Vitry : vélo, foot et Domenech…

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Presque un mois après les 24h des Crapauds solo la récupération suit son cours. La semi-nocturne de Vitry-le-François m'a permis de constater des progrès : un peu plus de force et un poil de giclette retrouvées, plus de douleur sus le pied gauche (même s'il en reste certains jours quand je me lève), plusieurs attaques en fin de course, un état musculaire en nette amélioration (le 04 juin à Ancerville j' avais l'impression d'avoir des muscles en compote).


La course s'est déroulée à une allure normale (42km/h) pour ce type d'épreuve parfaitement plate, 50 tours de 1,6km avec une relance à 180° par tour et un peu de vent dans la ligne droite opposée à l'arrivée. Comme depuis les Crapauds, je n'ai aucun mal à suivre à 45 ou 50km/h dans le peloton, mais s'il faut "gicler" c'est plus compliqué.


Après une dizaine de tours où je me laissais aspirer par le paquet, j'ai mis le nez à la fenêtre quelques rares fois, voulant surtout rouler vite sans trop me fatiguer. Sur la fin néanmoins j'ai attaqué plusieurs fois à intervalles plus rapprochés. J'ai pu constater que je terminais bien la course, pas assez puissant néanmoins pour créer un trou significatif. Je termine finalement au milieu du paquet, une poignée de secondes derrière un groupe d'échappés réglés par Boulanger.

Le foot...

Cette course s'est déroulée dans une ambiance générale un peu dominée par la coupe du monde de football. Je m'y intéresse un peu. J'ai vu la débâcle des Bleus contre le Mexique (qui a joué à  un bon niveau à mon avis). J'ai surtout vu une équipe en proie à une crise de motivation terrible, incapable de se forcer. Or il ne me semble pas y avoir de raisons physiologiques valables à cette apathie. Je vois plutôt une équipe très "mal" psychologiquement, en perte totale de repères tant sur le terrain que du point de vue relationnel.


Je m'intéresse aux entraîneurs dans différents sports. Par le biais de quelques sources (interviews, attitude vue à la télévision, livres publiés voire discussion avec certains), j'essaie de me faire une idée de leurs compétences respectives, points forts et points faibles notamment, car c'est une tâche difficile, complexe, délicate, pour laquelle il n'y a pas de recette préétablie.


Certains me paraissent très compétents. Ainsi Claude Onesta, d'une grande clarté dans ses propos, sait être proche de ses joueurs dans les moments difficiles tout en les secouant lorsqu'ils pourraient se reposer sur leurs lauriers, sait rappeler aux journalistes que certains rumeurs ne sont que de leur fait sans pour autant s'attirer leurs foudres, sait éloigner ses joueurs du feu médiatique sans pour autant donner le sentiment de les mettre dans une bulle...


D'autres  entraîneurs ont une qualité qui ressort. Par exemple, Philippe Lucas, ex-entraîneur de Laure Manaudou, ne me semble pas très compétent en matière d'entraînement natation à proprement parler (élaboration des programmes et séries d'entraînement par exemple), en revanche il est très fort pour donner de la confiance à une nageuse qui en a besoin, au besoin en la rudoyant...C'est certainement pour cela qu'il a réussit presque exclusivement avec des filles, sa manière d'agir aurait pu lui attirer des réactions "brutales" avec des hommes ayant un tempérament proche du sien.


Raymond Domenech me semble au contraire cumuler un nombre impressionnant de lacunes en tant qu'entraîneur ou sélectionneur. Tout d'abord son langage est abscons. En interview parfois il lance des banalités (à la question "Ce soir comment allez-vous jouer?" il a un jour répondu "En bleu, à onze"...), parfois il s'amuse, y compris en situation dramatique pour l'équipe de France (en 2008, le soir de l'élimination de l'euro, au micro il...demande sa fiancée en mariage!!!). Son épouse, interviewée sur France-Info il y a environ un mois, disait que lorsqu'il en aurait terminé avec l'équipe de France de foot, il voulait faire du théâtre...Il a déjà commencé.


