

Déjà qu’il n’est pas toujours heureux de tout ramener à des normes si l’on veut permettre à chacun de s’épanouir, on apprend en plus que le concept de norme est lui-même complexe !


La vie est complexe, mais certains livres donnent envie de la vivre quoi qu’il advienne !

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