Championnats du monde 2010 : une semaine d’attente…

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International departures…


Vendredi 3 septembre, il faut partir. Je dois quitter ceux que j’aime. Pas gai. Lolo voudrait que la semaine soit déjà passée, je ne verrai pas mon petit Jules aux Descentes du Vallage vtt, avec ses protections et son casque intégral plus gros que lui qui le font ressembler à un cosmonaute atterri sur un singletrack…

Après 2h32 de vtt, le dernier repas en famille et un gros bisou à Jules qui file à l’école, Lolo m’accompagne à Saint-Dizier afin de prendre une navette aéroport un peu surréaliste. Le chauffeur grille cigarette sur cigarette, appelle son patron pour lui dire que s’il n’est pas payé demain il ne roulera plus, repasse à la case départ pour récupérer ma facture oubliée, démarre une demi-heure en retard mais arrive en avance après avoir joliment écrasé le champignon tout en se demandant pourquoi il ne faisait pas beaucoup de kilomètres avec un plein…Vu les accélérations, je pense qu’à chaque départ de péage il y avait une prime ! La vie de notre homme n’est pas rose : il fait plus de 40h et près de 7000km de conduite par semaine pour mille euros par mois. Parfois il rentre de Roissy à 2h du matin et y retourne à 6h…Je lui laisse un pourboire en me disant que je ne suis pas mal loti…


Consciencieuse contention dans les cieux.


Je rejoins André Fossé à l’aéroport de Roissy, qui est un véritable cours de technologie et d’ethnologie. On a le choix entre regarder les avions et les gens. Les Japonais sont petits. Croissance bridée. Remarque : les Chinois ne sont pas grands et pourtant…

Le voyage pourrait être un cours de géographie mais on est au centre de l’avion, loin de hublots. Néanmoins, moyennant une surtaxe de cinquante euros, nous avons droit à des places où nous pouvons allonger nos longues jambes et leurs chaussettes de contention qui s’avèrent très efficaces pour les longs trajets aériens, mes jambes ne sont pas gonflées à la fin du vol.

Le Polar, réglé à l’heure brésilienne dès le début du voyage, se stabilise à une altitude de 2350m environ, on est donc pressurisés à un virtuel col de la Cayolle, la beauté et l’effort en moins. Onze heures de stage en altitude payées par Tam Airlines…


Co-errance.


Les 11 heures de vol passent comme une lettre à la poste. Grâce au vtt du matin je suis assez fatigué pour dormir, et malgré le vtt je n’ai pas mal aux fesses (Je n’ai plus de fesses ? Comment ce fait-ce ??). La seconde partie (Rio – Florianopolis) est une formalité de 1h40, après quoi nous « perdons » une heure à louer une voiture car il faut faire jouer la concurrence, le premier loueur nous ayant proposé 2240 reals (1000 euros) pour une semaine de location…On finit à 980 reals pour une meilleure voiture chez un concurrent ! Méfiance…à la sortie de l’avion, on nous avait accostés pour changer de l’argent « à taux avantageux »…Le Brésil est une sorte de mélange anarchique entre richesse et pauvreté, et Balneario de Camboriu, la station balnéaire des championnats, ne déroge pas à la règle, avec ses empilements désordonnés de buildings pour riches vacanciers, en ord de mer, quand les habitants plus pauvres sont relégués un peu plus loin et dans des habitations nettement moins élevées, dans tous les sens du terme.

Globalement, les gens sont très accueillants mais ne parlent pas un mot d’anglais !

Pour trouver notre hôtel dans ce dédale on est plus co-errants que cohérents…Notre salut vient d’un chauffeur de taxi en mal d’occupation qui nous emmène devant l’hôtel ! Décidément depuis hier j’ai des rapports privilégiés avec les transports.


‘’On mange bien à la cantine’’


Vers midi on a vraiment faim ! à cinquante mètres de la mer on se régale de gambas, riz, salade…Il y a de quoi bien manger au Brésil et visiblement nombreux sont celles et ceux qui en profitent. En plantant un peu nos yeux dans les poitrines et fesses des Brésiliennes (faut s’informer…) on remarque qu’elles sont majoritairement grassouillettes. On est assez loin des clichés des canons de bord de plage.

Néanmoins il y a aussi de nombreux « canons », aux seins avantageux mais partiellement artificiels Moi qui croyais que la Silicon-Valley était située aux états-Unis…


Un parcours étonnant !


