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Crapauds solo 2 : une fatigue proche de la maladie…

27 mai 2010 @ 10 h 02 min In Course

Les jours qui ont suivi mes 24h des Crapauds en solo ont été synonymes d'une fatigue comme je n'en n'avais jamais connue auparavant, proche de la maladie...Voyons cela.

L'alimentation:

Avant la course, j'ai mangé un peu plus et j'ai très peu roulé (2h15 dans la semaine) pour prendre un peu de poids synonyme de réserves énergétiques.

Pendant la course j'ai bu énergétique au début (boisson Windose semi-dosée pour éviter l'écoeurement et parce qu'il faisait chaud : elle fut très bien supportée) et "énergisant" à la fin (Ice-Tea et Coca coupés avec de l'eau). Le Coca me semblait particulièrement bon surtout au début quand il restait quelques bulles. Dans les moments difficiles un rien peut vous changer la vie...J'ai bu un peu de Coca pur en plus de celui des bidons.

Après la course j'ai eu une grosse envie de panaché! Je n'en bois jamais d'habitude. J'en ai bu deux et une canette de Coca, qui m'ont permis de retrouver suffisamment de forces pour me remettre debout et prendre ma douche une heure après l'arrivée! Je ne pouvais plus rien manger de solide depuis les 15-18h de course. En début de course je mangeais des morceaux de Nougatti, chausson aux pommes, gâteau de riz, oeuf dur...Le dernier morceau de chausson aux pommes que j'ai mangé a mis 3km avant de réussir à glisser dans ma gorge (je n'avais plus de salive).

Le soir de la course on s'est arrêtés au resto, je pensais que j'allais me jeter sur tout ce qui se mange, j'ai commandé des crudités et une choucroute...que je n'ai pas terminée, plutôt écoeuré. J'ai commencé à prendre conscience de mon état d'épuisement extrême.

Le lundi matin j'ai eu envie de deux fruits au lieu d'un habituellement, en revanche je n'ai pas touché aux oléagineux (pas envie) et j'ai peu mangé. Idem à midi et le soir où j'ai peu mangé, bizarrement. J'étais dans une sorte d'état nauséeux proche de la gastro-entérite et qui a persisté jusque mercredi en cours de journée. Un état assez opposé à celui qui suit une course classique après laquelle on a plutôt bien faim.

Moi qui mange toujours de bonnes quantités de chocolat, je n'y ai plus touché pendant quatre jours (pas envie), en revanche j'ai mangé pas mal de yaourts que je sucrais avec du miel. J'avais plus envie de choses "fraîches et hydratées" que d'aliments "secs".

En fait l'après-course a ressemblé à une maladie de quelques jours, avec modification des envies, des odeurs perçues, du goût dans la bouche, des goûts alimentaires...Un peu comme une gastro. D'ailleurs j'avais toujours l'impression d'un léger mal de ventre. "Brassé"... 

Le sommeil:

J'ai essayé de dormir plus la semaine précédant les Crapauds, mais quand, à la base, on n'est pas fatigué, c'est difficile. Néanmoins je suis souvent resté assis jambes allongées ou à m'occuper avec des tâches peu fatigantes. Juste avant la course je suis resté allongé sous ma tente ou à l'arrière du coffre de ma voiture, me disant que la moindre calorie épargnée ne serait pas de trop...Je ne me trompais pas.

A l'origine je voulais enchaîner les 24h non-stop mais à 2h du matin je me suis rendu compte que ce serait trop difficile, mes forces déclinaient, je roulais lentement et quand on roule lentement c'est plus dur dans les sections techniques car on n'a plus la vitesse qui permet de "survoler" certains obstacles. A 3h du matin je me suis donc arrêté pour dormir un peu. A ce moment-là j'ai dû changer un pneu, j'ai trouvé ça difficile! Je n'arrivais plus à serrer mes mains, j'ai galéré pour le clipser sur le fond de jante alors qu'habituellement c'est un jeu d'enfant. Le moindre effort imprévu commençait à me coûter énormément...Je rêvais d'un coup de main mais à cette heure-là tout le monde dormait.

