Championnats du monde 2010 : la course, les podiums.

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Après une semaine de repérages, siestes, réglages, attente..."On y est" comme dirait Yvon Miquel. Sur la ligne de départ je vois enfin David Tinker Juarez de près. On s'échange un rapide regard mais priorité à la concentration.


Les cinq tours sont confirmés, je décide donc de ne pas faire le départ à bloc...mais presque quand même.


Au coup de corne je gicle parfaitement puis je réduis à peine la cadence pour aborder la bosse (le "surplomb"!) dans la roue d'un coureur, qui ne se fait pas prier. Au bout de 400m (on est déjà dans du 10%...), un coureur passe comme une balle puis explose littéralement. Je lui prendrai un tour une heure plus tard!


Après ces broutilles Tinker Juarez passe. Lui ne faiblit pas. Il s'isole en tête, poursuivi par trois coureurs que je remonte progressivement. Au sommet de la première grande côte, large et raide (1km à 15% de moyenne), je double le Colombien Saavedra et je le distance dans la première descente technique. En bas Tinker Juarez possède environ 20 secondes d'avance, je me dis que ça peut encore le faire...


Mais je devrai rapidement me résoudre à courir pour la seconde place. A la fin du premier tour Tinker a une minute d'avance! Pourtant je vais bien, moi aussi j'ai creusé un bon trou sur mon adversaire colombien.


La suite de l'épreuve se résume à un long contre-la-montre en solitaire, pour tout le monde en gros, tellement le circuit est difficile.


Malgré l'assurance de ne pas gagner je ne faiblis pas, aux quatrième et cinquième tour je parviens même à franchir quelques difficultés avec une dent de mieux. Les amis français me disent même que Tinker est "mal" dans le dernier tour...Ils n'ont pas tort, la visualisation des écarts tour par tour est parlante : dans la dernier tour je reprends 55 secondes à Tinker, qui m'avoue à l'arrivée qu'il a beaucoup souffert dans le final. Mais avant celui-ci il s'était fabriqué un épais matelas!


A l'arrivée il lui reste 3 minutes et 13 secondes d'avance.


NB : seuls 9 coureurs seulement sont classés dans le même tour que le vainqueur, et en gros c'est comme ça dans toutes les courses! Je n'ai jamais couru sur un parcours aussi raide.




Dès l'arrivée franchie, j'effectue cinq interviews in english au cours desquelles je félicite Tinker, exprime l'envie de le recontrer ainsi que mes remerciements aux organisateurs et à l'accueil brésilien.


Puis je rencontre enfin Tinker Juarez. C'est un très joli moment. The Legend 's still alive! On se congratule, les photos jaillissent, l'ambiance est superbe, elle se prolonge sur le podium où pendant l'hymne américain Tinker nous tient les bras levés vers le ciel. Un grand moment d'esprit sportif au sens noble du terme.


La suite est aussi speed que la course elle-même : démontage et rangement du vélo dans la housse, "douche" avec une bonbonne d'eau, repas en coup de vent, 1h30 de voiture pour Florianopolis où on rend la voiture de location et sérieux coup de pompe avant d'embarquer dans l'avion et de rentrer en France via Sao Paulo. J'ai terminé ma course le samedi à 12h15, je suis chez moi dimanche à 20h, je me lève lundi 13 à 6h30 pour aller au boulot...Vous avez dit sans transition?


Je suis maintenant quadruple champion du monde et triple "vice-champion du monde".


Telle est la vie de master, pas désagréable ma foi!


Plus près de Tinker qu'en course!


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