Après le repas on évite la sieste afin de mieux dormir le soir et de se résorber plus vite les cinq heures de décalage horaire.

Après avoir remonté les vélos, on part vers 15h à la recherche du parcours des championnats du monde…Au bout de vingt minutes, et tout près du site, on bute sur un bras de mer ! Pour le traverser : des télécabines…On trouve finalement une route qui contourne a mer. Bref, on prend nos repères !

Le parcours débute par une section bitumée / chemin large d’un kilomètre…Puis 500m de descente technique, 500m de descente sur grand chemin lisse, puis 1km de route large ( !), puis on effectue environ 2km relativement techniques et physiques. Je n’avais pas encore vu un tracé de championnat du monde vtt avec autant de goudron et de chemin large ! J’ai bien fait de faire de la force récemment. Il y a environ 290m de dénivelé par tour, il semble qu’on s’oriente vers 4 tours, ouf. 5 tours, c’eût été très très dur…Pour aujourd’hui ce sera 1h30 et 315m de dénivelé, et des jambes assez fraîches malgré le voyage.


Déjà une bonne nuit.


L’impasse sur la sieste porte ses fruits. Après un repas « sushi » dans notre déjà préféré restaurant (le seul que nous ayons testé pour l’instant !), on marche un peu le long de la plage, entre le noir infini de l’horizon, les traits blancs formés par les vagues et les omniprésentes lumières des buildings, puis on s’écroule. Je dors de 21h30 à 5h, puis je me lève vers 6h (11h françaises).


Petit déjeuner brésilien.


Le petit déjeuner de l’hôtel est pris d’assaut par les familles venues passer le week-end dès 7h, il est très varié et complet, on peut y choisir de quoi rester svelte…ou pas. On s’amuse à regarder qui choisit quoi…L’ambiance est très familiale, assez bruyante, un peu comme une cantine de collège, assez différente de la tonalité feutrée des hôtels français, mais sympa !

Mon pouls est à 44 le matin, pas mal !


1km de dénivelé, vive le triple !


Dimanche 5 septembre on se rend sur le circuit pour la seconde fois. Au programme trois tours, au terme desquels j’ai 900m de dénivelé. C’est dur ! Certaines côtes atteignent le 30%. Dans deux d’entre elles que je gravis en 24X30 ou 24X34), André Fossé (SRAM 2X10 et 26X36) est à pied. Depuis quelque temps j’hésite à propos de mon groupe XTR 2011 (2X10 ou 3X10 ?). Maintenant j’en suis sûr, ce sera 3X10 avec cassette 10X34 super-bien étagée. Toutes les autres options en double me confisquent un ou des braquets, soit les plus gros, soit les plus petits. Le double plateau est réservé aux coureurs de très haut niveau…et aux dingues du light, prêts à perdre en fonctionnalité de leur vtt.

En retournant chercher André à la fin du troisième tour j’ai 1000m de dénivelé…


Pêche au petit.


Vers 13h on mange dans un « restaurant italien du Brésil ». Salade + pâtes = plus faim à la fin. On marche sur la plage et on s’arrête pour regarder des pêcheurs qui ramènent un filet posé à environ cent mètres au large et sur environ 100m de large. Un attroupement se forme à mesure que le filet revient vers le bord, les poissons se débattent, les pêcheurs en sortent 30 à 50kg, des enfants les aident à remettre les petits à l’eau, le tout dans une ambiance décontractée. Je ne peux m’empêcher de penser que cela serait interdit en France du fait des tonnes de réglementations qui encadrent la pêche des tonnes de poissons.


Shopping, vendeuses…


L’après-midi on sacrifie au rituel des achats de souvenirs pour la petite famille. Pour Jules : un drapeau et un t-shirt brésilien, pour Lolo un t-shirt comme elle les aime (du moins je l’espère !). Près de la plage une tente de commerce solidaire m’attire, mais je ne trouve pas ce que je veux. Dommage, les vendeurs semblent vraiment avoir réalisé les objets eux-mêmes.

On voit des gens boire à la paille une sorte de mélange herbeux vert, dans un récipient très local…une vendeuse nous traduit des phrases sur Internet, on comprend qu’il s’agit d’une sorte d’infusion de feuilles de maté, herbe énergisante locale. Pas d’éléphants roses, c’est soft.

