Nature, homme…La langue de bois.

Article publié dans la rubrique Ecologie

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Article rédigé initialement le 06 avril 2010

Ce serait si simple…


            Le vendredi 2 avril je vais (tt…) rouler et débroussailler sur mon Zesty. Tel la tourterelle je « roule coule »…Comme souvent quand je roule dans la nature sans forcer, je pense. Est-ce le calme, l’oxygène…?

Des arbres morts me rappellent un reportage vu la veille au soir au JT de France 2. Sous l’angle du « vrai- faux », il évaluait des idées reçues à propos du caractère polluant ou non de certaines pratiques. à un moment donné il fut question de l’utilisation du papier. Polluante ? La réponse était « vrai et faux à la fois ». Vrai parce que pour faire du papier on abat des arbres qui piègent le carbone, faux parce que la plupart du papier utilisé provient de forêts européennes gérées durablement, qu’une partie est produite à base de bois mort, et que la plupart des journaux sont produits à base de papier recyclé.


Pas si simple.


Je pose à mon tour la question : ce reportage sur le papier dit-il vrai ou faux ?...Il dit FAUX pour la plus grande partie de ses affirmations ! Voyons cela :


* Le papier provient de forêts européennes gérées durablement…Pour abattre, ébrancher puis débiter les arbres dans les forêts « gérées durablement » on utilise de grosses machines qui consomment beaucoup de carburant fossile (pétrole). Pour transporter les troncs d’arbres on utilise des camions ou des bateaux (plus rarement des cours d’eau comme au Canada) qui consomment beaucoup de carburant fossile (pétrole). Pour transformer le bois en pâte à papier on utilise des machines électriques (l’électricité provient soit des centrales nucléaires – uranium – soit des centrales thermiques à charbon ou à pétrole) ou à carburant fossile (pétrole).

Pour produire du papier, même issu de forêts gérées durablement, la facture énergétique est lourde.


* La plupart des journaux sont à base de papier recyclé…Pour recycler du papier il faut beaucoup d’énergie. Il faut séparer les encres du papier, le laver (s’il est trop sale – papier gras – il ne peut même plus être recyclé), le transformer à nouveau en pâte à papier…C’est beaucoup d’énergie, beaucoup de carburant fossile ou d’électricité, bref beaucoup de pétrole ou d’uranium à extraire et à utiliser…Laisser entendre que le recyclé est non polluant c’est faire preuve d’ignorance écologique. Le recyclé est, en général, un peu moins polluant que le non-recyclé. Et on ne recycle pas indéfiniment, loin de là. Après il faut jeter.


* Une partie du papier est produite à base de bois mort : c’est peut-être cette affirmation qui m’a fait le plus « mal ». Le reporter parlait du bois mort comme s’il était inutile. Pourtant les végétaux qui pourrissent refont de la terre. Voilà le recyclage non-polluant !

De nombreux discours laissent entendre que les forêts gérées par l’homme se portent mieux. FAUX ! Les plus belles forêts du monde, (Amazonie, Afrique…) sont vierges d’intervention humaine. Ces merveilles de la nature s’autoproduisent ! La terre se régénère grâce à la chute des feuilles, des branches…On trouve de très belles illustrations de ce processus dans le bel ouvrage Nature primordiale de Bernard Boisson (éditions Apogée, 2008, en papier, je sais…), ou plus simplement en allant souvent dans la nature et en observant ce qui s’y passe. Au contraire, quand le bois mort est prélevé, c’est moins de terre qui se reforme.

Aujourd’hui nous nous inquiétons de l’épuisement des réserves de pétrole, de métaux, d’uranium…mais pas encore de l’épuisement de la TERRE (le problème commence à être pris en considération en ce qui concerne les cultures intensives). À force de prélever des arbres à vitesse grand V il ne restera plus grand-chose du sol qui leur permet de pousser.


Au centre : la Nature ou l’Homme ?


On commence à prendre conscience de la finitude des réserves naturelles, mais des reportages comme celui que j’ai vu le jeudi 1er avril sur France 2 montrent que cette prise de conscience est encore embryonnaire.

Les journalistes sont-ils trop souvent derrière leurs ordinateurs et pas assez dehors ?

L’homme sera-t-il capable, un jour, de ne pas se considérer comme le centre du monde ?

Saura-t-il parler de son milieu de vie (Nature au centre) plutôt que de l’environnement (Homme au centre) ?


Ces quelques questions me furent inspirées par la vision des arbres morts…à Terre.

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