Championnat de Champagne : la remontée infernale.

Article publié dans la rubrique Course

Cet article parle de : ,

Cet article aurait pu prendre place dans la rubrique Bêtisier tellement le départ de ce championnat de Champagne élite fut pittoresque...ou lamentable, assurément peu commun!




On démarre sur 100m de route en montée, on tourne à gauche, je suis 2ème dans la roue de fabien Bourly, on arrive sur un grand bout de rubalise qui coupe le chemin, Fabien prend à gauche, je le suis et quelques autres, puis ça crie...C'est pas là! On fait demi tour en regardant la meute passer devant...Afin de revenir vers le bon chemin je pose le pied sur un muret, il s'écroule, je prends une grosse pierre sur le tibia gauche! Ca fait beaucoup après 300m de course...




Je repars bon dernier et décroché! Il aurait été facile d'arrêter tout le monde et de redonner un départ mais la course continue. Pendant le premier tour je suis englué dans le trafic, je pense abandonner, bref je suis "dég".




Au second tour j'embraye un peu plus, les coureurs sont déjà très parsemés, j'ai eu le temps d'observer que beaucoup de coureurs roulent vite pendant un tour mais qu'après ça s'écroule, et fort!




A la fin du second tour (il y en a six) on m'annonce que je suis revenu 5ème scratch! J'ai du mal à y croire mais c'est vrai. On me précise que la tête est à moins de deux minutes et que je me rapproche beaucoup de Ludo Leflem et de Thomas Collinet. Sébastien Lefèvre, lui, a cassé un galet de dérailleur, pour lui la course s'arrête là. Quant à Fabien "starter" Bourly, je l'ai doublé depuis un moment, il m'a paru encore deux fois plus écoeuré que moi! Il y a aussi Eddy lamoureux, un client en masters...Je ne me suis pas rendu compte que je le doublais, en début de course (lui si!).


 




Photo empruntée à http://jamesvtt51.skyrock.com/, merci James !




Bref l'horizon se dégage pas mal et mon moral, un peu dans les chaussettes depuis le 300ème mètre de la course, remonte en flèche. Moi aussi je remonte en flèche au prix d'un 3ème et d'un 4ème tour vraiment à bloc! Ludo Leflem est avalé peu de temps avant Thomas Collinet, ils semblent tous deux essuyer une défaillance. Le circuit ne paraît pas très difficile (125m de dénivelé au tour) mais il faut très souvent mettre du braquet...et le tenir longtemps. Les spectateurs m'encouragent beaucoup car, comme à Sermiers le 1er mai, je fais le spectacle après un coup de malchance. Je m'étonne presque. Je ne dois pas être mauvais dans la difficulté...




Le 5ème tour est un peu plus dur. J'ai tellement donné dans les deux précédents qu'il faut que je baisse d'un petit ton. Du coup je ne prends plus rien à Thomas Colinet, qui passe à peine 30'' derrière moi à l'entame du dernier tour. Attention, ça peut lui donner des idées. Alors je visse encore un grand coup dans le dernier tour pour terminer bon 3ème scratch derrière Ludo Dubau et Adrien Pascal.




Je n'en reviens pas trop. Je suis champion de Champagne masters (30 ans et +) à 47 ans...Je ne reçois pas de maillot car en Champagne les masters (1, 2 ou 3) n'y ont pas droit. Plusieurs coureurs et spectateurs me demandent pourquoi. Que puis-je leur répondre? J'ai entendu des arguments fédéraux comme "Les masters vous courez pour le plaisir"...Aussi pour le plaisir de revêtir un maillot de champion de Champagne! Passe encore pour moi, j'ai 4 maillots de champion du monde et 6 de champion de France, mais pour ceux dont le championnat de Champagne est un véritable objectif, ça doit faire mal de subir ce genre de "brimade sportive". Et puis, si les masters courent pour le plaisir, pour quoi courent les autres? Les autres catégories, dans leur grande majorité, courent aussi pour le plaisir, ce n'est pas un maillot de champion de Champagne qui va leur donner à manger!




Moi, je cours surtout pour atteindre une sorte d'épanouissement corporel. En ce jeudi de l'Ascension (de la remontée, pour moi!), j'ai eu de très bonnes sensations (de vitesse, de force physique, de force mentale) et cela contribue déjà beaucoup à mon bonheur sportif. Je suis aussi satisfait de la manière dont les catégories ont été gérées et dont la remise des prix a été effectuée. Le scratch a eu toute sa place et cela donne du sens au classement. Je repars d'Avize avec le sentiment que mon "coup de gueule de Sermiers" (un peu excessif dans un premier temps j'en conviens) n'a pas été vain.




Une bonne journée!


 




Pauline Ferrand Prévot est championne du monde de Champagne!




Imprimer cet article Imprimer cet article