L’ambiance est globalement très cool, ce que nous confirme une vendeuse de journaux et cartes postales. Balnéario a poussé comme un champignon (de béton) mais ça reste sain. Elle ajoute qu’il y aura du monde jusqu’au mercredi car il y a un pont : le mardi 07 septembre, c‘est la fête du jour de l’indépendance brésilienne. Certains transformeront le pont en viaduc en restant jusqu’à la fin de la semaine. Il n’y a pas qu’en France qu’on sait profiter.

Ça consomme dans tous les coins : bouffe, vêtements, voitures…D’un côté c’est très cool, de l’autre on voit bien, dans de tels endroits, que la Planète est vouée au saccage à court terme. C’est beaucoup trop pour ce qu’elle peut supporter. Si ça va vite on assistera au « bouquet final » dans quelques années.

Trêve d’humour noir. Des bouquets, nous en avons vu deux marquants. Tout d’abord un magasin qui vendait une grande variété de fleurs…en plastique. Et elles partaient par paquets !

Le second bouquet, c’était une vendeuse…Quand elle nous a proposé de passer sur elle le petit haut qu’André voulait acheter pour sa femme pour voir si ça irait et qu’on a vu le résultat, je lui ai fait comprendre qu’on voulait tout : le vêtement et la vendeuse ! Elle a dit non…en souriant, c’est déjà ça.

Pour bien finir notre après-midi shopping je me suis fait prendre en photo avec une Brésilienne qui justement se faisait prendre en photo par sa copine, le tout dans une très bonne humeur…

Au fond, parler du Brésil sans parler des femmes ne serait pas correct.

Après ce périple on rentre à l’hôtel, un peu vannés. Au programme : chaussettes de contention et compte rendu sur l’ordi, en attendant le poisson du soir

qui ne fait pas un pli,

comme moi

quand je m’effondre au lit.


Dur.


Le lundi au soleil…Lundi 6 septembre 2010, j’enchaîne quatre tours de circuit comme un métronome…en train de perdre ses piles. 22, 23, 24 et 25 minutes au tour, je fais le dernier en souplesse car je ressens l’accumulation de fatigue, de la veille surtout.

C’est vraiment dur physiquement, même déséquilibré à mon avis. La victoire sera pour un coureur qui a faim et qui est tout maigre ! 1230m de montée en quatre tours…Espérons qu’on n’en aura pas cinq en course ! Avec l’aller-retour hôtel – circuit ça fait 2h30 de vtt, non soldé !

À midi on retrouve Jean Malot (qui tient la grande forme) et Christian Jupillat. Comme nous ils ont galéré pour trouver l’hôtel. Je rencontre aussi un Sud-africain (enfin un anglophone !), il fait les championnats, on sympathise, on mange ensemble dans notre resto préféré où les serveurs nous accueillent maintenant comme des amis, un magicien nous épate, la vie coule au rythme et aux sons brésiliens…

L’après-midi est consacré à la récupération, j’en ai besoin. J’achève la lecture d’une biographie de Bashung, superbement écrite par Marc Besse (juste retour des choses pour un chanteur aussi concerné par les textes), je bricole, glande dans la piscine, me masse les jambes, m’étire…comme l’après-midi, qui nous amène gentiment au resto du soir.

Après la biographie de Bashung je m’attelle à la lecture de Le visage de Dieu des frères Bogdanov, un livre aux confins de la cosmologie, de la philosophie, de la métaphysique…Il n’y a pas que le vélo dans la vie.


Comment faire ?

Dans la piscine à trente degrés, plus ou moins immobile pendant trente minutes, je cogite sur ce qui pourrait me permettre de gagner quelques watts samedi : m’affûter sans perdre de muscle pour mieux gérer les énormes dénivelés et pourcentages, donc adopter une alimentation sans sucre rapide et avec un peu plus de protéines ; si ‘est sec, chausser le léger Cobra Tubeless Ready à l’arrière, comme à Pra-Loup, car les risques de crevaisons sont à nouveau faibles (bien qu’existants) ; effectuer une séance de « force – gainage » mercredi, revoir les aspects techniques jeudi, me reposer la veille de la course tout en assistant André Fossé ce jour-là.


