Crapauds solo 4 : anecdotes-courbe Polar-remerciements

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Obligé d'être positif.

Une douzaine de jours avant l'épreuve un incident mineur montre combien la réussite peut tenir à peu de choses. Lolo, ma femme, doit m'accompagner aux Crapauds, avec notre petit Jules (qui est tout heureux de cette aventure avec la tente...). Or elle envisage souvent les choses avec pessimisme et a tendance à se sous-estimer. Quand elle gagne un match de handball elle dit qu'elle n'est pas passée loin de la défaite, quand elle le perd ça lui paraît normal ; avant un match elle énumère plutôt ce qui ne va pas marcher (mais dans l'action elle ne lâche rien)...Donc ce jour-là, quand je lui parle de certaines choses à faire pendant la nuit elle me répond tout net "Je te préviens si je suis crevée j'irais dormir!". Je commence à lui dire tranquillement qu'il faut envisager les choses positivement, mais "ma chérie surenchérit" en me "prévenant" encore plus fort...J'ai beau lui demander de voir les choses autrement rien n'y fait...Soudain je change de ton et lui dis sèchement qu'à 10 jours d'une telle épreuve il n'est plus question d'insinuer que ça pourrait mal se passer et que je ne veux plus entendre parler des Crapauds avec du doute dans la voix! Hé bien figurez-vous, Lolo s'est calmée! On a parlé tranquillement des ravitaillements et d'autres choses à gérer ensemble. Je crois qu'à ce moment-là elle a compris qu'il ne faut pas faire paraître une épreuve encore plus difficile qu'elle n'est...surtout quand elle est très difficile et que l'attitude de l'entourage peut importer énormément.

Se reposer.

J'ai couru (et terminé) quatre fois la Transvésubienne. Je pense que le plus souvent je ne me suis pas assez reposé la semaine précédant cette course, d'autant qu'elle nécessite 9 à 10 heures de voiture pour s'y rendre. Je compte bien corriger cette erreur pour les Crapauds. Ainsi le lundi 17 mai, après le travail, je prépare le matériel vélo puis je vaque à quelques occupations non-physiques. Le mardi 18 mai je travaille des dossiers de demande de subvention avant d'aller travailler, et le soir je  fais 45 minutes de vtt...avec Jules, tout heureux de rouler avec papa et moins heureux de crever avec une épine! Il commence à descendre (et à monter!) des trucs raides le petit...Anecdote : il veut faire une jolie descente qui suppose une ascension de 130m de dénivelé sur route raide, veut qu'on le monte en voiture (pas question!), fait sa petite crise puis monte en vélo, fait la descente...et veut remonter la côte pour la refaire! Ne pas céder c'est bon pour les enfants!

Incroyable Zesty.

Pour cette épreuve exceptionnelle que je ne connaissais pas (et c'est ce qui m'attirait!), j'ai décidé de rouler sur Zesty, afin d'allier rendement et confort. J'ai juste monté mes roues XTR du X-Control, que j'ai donc équipées de disques de 180mm...Mes premiers remerciements vont au Lapierre Zesty! Au fil des 24h il est devenu une sorte de compagnon de souffrance, docile, rapide, efficace, confortable. J'ai connu deux bris de rayons, étonnants d'ailleurs car ça ne m'arrive jamais d'habitude. Sinon rien. Le groupe XT est d'une fiabilité absolue. L'année dernière j'avais déjà été bluffé par le fait de faire toute une Transvésubienne sans déplorer le moindre problème mécanique, pas même un saut de chaîne (en Zesty - XTR). Je sais pourquoi j'aime autant rouler "Shimano"...

Lolo et la bande à Chauffert.

Aux 24h des Crapauds je roulais en solitaire comme ils disent là-bas. Je me décrirais plutôt comme un soliste, qui joue et rejoue sa partition en essayant d'éviter les fausses notes...et les douleurs dans les mains!

Mais je n'étais pas si seul que cela! Souvent j'ai parlé à des concurrents (plutôt des compagnons, souvent accompagnants, pendant quelques minutes). Parfois ça me faisait un bien fou de parler de ci ou de ça, ça me décentrait de la difficulté de l'effort. J'avais pensé briefer Lolo, ma femme, afin que pendant l'épreuve elle ne me parle pas de sa difficulté (il vaut mieux penser à autre chose). J'ai finalement procédé un peu différemment, lui demandant, par exemple, de prendre des photos d'ambiance. Ainsi se décentrait-elle de la course en elle-même...tout en étant là pour moi quand il le fallait.

