Pernes – Thonnancaise, entre compète et rando

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Rouler trop d'heures et trop lentement pour flécher des parcours de randonnée ça donne des jambes qui font mal...Mais on peut limiter les dégâts avec de l'expérience.

Coup d'accélérateur.

Le dimanche 2 mai au matin, plutôt que de m'endormir sur le divan (2h de course vtt + 3h de fléchage vtt la veille, ça calme...), j'emmène mon petit Jules au muguet. Au retour, il prend le vent de face sur son vtt. Il joint alors ses mains sur le cintre, "se baisse pour avoir l'air d'un coureur", accélère assis...et montre sa main gauche en arrivant à Thonnance en disant "Cancellara pénètre sur le vélodrome!". Je lui demande ce qu'il montre dans sa main gauche : "Ben, le petit ange de Cancellara!". Pauvre petit il est marqué...Il enfonce le clou (le biclou?) en me disant "Tu as vu papa j'ai accéléré en restant assis, je suis parti en facteur"...Il reprend à la file des commentaires de Thierry Adam lors du dernier Paris-Roubaix!

Coup de froid.

Le mardi 27 avril je sortais pour la première fois en cuissard...Le mardi 04 mai je remets le collant chaud, ça caille! Ca donne un dicton du genre "En mai ne te découvre pas d'un fil"...Qu'à cela ne tienne samedi je cours à Pernes les Fontaines près de Cavaillon (chez Véloroc-Lapierre!), il devrait faire chaud.

Le mercredi 05 mai la sensation de froid est augmentée par le vent et moi je ne suis pas chaud pour forcer, "La fatigue se fait sentir"...Je roule 2h en souplesse sur Zesty, j'en profite pour vérifier  le balisage des randonnées du 09 mai. Le soir je file vite au lit.

Coupe du monde.

Après la première manche de coupe du monde j'ai rédigé un bref article dans la rubrique Entraînement où je m'inquiétais presque du degré d'affûtage de Julien Absalon. Après Houffalize et sa crevaison on peut penser qu'il lui sera plus facile de se désintéresser du classement général de la coupe du monde (même si rien n'est perdu, loin de là) et d'opter pour une coupure en vue des championnats du monde.

Après la coupe du monde j'avais parlé de Julie Bresset et pensais qu'elle remporterait une manche au scratch sous peu...Elle s'en approche, à Houffalize elle est 4ème à moins de deux minutes de la victoire.

Je note aussi avec joie la remontée vers l'avant du team Lapierre : Cécile Ravanel 12ème chez les dames, Alexis Vuillermoz 12ème chez les hommes (et 2ème espoir!) et Cédric Ravanel 25ème chez les hommes, ça (re)pousse! La clavicule de Cédric commence à se faire oublier, ouf!

Coup de fatigue.

Le jeudi, au travail, j'ai les jambes lourdes...Pas bon signe! Ca recommence le vendredi en voiture, je sens que ce sera trop court pour avoir récupéré pour le départ de la coupe de France masters le lendemain à 9h du matin. Pourtant avec Sabrina Enaux et Ludo Leflem on est accueillis royalement par José Barbosa et Estelle qui nous mitonnent les mêmes petits plats que ceux qu'avait mangés Sabrina la veille de sa victoire à Pernes l'année dernière! On rigole...L'après-midi j'ai fait deux tours de circuit, c'est un vrai circuit de vtt avec une multitude de petits pièges possibles en cas d'erreur de trajectoire ou de faute d'inattention. Je discute avec Vivien Legastelois qui me parle d'un team de sa région, le Team Drôme. Le slogan pour donner envie de le rejoindre est tout trouvé : Team Drôme...adhère! Avec ça s'ils ne sont pas bons dans les bosses...

Le samedi 8 mai au matin, malgré une bonne nuit de sommeil je sens dès l'échauffement (où j'effectue un tour complet de circuit pour me remettre les enchaînements en tête) que ça ne sera pas un grand jour. Je souffle et les jambes brûlent...

Je prends malgré tout un très bon départ dans la roue de Romaric Delépine qui, malgré une superbe course de Bertrand "Véloroc-Lapierre", va réaliser le doublé après St-Raphaël. Dès l'attaque de la première grosse montée du circuit je dois "laisser filer". Ca double à droite à gauche et je me dis qu'à ce train-là je vais terminer entre la 15ème et la 20ème place!