La référence française…


Le soir on retrouve notre restaurant fétiche mais sans Christian Jupillat, en pyjama et au lit depuis 18h…Si j’entends du bruit dans les couloirs à 3h du matin je saurais qui c’est !

Un des serveurs se met à nous parler de livres qu’il a lus (en version brésilienne) : Proust, Balzac, Flaubert, Jean-Paul Sartre. Il nous fait comprendre que c’est grandiose. Je n’en reviens pas de voir un serveur de restaurant brésilien être conquis à ce point par la littérature française. La France, vue de l’étranger, est, il est vrai, souvent décrite comme le pays de l’esprit


Gâtés !


Le mardi 7 septembre 2010, c’est repos. Les autres emboîtent mon pas, sauf Christian Jupillat qui va sur le parcours le matin, rentre, dors, y retourne l’après-midi…De notre côté on arpente les rues de Balneario le matin, on y voit de nombreux défilés liés à la fête nationale de l’indépendance brésilienne, rythmés de percussions. Je fais des photos avec un groupe de jeunes d’une fanfare qui sont éclatés de rire.

Après avoir joui de la vue (dans tous les sens du terme…) sur la plage, nous nous rendons à notre « resto fétiche » où nous retrouvons notre ami Sud-africain. On est maintenant carrément accueillis par des « check » !

Pour ma part je veux me contenter d’une salade, mais ça a le don d’étonner les restaurateurs qui pensent que ce n’est pas assez, du coup, avant la salade, ils nous gratifient (gratificazione disent-ils) d’amuse-gueules et mises en bouche de tous ordres !

Malgré notre commande légère on finit avec une table remplie d’assiettes, de saumon, de boules de poissons, de quiches…qu’on n’a pas commandés !

Si ça continue comme ça demain on vient, on ne commande rien et on mange ce qu’ils nous apportent en plus, ça suffira !

Je réussis néanmoins à rester frugale, mais nous décidons d’un commun accord que la soir nous irons manger ailleurs pour éviter les excès ! Trop gentils ces Brésiliens. Le soir c’est salade + mini-pizza.


L’ordre à partir du chaos.


L’après-midi nous repérons à pied la section la plus technique du parcours, ce qui me permet d’envisager quelques trajectoires nouvelles qui évitent des virages. On verra ça demain sur le vélo.

Puis nous allons prendre nos dossards…qui sont distribués à 2km de l’aire de départ à vol de…mouette ! Un bras de mer sépare la salle des inscriptions du site de départ, que l’on traverse en télécabine. Nous on est en voiture et la route est bouchée pour cause de défilé de « jour de l‘indépendance ». C’est un peu le bordel (mais bordel calme), ça se décante progressivement, on arrive aux inscriptions à 17h, quand elles doivent fermer…Elles commencent tout juste !

Ne pas chercher à comprendre et profiter de l’aubaine. En quelques minutes on constate qu’on est plus là pour aider l’organisation que l’inverse ! C’est un joyeux chaos qui s’organise peu à peu. À un moment donné, une jeune et jolie commissaire UCI propose de constituer deux files : les XC et les DH, et dans chaque file de faire deux files : ceux qui ont payé et ceux qui n’ont pas encore payé. Ses paroles se perdent dans le brouhaha.

Je récupère la plaque N° 194. Ne voyant pas de liste avec les numéros, je cherche à m’assurer que j’ai le bon…Avec un commissaire UCI on discute du nombre de tours par catégories, des horaires de départ, de l’opportunité des départs séparés ou non, de l’emplacement des communiqués officiels…Je ne m’attendais pas à être d’une telle utilité à l’organisation !


Pluie et fatigue.


Dans la nuit du mardi au mercredi, je suis réveillé par des bruits réguliers…La pluie tombe sur la toit de l’hôtel, j’entends le bruit spécifique des pneus de voitures qui raclent l’eau.

J’en profite pour tester un train de pneus, Hutchinson Toro à l’avant et Python à l’arrière, je saurai à quoi m’en tenir si la course se déroule sur terrain mouillé. Les copains préfèrent éviter les sections techniques dans ces conditions.

À neuf heures nous partons comme un seul homme…Je ne suis pas déçu du voyage, certaines sections sont devenues inroulables : montées raides terreuses, descentes en dévers…La terre rouge forme un « savon de surface » difficilement contrôlable, même à pied. S’il pleut le jour de la course ce sera un formidable chantier, où le tout-suspendu ne constituer d’ailleurs pas un avantage.