Vers 3h30 je me suis frictionné à l'eau de Cologne (bras et jambes) sans retirer le cuissard car je l'avais trouvé si confortable que je ne voulais pas le bouger! Une couture mal placée peut ruiner un 24h solo...Quand j'ai voulu me mettre "au lit" sous la tente ce fut une vraie cata! Des crampes sous les pieds ("crampe du nageur"), dans les cuisses...comme si le fait d'être allongé perturbait mon organisme, habitué au monde "pédalage sur Zesty" depuis 12h. Régulièrement je commençais à dormir et je me réveillais soit à cause d'un cri d'encouragement venu du dehors, soit à cause de la douleur d'une crampe.

Malgré tout j'ai dû dormir un peu car je suis reparti nettement plus vite qu'avant l'arrêt (2 tours en 59' alors qu'avant l'arrêt j'avais fait un tour en 1h18' !).

Jusqu'à la fin de la course je n'ai plus eu sommeil. J'ai juste eu le moral dans les chaussettes dans l'avant-dernier tour (vers 13h30), j'ai commencé à pleurer sur le vélo...

A l'arrivée la fatigue est retombée sur moi d'un coup, épaisse! Incapable de bouger et de me remettre debout pendant près d'une heure, mais incapable de dormir non plus.

En revanche, il m'est arrivé quelque chose d'assez exceptionnel en rentrant chez moi. Après 60km de voiture avec Lolo et Jules on décide de s'arrêter dans un resto afin de se faciliter la vie (c'est mérité, non?). La serveuse apporte les cartes, elle revient 5 minutes pour demander si on a choisi...et me réveille! J'étais endormi, la tête dans la paume de ma main droite, le coude sur la table. J'ai balbutié quelques mots d'excuse du genre "Désolé je suis très fatigué"...

J'ai dormi un peu pendant les 20 derniers kilomètres du retour en voiture...puis j'ai mal dormi au lit! Le lundi (férié) j'ai finalement réussi à vaquer à des occupations toute la journée, ce qui m'a permis de tout ranger et d'aller bricoler une cabane avec Jules. Le lundi soir j'ai à nouveau mal dormi et guère mieux le mardi soir! Autant dire que pendant les journées de travail je n'étais pas brillant. Mais je tenais. Le mercredi j'ai pu m'allonger vers 13h et j'ai dormi plus d'une heure. Puis j'ai emmené Jules à la piscine pendant deux heures, je me suis trempé 5 minutes, j'avais plutôt froid...Le soir je me suis allongé devant le foot (France - Costa-Rica) et j'ai dormi en gros toute la seconde mi-temps, puis j'ai encore bien dormi de 23h à 7h45 où le réveil m'a sorti du lit. Je commençais enfin à retrouver un rythme de sommeil normal!

Les envies:

Une blague dit que la spécialité de Béziers c'est les envies, les envies de Béziers...Pendant au moins quatre jours après les 24h solo je n'ai plus eu aucune envie en gros. Pas envie de faire quoi que ce soit, pas spécialement envie de manger, pas d'envie sexuelle non plus, pas le moindre "durcissement" en quatre jours, même pas le matin au saut du lit...Ca peut faire marrer...ou pas! Je conseille à tous les surexcités sexuels de faire un 24h solo vtt, ça calme! La cause de cet "effondrement libidinal"? J'imagine plusieurs raisons : fatigue générale, compression prolongée de l'entrejambe, baisse du taux de testostérone...? En tout cas c'est du sérieux et à mon avis cela justifie amplement une période de repos prolongée. L'envie de faire des choses me paraît être un signe de bonne santé générale. Là, elle était très atteinte...

En un sens et pendant plusieurs jours après cette exceptionnelle épreuve je me suis senti vieux! Comme si la vie (au sens bouillonnant, dynamique) m'avait quitté provisoirement. Ca a quelque chose de terrible, on se prend à se dire "Pourvu que ça revienne"...Raison de plus pour respecter un long temps de repos.