Et puis il y avait "la bande à Chauffert", réunie sous le nom Les canards du 52 (équipe N° 274). Parmi eux le prometteur (et champion de Champagne junior) Romain Chauffert mais aussi son père Laurent, sa mère, des amis et de la famille, venus pour profiter pleinement de l'événement en roulant tout en s'occupant du barbecue! En un sens ils ont été moins cons que moi, le cul vissé un jour entier sur mon vélo! Je rigole...En tout cas ils m'ont bien aidé, notamment en plantant ma tente la veille de la course juste à côté de leur emplacement, tout près d'un passage du circuit, et en me donnant un coup de main lorsque j'ai dû changer un disque vers 22h. Merci la bande à Chauffert!

La passerelle.

A la fin de chaque rotation nous devions franchir une haute passerelle (environ 20 marches métalliques à monter et autant à descendre) avant de bipper notre puce électronique de comptage des tours. Au premier tour j'aborde ladite passerelle tel le crosseur encore frais, je la monte en courant, au sommet je saute sur mon vélo et bam bam bam...bam bam bam...bam bam bam, je dévale le toboggan métallique en vtt. En bas je me fais "tuer"! "C'est interdit en vélo, à pied obligé!". Les concurrents qui attendent dans la zone de relais me conspuent en rigolant : "Au purgatoire!" (première étape avant l'enfer...). Je dis "Désolé!", je saute sur mon vtt, repars...On me rappelle à nouveau : "Il faut aller à pied jusqu'à la fin de la zone de relais!". Je redescends du vtt et je dis "OK ça y est j'ai tout compris!". Les tours suivants j'opère comme il faut...tout en regrettant la descente de la passerelle en vélo tellement ça devenait pénible de la descendre à pied au fur et à mesure de l'accumulation de la fatigue!

Presque la panique.

Le samedi vers 22h (après 7h de course), j'ai connu un bris de rayons assez inexplicable puisque sans choc particulier à l'origine. Je m'en suis rendu compte alors que je repartais après avoir fait bipper ma puce électronique. Lolo venait de me donner un ravitaillement à cet endroit, relativement éloigné de notre tente. Quand j'ai vu ça j'ai voulu filer vers ma tente et ma voiture...mais où étaient-elles??? J'étais perdu dans l'immense site des Crapauds. J'ai alors demandé à diverses personnes où était le chapiteau des inscriptions (ma tente était tout près), vers la 10ème demande on m'a renseigné. J'ai filé droit vers elle et me suis retrouvé dans une impasse bordée de hautes barrières métalliques et réservée aux pompiers et à la Croix-Rouge! Un bénévole m'a demandé ce que je faisais là...Rapide explication : il m'ouvre gentiment la barrière! Je retrouve la tente et la voiture...mais la voiture est fermée et Lolo n'est pas revenue! Je n'ai pas pensé à dire à Lolo de cacher la clé près de la voiture quand elle se déplaçait. La bande à Chauffert est là mais  ne peut rien faire. Lolo revient au bout de 5 minutes environ. Dans la précipitation je décide de changer de vélo. Les copains coupent la plaque du Zesty, la remontent sur le X-Control...puis je me ravise : c'est plus sûr de rester sur Zesty! On rechange la plaque, je monte le disque sur ma seconde roue, je retrouve le lieu où j'avais stoppé ma course et la reprends. Sur la courbe de dénivelé Polar on voit cet arrêt de 15-20 minutes juste avant 7h de course.

La poussière.

La poussière fut omniprésente lors de ces 24h des Crapauds, qui se sont déroulés sur un terrain hyper sec, dur et cassant. Mais elle a pris une dimension assez surréaliste pendant la nuit. En effet, quand je suis reparti  vers 22h, frontale au casque, je n'imaginais pas voir virevolter autant de "neige" devant mes yeux! J'ai soudain pris conscience de la quantité de poussière en suspension dans l'air, notamment quand je suivais un autre coureur. A un moment donné je me suis même mis à éternuer, comme si je faisais une allergie à  toute cette poussière dansant devant moi à la lumière de ma frontale. Pas étonnant que plus tard, Lolo m'ait demandé si je voulais me laver la figure pour mieux respirer. Sur mon vtt et exposé à la poussière depuis des heures et des heures, je commençais à ressembler à un mineur de fond.

Mais toute cette saleté, au fond, est mineure. Les Crapauds, en revanche, c'est majeur!

Cra...Polar.


On voit le premier arrêt vers 7h de course et le gros arrêt avec petit dodo vers 12h de course (3h du matin).

Je crois que je vais conserver cette courbe. Ca fait l'équivalent de 10 randos vtt de taille moyenne...d'un coup.

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