Mais il faut croire que j'ai un peu de métier...Au second tour Cédric Chartier me reprend, il me dit qu'on va rentrer sur quelques coureurs. Je lui confie que je n'ai pas les jambes, mais je m'accroche à sa roue. Dans une montée technique il pose le pied là où je passe en vélo, du coup j'effectue le 3ème tour devant lui, on double quelques concurrents ayant crevé ou cassé la chaîne, puis on retrouve Nicolas Durin qui a touché un arbre...Son disque arrière frotte, il roule néanmoins avec Cédric et moi. Puis Cédric chute sans gravité dans une descente raide, cela suffit pour qu'il perde le contact. Avec Nico on se met bien à bloc dans le dernier tour alors que la pluie s'invite, d'ailleurs je pars en travers dans une des dernières descentes, cela suffit pour que Nico prenne la 6ème place et moi la 7ème (et second master 2 derrière Eric Pommelet 3ème scratch et nettement plus fort que moi ce samedi).

Coups de maîtres.

Pour tout savoir allez voir http://veloroc.free.fr/ ...Le team Véloroc - Lapierre avait connu quelques déboires en 2009 à Pernes (à domicile!), sûrement la faute à un peu trop de stress. Cette année dès le samedi 13h le team avait déjà gagné en open (doublé de Florian Piens après sa victoire à St-Raphaël) et pris une place de "2" avec Bertrand Brochot en masters, qui perd la course par la faute d'une branche qui se prend dans sa roue arrière...qui tombe! Si Bertrand bosse la technique, ça va faire mal! En tout cas l'ambiance est bonne et ce week-end les perfs pleuvent comme le ciel (Thibault Bellanger, Gilles Vigne, Gilles Sarrazin, Mickaël Laurent...)!

Coup de main.

Après un rapide débarbouillage du bonhomme et du vélo, je donne un coup de main à Sabrina Enaux, d'abord en réussissant à clipper un pneu un peu trop flottant pour un montage tubeless, puis en jouant le ravitailleur dans la zone technique. C'est la première fois que j'officie dans une zone technique. C'est plutôt sympa, même si ce samedi 08 mai la course dames ressemble plus à un bain de boue qu'autre chose. Bain de boue qui ne dérange pas Cécile Ravanel, puissante et technique à la fois, qui domine Julie Bresset de la tête et des crampons. Joli coup!

Dans la zone je ramasse plusieurs topettes que je rends à d'autres ravitailleurs qui me disent "Ah oui merci j'avais oublié"...Entre les ravitaillements on a le temps de discuter, et même si la météo est déprimante on est bien mieux là que ceux qui s'ennuient devant leur télé en s'enfilant trois fois plus de calories que les coureurs sans faire le moindre effort. Ne pas se tromper sur qui est à plaindre.

Coup double!

Le dimanche en regardant les classements je vois que Cédric Ravanel a gagné chez les hommes! Il remonte en flèche depuis la fracture de sa clavicule.  Autorisons-nous un conseil à Cédric et Cécile : ne pas trop fêter ça car la fête de  la saison continue, notamment à Offenburg en coupe du monde dans deux semaines...où Céd et Céc devraient débarquer avec un moral d'enfer! Dans deux semaines Lapierre International sera à l'heure allemande...

Coup de volant.

Après sa course Sabrina conserve son rythme (elle est 3ème scratch!) et se change en deux temps trois mouvements, afin qu'on puisse repartir illico. Mais j'entends que son podium n'a lieu qu'à 18h! Je cours demander à Eric Davaine si on peut l'excuser car il faut vraiment que je rentre, le dimanche matin à 9h j'ai une rando de 50km dont je prends le départ avec rubalise et bombe de fléchage au cas où...Je suis le seul à connaître l'intégralité du parcours. Le fléchage de cette rando m'a "cramé" pour Pernes, autant que je me fasse quand même plaisir en la faisant avec les randonneurs!

On part finalement à 17h30, vers minuit je suis à la maison et je peux vous dire qu'il ne pleuvait pas seulement à Pernes, un vrai déluge entre Mâcon et Langres!

Coup de guidon.

A 1h du matin je suis au lit, à 8h55 je me présente au départ de la rando, mon père me colle un porte-voix dans la bouche, le briefing que je donne finit de me réveiller! 100 randonneurs et moi s'égaillent et s'égayent dans la nature, les singletracks succèdent aux singletracks, la recette est simple et fonctionne à merveille. Trois petites heures plus tard j'ai le sentiment d'avoir vraiment bouclé mon week-end.

Car à la vérité depuis deux semaines je pensais beaucoup plus à cette randonnée de la Thonnançaise qu'à la coupe de France de Pernes. Pas le top pour performer, mais bien sympa quand même!

L'après-midi, après le repas, c'est pas du grand Jean-Paul...Je comate sur le canapé, Jules me saute dessus, me tord le nez, me tire les oreilles...Lui est en forme, c'est déjà ça!

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