Dans VTT Rouler plus vite je préconise un jour sans vélo pour 2h de compétition vtt à bloc (exemple : 3 jours sans vélo après une Transvésubienne courue en 6h). Si je suis cette règle je dois rester environ 10 jours sans faire de vélo après les Crapauds (où j'ai roulé 20 à 21h effectives). Force est de constater que le jeudi 27 mai, quatre jours après l'épreuve, je n'avais toujours pas la moindre envie de remonter dessus...Finalement ça ne sera peut-être pas si difficile que cela de tenir 10 jours sans vélo?

Le poids:

Mon poids de forme oscille entre 73 et 74kg en fonction du profil de course (73kg pour un fort dénivelé, 74kg pour une course plate...). Avant les Crapauds j'ai tenté de prendre un peu de poids. Le samedi matin je pesais 74kg.

Le matin suivant une course vtt xco en général j'ai repris mon poids. Le lundi matin suivant les Crapauds je me pèse : 70,4kg! Je bouge peu, j'essaie de manger, je me pèse le mardi matin : toujours 70,4kg! Ca commence à remonter le mercredi matin (71,6kg), je m'approche de mon poids normal jeudi et vendredi, mais sans le reprendre totalement, et malgré un repas supplémentaire chaque soir vers 22h où je suis attiré par les produits laitiers. Ce n'est que le samedi 29 mai que je suis revenu à 73,7kg. C'est impressionnant et ça doit m'inciter à être patient avant de reprendre des efforts physiques soutenus. Tout se passe comme si j'étais malade.

Plaies, crampes et courbatures:

Il n'y en a pas eu tant que cela! J'ai bien pris une grosse pierre dans le tibia gauche en pleine nuit, peut-être eût-t-il mieux valu qu'elle tapât dans mon tibia plutôt que dans le cadre...J'ai poussé un grand cri et puis quoi faire...J'ai continué de rouler. Au lever du jour j'ai vu un gros "oeuf" sur le tibia mais je suis comme les oeufs : dur! Bref pas de quoi en faire un (oeuf au) plat.

J'ai finalement très peu souffert de l'entrejambe, du moins physiquement. Pour ce qui est du subjectif, voir le chapitre Les envies...Autant j'étais coupé après les 4h de Curel en solo le 11 avril dernier, autant cette fois ce fut presque confortable! Le seul moment vraiment pénible eut lieu quand je dus repartir à 5h du matin. A ce moment-là tout me faisait mal : crampes dans les pieds et les cuisses (j'en ai eu régulièrement à partir de la mi-course, que je gérais en restant longtemps en danseuse), douleurs dans les paumes des mains (un vrai problème, quatre jours après la course j'ai encore des fourmis dans la paume gauche et du mal à serrer un stylo...).

J'ai aussi subi une blessure inédite : devant chaque cuisse j'ai trois ou quatre petites plaies dues aux coutures de mon cuissard qui ont fini par rentrer dans la peau! Pendant la course je n'ai rien senti (je trouvais mon cuissard confortable) et pourtant...

J'ai eu en revanche assez peu de courbatures. J'en ai eu un peu dans les cuisses le mardi et le mercredi suivant l'épreuve, mais rien à voir avec une première séance de musculation par exemple. Il est probable que l'intensité de l'épreuve soit insuffisante pour donner lieu à des courbatures prononcées. On peut aussi imaginer que ma condition physique générale (voire l'état général de mon organisme) soit suffisamment bonne pour minimiser ce type de désagrément.

En revanche pendant plusieurs jours j'ai eu le sentiment d'être incapable de contracter fortement un muscle, comme si mon organisme refusait toute activité intense.

Prudence!

Bref, j'ai subi une fatigue très différente de celle que l'on peut ressentir après une course de format "2h", qui demande d'être très prudent et respectueux du rythme de récupération (je dirais presque de rétablissement voire de guérison) de l'organisme...


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