Offroad de Montgenèvre : trop bon!

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Il y a des jours où l'on a envie d'embrasser le traceur d'une course vtt! C'était le cas hier pour la finale du challenge Offroad, à Montgenèvre. J'étais plus ou moins venu en touriste, avec une bonne bande de rigolards (et bons vététistes!) : Ludo Leflem qui jouait le taxi pour l'occasion, Etienne Hautavoine dont les parents nous ont accueilli dans leur appartement à Serre-Chevalier, et Thomas Collinet qui était venu tester son pneu avant (je rigole!).




On arrive à Serre-Chevalier dans la nuit du vendredi au samedi, vers 1h du matin, on se couche à presque 2h, je dors sur une mousse dans le couloir, le samedi matin je suis explosé!




On décide d'aller voir passer les coureurs de la montée du Granon parmi lesquels Stéphane Tempier qui termine 3ème et dominera l'Offroad le lendemain, et...Jeannie Longo, qui sourit quand on lui  crie "Allez Jeannie!" Elle passe environ 30ème sur 200, bonjour le moteur à 52 ans!






Habitué de la météo montagnarde, je suggère qu'on roule un peu le samedi matin, voyant des nuages lourds et sentant l'air humide...En effet, dès midi la pluie se met à tomber. Du coup à Montgenèvre on prend seulement nos dossards, les vtt restent dans le coffre. Finalement c'est mieux ainsi, je me sens complètement mort! Il faut dire que le vendredi j'avais roulé deux petites heures et nagé 1000m, avant de dormir 5h...






On finit l'après-midi à comater dans l'appartement, lire l'Equipe, regarder les médailles françaises pleuvoir aux championnats d'Europe de natation à Budapest, avant de manger et dodo! Je retourne sur ma mousse.






Le dimanche on se lève un peu avant 6h, petit déjeuner et direction Montgenèvre. Première constatation : ça caille sévère! La neige a tout blanchi à partir de 2500m. Après quelques hésitations et pommade chauffante Windose, j'opte pour le maillot manches longues et les jambières, à deux semaines des championnats de France-Europe de Pra-Loup, je ne suis pas venu ici pour me détruire.




Au départ je rate un peu ma cale et me retrouve aux environs de la 20ème place. Je remonte quelques coureurs puis me stabilise vers la 13ème position scratch. A chaque seconde je découvre la beauté et l'intelligence du tracé. Les montées sont fréquemment interrompues par des mini-descentes, des sections de singletracks plates ou légèrement montantes, exigeantes mais jamais extrêmes...du travail d'orfèvre!






Un moment avec Jeff Bossler, je me fais un peu décrocher et enchaîne la longue montée vers le fort de l'Infernet avec Giovanni Gonthier dans ma roue. Je suis entouré de coureurs Offroad, ils sont tous dans le rouge...Je rigole, c'est juste la couleur de leur maillot! En fait ils sont plutôt oranges mais dans mon commentaire je ne fais pas de quartier. Bon continuons je suis pressé et il faut garder du jus, ah, ah!






A l'approche du fort de l'Infernet un homme se cache derrière un gros objectif...C'est Manu Molle qui mitraille! Retrouvez ses photos sur www.arcenciel.fr, rubrique Vos exploits. Je retrouverai Manu après l'arrivée pour de longues discussions et d'autres photos devant le podium!






On navigue à 2500m, c'est l'altitude des premières edelweiss, du génépi, on a passé l'étage des marmottes (à mon avis elles sont planquées dans leurs terriers : trop froid!) mais on tournera la tête une autre fois. Pour l'heure on est concentrés sur l'effort, le rythme...






La première grande descente (près de 1000m de dénivelé) est un véritable régal, rendue encore plus ludique meilleure grâce aux pluies de la nuit qui la rendent glissante. Rien d'extrême là encore, mais une véritable goinfrerie d'épingles, dévers...Trop bon! Je lâche Giovanni Gonthier.








En bas de cette descente je fais une erreur de parcours qui me coûte 2 ou 3 minutes, mais dont je ne me rendrai compte qu'à l'arrivée en revenant sur Cédric Chartier et Giovanni Gonthier...que j'avais lâchés et qui ne m'ont jamais redoublé! Je ne sais toujours pas ce que j'ai fait mais il est vrai que dans le bas de cette descente il y avait quelques complications de fléchage "enduro- raid", ceci explique peut-être cela. Ces petites approximations sont fréquentes dans les raids et finalement font partie du jeu. D'ailleurs globalement ce raid était bien fléché.