Seulement le rôle de sélectionneur  - entraîneur d'une équipe de France demande surtout de la clarté dans le propos. Or les discours abscons de Domenech ne peuvent que perdre les joueurs. Tout le monde dit qu'il y a de très bonnes individualités dans le groupe France. Certains ont d'ailleurs largement démontré leurs compétences en d'autres occasions (dans leur club par exemple). Mais en cette coupe du monde 2010 tous les joueurs semblent perdus. Lorsque dans un collège une classe a entre 09 et 13 de moyenne dans toutes les matières et qu'elle a 4 de moyenne dans une seule matière, on se pose logiquement des questions sur le professeur plutôt que sur les élèves...


Quand Domenech a été confirmé dans ses fonctions en 2008, je me suis demandé ce qu'il se passait. J'ai toujours pensé que le très bon comportement de l'équipe de France lors de la coupe du monde 2006 était dû avant tout au rayonnement de Zidane, de plus en plus impressionnant au fil de l'épreuve (mis à part son malheureux coup de boule en finale). Le niveau de Zidane, tirant toute l'équipe vers le haut, a pu laisser penser à certains que l'entraîneur était bon.


Pourtant depuis que Domenech a été confirmé  à son poste mais que Zizou est parti on a vu des cascades de choix incompréhensibles (le dernier en date : faire échauffer Thierry Henry à 10 minutes de la fin du match France - Mexique alors que l'affaire était pliée depuis 20 minutes). L'échec communicationnel de Domenech s'est vu aussi à plusieurs reprises au Mondial, par exemple quand quelques jours avant le début de la compétition, après avoir été critiqué par Rama Yade quant au choix de l'hôtel, il met la pression sur ses joueurs en insistant sur le fait qu'ils ont été mis dans les meilleures conditions possibles pour cette coupe du monde, tant en matière de préparation que de logement. Ce jour-là Raymond Domenech semblait vouloir se dédouaner d'avance d'un éventuel échec des Bleus...


La désolidarisation fut encore plus palpable pendant le match France - Mexique. A partir du moment où les Français furent menés, on a vu un Domenech prostré, appuyé contre un poteau, ne donnant aucune consigne à ses joueurs (il en donnait beaucoup lors du premier match), donnant l'impression d'avoir envie qu'on creuse un trou pour qu'il puisse s'y cacher. Je ne sais pas si cette "disparition" du sélectionneur a eu un impact sur les joueurs, mais on les a vus abattus comme jamais à partir du moment où ils ont encaissé leur premier but (alors que certains se seraient mis à tout donner, prendre tous les risques). Domenech ne les a pas aidés en ne prenant pas de risque lui non plus (il n'a pas renforcé l'attaque alors que les Mexicains osaient le faire). Cela m'a fait penser à ce qui se passe en course quand on se fait lâcher et que ceux qui vous encourageaient se taisent soudain...Dur à supporter au moment où l'on a le plus besoin d'eux.


Alors que nombre d'équipes continuent à se battre vaillemment, les Français semblent déjà ne plus faire partie de cette coupe du monde. Un sursaut lors de leur troisième match de qualification (contre l'Afrique du Sud) paraît plus qu'improbable. Je ne vois qu'une possibilité de faire naître ce sursaut : que les coureurs se coalisent contre Domenech (sorte de mutinerie) pour sauver le groupe. Certains bons coachs savent motiver leurs troupes en les soudant contre eux (car comme le montrent les théories de la motivation, pour être motivé dans une opposition on a besoin d'identifier un "ennemi"). Comme Domenech semble ne pas maîtriser grand chose, cette soudure ne viendra que si les joueurs la décident pour eux-mêmes, contre lui...


Mais tout cela n'est pas grave, ce n'est que du foot n'est-ce pas! N'oublions pas néanmoins que par certains aspects ce sport fait "tourner le monde"...Malgré tout, la coupe du monde stimule mon petit Jules : aujourd'hui, après une matinée à construire des cabanes et un après-midi à faire du vtt, il a passé la soirée à taper des ballons dans le salon! Et il m'a dit "Mon entraîneur il m'a dit que je progressais, c'est normal je fais plein de passes et de tirs...Allez je refais une mi-temps"...tout seul!


Pas emmerdé par Domenech le petit! Pourvu que ça dure.

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