Toilettes sèches (article du 15/12/09 recyclé…)

Article publié dans la rubrique Ecologie

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            J'ai commencé il y a environ un an. Je me disais « Si je poursuis l’aventure suffisamment longtemps j'en parlerais dans un article »….Ça fait maintenant un an que ça dure et c'est devenu une solide habitude.

Toilettes sèches, c’est quoi? Chaque matin, au lieu de faire mon offrande matinale dans les wc, je la dépose dans mon pourrissoir (ou composteur), avec les déchets verts. Le temps fait ensuite son œuvre et transforme le tout en terreau.

L'idée avait germé il y a quelques années après avoir reçu un questionnaire de Christophe Sévessand relatif au nombre de toilettes sèches dans les différents départements. Aujourd'hui je ne sais toujours pas si elles sont développées en Haute-Marne, mais elles y sont partiellement chez moi au taux d’une toilette sèche pour trois personnes, ma femme et mon petit Jules ne m’ayant pas (encore ?) emboîté le pas.


Positiver.


            J’ai dit à des collègues de travail que je ne tondais plus ma pelouse à la tondeuse mais que je la gérais à la main (arrachage, coupe au sécateur – pour le lapin – ou pas de coupe du tout – pour les abeilles, les papillons…). Ils m'ont dit « Tu es fou de te donner autant de mal, tu es le seul à faire cela »…J'ai répondu « Quand on y croit on n’attend pas de savoir si les autres le font, on le fait ». Dans l’océan chaque goutte d’eau compte, l’océan n’est, au fond, fait que de gouttes d’eau. En outre je sais que je ne suis pas le seul à faire cela et je me souviens aussi de la phrase : « Ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison »

Bref, depuis quelque temps je suis plus sûr de moi en ce qui concerne mes initiatives vertes. Ainsi lorsque je me présente à la caisse de mon supermarché avec mes fruits en vrac, les étiquettes à côté et que la caissière me demande s’il n’y a plus de sacs au rayon fruits et légumes, je lui réponds « Non c’est volontaire, il faudra bien qu’un jour on supprime les sacs inutiles », le tout avec le sourire…Positiver !


Imagine all the people…


            Une goutte d’eau dans l’océan…L’eau, justement, les toilettes sèches en permettent une substantielle économie. Chaque matin, au lieu de consommer une chasse d'eau de 13 litres je consomme environ 3 litres d'eau de récupération d’un tonneau voisin du pourrissoir, pour nettoyer mon seau et arroser le pourrissoir. 13 litres par jour pendant un an ça fait près de cinq mètres cubes économisés.

C’est peu ? Rapporté à une consommation de 70 mètres cubes par an c’est 7% d’économie…ce serait 21% si l’ensemble de la famille faisait la même chose.

Et si on extrapolait un peu ? Si un million de personnes adoptaient les toilettes sèches on économiserait 5000 tonnes d’eau, ainsi que quelques millions de sacs à terreau en plastique…à 100g le sac ça ferait quelques centaines de tonnes de plastiques en moins à produire, à transporter, à recycler…Déjà une grosse goutte d’eau dans l’océan !


Toilettes sèches mode d’emploi.


            Au fond du seau, avant de faire mes besoins, je dépose des feuilles, de restes de nourriture, d'herbe, de sciure, de petits morceaux de carton…qui auraient de toute façon fini dans le pourrissoir. Ainsi, quand je renverse le seau dans le pourrissoir, mon « offrande » est recouverte et aucune odeur ne s'échappe.


Anecdotes.


            Les toilettes sèches m'ont valu quelques anecdotes savoureuses…Au printemps dernier, je bricole mon vtt dans le garage tandis que mon petit Jules (7 ans) s'amuse dans le jardin. Je l'entends discuter avec notre voisin et lui dire soudain : « Dans le pourrissoir il y a le caca de mon papa ». Le voisin lui répond « Mais non… ». Jules insiste : « Si, il le met tous les matins et plus tard ça fera du terreau ! ». Dans le garage je rigole tout seul. Six mois plus tard mon voisin ne m’a toujours pas reparlé de cette discussion ! Mais récemment, avec Jules, on lui a ramassé une partie de ses feuilles qu’il pensait emporter à la déchetterie…De la matière pour le fond de mon seau quotidien et finalement pour le pourrissoir. Dans quelques mois je pourrai lui donner du terreau !

Autre anecdote avec Jules : au début de ma pratique des toilettes sèches, chaque matin il voulait voir le contenu de mon seau et y allait éventuellement de son commentaire sur la taille…Je me demande s’il parle de cette initiative à ses camarades d’école.


Toilettes sèches durables.


            Plus sérieusement, après un an de pratique, je constate que cette nouvelle manière d’aller aux toilettes ne me dérange pas, au contraire. Chaque matin je profite des toilettes sèches pour nourrir en même temps le lapin dont la cabane jouxte le pourrissoir. Je prends la température de la journée et un bon bol d’air que j’apprécie quelle que soit la saison. L’opération prend 5 à 7 minutes tout compris. Pas de quoi chambouler un emploi du temps.


Qualité plutôt que quantité…comme à l’entraînement.


            Fonctionner en toilettes sèches a aussi un autre avantage : cela incite à manger plus sain, plus bio(dégradable), afin que les dépôts dans mon pourrissoir soient de bonne qualité. Ainsi en sera-t-il de mon futur terreau, de mes futurs légumes, de mes futures offrandes…tout se tient.


Toilettes sèches et entraînement vtt, même combat ? Les deux privilégient la qualité plutôt que la quantité.



Au bout du compte j’y gagne en qualité de vie.


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