Autre surprise : une petite partie du parcours a été shuntée, du coup Philippe Legastelois, qui devait me passer un bidon ainsi qu'à son fils Vivien, vers la Vachette, ne nous a jamais vu passer! Puis je rejoins Dorian Lagier qui a crevé. Je lui propose ma chambre à air mais il m'explique que son pneu est trop difficile à démonter (?!).






Au bout d'une heure trente je suis à sec...Je n'avais qu'à prendre un Camelbak. Je la joue alors au métier, mendiant de l'eau auprès de toutes les personnes qui peuvent en avoir. J'en obtiens auprès de quelques spectateurs, d'un concurrent qui a un Camelbak et remonte sur le fort du Gondran avec moi, de concurrents du 38km qu'on rattrape, de signaleurs...Bref je survis dans la longue montée finale de 1000m de dénivelé!



Sur le haut, dans le portage final, j'entends une voix qui m'interpelle : "Jean-Paul je vais te manger tout cru!" C'est l'ami Ludo Leflem qui termine comme une balle! Je ne me démonte pas et lui réponds "Tu ne me rattraperas pas, il y a une longue descente!" N'empêche, il termine à mes trousses à 25 secondes! Cela nous permet de nous bâcher à gogo pendant le retour où Ludo me promet qu'il va me taper à Méribel...On verra ça!




Juste avant la dernière descente je vois un coureur arrêté à une table de ravitaillement, je lui demande s'il peut me remplir un verre à boire, il me remplit un verre de Coca (merci!)...C'est Cédric Chartier! Je comprends que j'ai dû faire une rallonge à un moment donné car il était derrière moi depuis le début de la course. On descend ensemble jusqu'à ce qu'il prenne des crampes qui l'arrêteront carrément pendant un moment!



A mi-descente je rencontre Philippe Legastelois qui sauve les meubles du ravitaillement en me passant un bidon à 8km du but, merci Philippe!



Sur la fin je double quelques coureurs puis je vois Giovanni Gonthier et Thibault Lhenry juste devant moi! Il reste un "coup de cul" bien raide où je mets un braquet un peu trop gros, du coup je ne rentre pas sur eux mais Ludo Leflem revient tout près! Mais l'arrivée est là, je suis 12ème scratch et Ludo 13ème à moins de 15 secondes. Je gagne ne masters 2 et serai même 3ème master s'il y avait un scratch masters. Mais il n'y en a pas et cela permet à Ludo de monter sur la 3ème marche du podium "masters 1", tout le monde est content!



A l'arrivée mon premier acte est de féliciter chaudement le traceur au micro! Je le rencontre en personne deux heures plus tard, il s'agit de Jean-Yves Conan, qui était déjà aux manettes à...Plouha, en Bretagne, quand la coupe de France vtt était intégrée au somptueux Festival Nature. On discute vtt mais aussi des fortifications qui pullulent dans le secteur, notamment les constructions de la ligne Maginot qui ont incité mon Petit Jules à monter au sommet du Mont Chaberton il y a quelques semaines (voir http://www.lenversduvelo.com/2010/08/a-huit-ans-est-ce-bien-raisonnable/). Ni une ni deux, Jean-Yves me propose de m'envoyer des brochures expliquant le fonctionnement de ces forts, bunkers...trop gentil! On rencontre parfois des gens de grande valeur humaine...



Cerise sur le gâteau de Montgenèvre, après ma victoire masters 2 sur la course, j'apprends que je remporte le classement général du  Trophée Offroad en masters 2! "Ca fait plaisir". Sur le podium j'enfile un maillot taille xs! Tout le monde rigole, moi le premier, comme toujours sur les raids Offroad l'ambiance est bon enfant et même bon master!




Il ne reste plus qu'à rentrer (7h de voiture pour moi...10h pour Thomas Collinet!). On passe par le Galibier, il neige, les alpages passent du vert au blanc, c'est magique. En monospace bien chargé avec deux vélos à l'extérieur on ne fait pas les malins. On est tous d'accord : on a vécu un superbe week-end dont le point d'orgue fut ce tracé grande classe. Merci Jean-Yves Conan, merci Offroad!




A gauche, Christophe Pourrat l'Auvergnat n'est pas frileux!



Rigoler ça réchauffe ! Et merci à Philippe Legastelois pour les photos!



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