Par ailleurs l’air est atrocement humide. Je sue comme jamais ! Dans ces conditions il faudra courir sans lunettes, je ne les supporte pas et je ne suis pas le seul.

Je monte certaines côtes en force, d’autres en vélocité, dont une fois la longue côte large et raide dans la roue de Jean Malot qui va vraiment bien. Je prends progressivement l’habitude du sol fuyant.

Néanmoins je rentre de cette sortie dubitatif et nettement plus fatigué que les autres jours. Coup de barre à retardement ? Après le repas de midi je dors deux heures !


Les gourmets brésiliens.


Le soir, après quatre journées au régime poisson, nous avons tous envie d’un steak. Nous en trouvons dans un restaurant qui nous confirme que la qualité des plats et du service n’ont rien à envier à la réputée cuisine française…qui visiblement sert de référence à certains. En effet, à midi, le chef d’un autre restaurant nous avait montré un plat qu’il voulait ajouter à sa carte ‘’en hommage à la cuisine française’’. Il m’a demandé comment il pourrait l’appeler, j’ai proposé ‘’Méli-mélo de crevettes aux petits légumes’’…Viendrons-nous le goûter en 2011 ?

Le soir, je dors comme une masse de 22h à 5h du matin, et encore de 6h à presque 7h.


Oublier l’enjeu.


Le jeudi 9 septembre 2010 est certainement notre journée la plus « touristique ». Après 1h25 de vtt dont un seul tour complet du circuit (qu’il va falloir un peu « oublier » avant la course), nous retournons à l’hôtel pour une douche, puis sur le site de la course afin de manger en bord de mer, se baigner trois minutes (une si courte durée ne peut pas faire de mal pour une course le surlendemain) et profiter de massages offerts par l’organisation, en fait plus des papouilles qu’autre chose mais ainsi le temps passe…

Notre repas en bord de mer est l’occasion de voir défiler un nombre impressionnant de « sirènes », qui nous médusent…L’ambiance de cette plage est on ne peut plus cool : des jeunes jouent au foot les pieds dans l’eau, d’autres chantent avec des percussions, les serveurs nous prennent en photo, tout coule…Depuis le début de notre séjour je n’ai jamais ressenti la moindre tonalité agressive, la différence avec la France est, de ce point de vue, assez énorme.

Par trois fois dans la journée je vois David Tinker Juarez (avec l’Espagnol Salamero, l’homme à battre dans ma catégorie ?), une Américaine me dit qu’il est moins fort qu’avant en cross court car il s’est spécialisé dans le marathon…Wait and see.


Riding with Shimano.


Le paddock est relativement conséquent, les coureurs sont globalement très bien accueillis, les organisateurs semblent à notre service, les petits drapeaux nationaux à coller sur le casque sont offerts (à Pra-Loup ils étaient payants), les masseuses sont souriantes, bref, la dolce vita côtoie sans roblème la violence du parcours.

Shimano offre aussi ses services. Deux mécaniciens chemisés XTR règlent les problèmes et les dérailleurs. Ils sauvent la mise à Jean Malot, victime d’un « cliquet sauteur » sur son corps de roue libre. C’est toujours bon pour le moral de savoir que la puissance sera transmise dans les côtes à 25%...voire 30 pour les trente mètres les plus raides du circuit.


Pas fatigué ?


En fin d’après-midi je me masse et m’étire, je ne me sens pas du tout fatigué comme la veille. Après un repas du soir relativement frugal (on n’a pas fait grand-chose l’après-midi), je termine la fascinante lecture de Le visage de Dieu des frères Bogdanov et je m’endors vers 21h45, avant de me réveiller vers 4h30 avec la nette sensation d’avoir suffisamment dormi. Je reste néanmoins au lit jusque 6h15 (équivalent 10h15 françaises).


Impossible d’être sec…


Ce vendredi 10 septembre 2010 en me levant, je regarde le degré de séchage d’un t-shirt lavé deux jours auparavant…Toujours pas sec ! L’air est vraiment très humide ici. D’ailleurs, par hasard j’ai conservé (sans le protéger) un morceau de pain de l’avion, une semaine après notre arrivée il n’est pas encore dur ! En montagne il l’est quelques heures après son achat…

Bref, en forme ou pas, sur ce championnat du monde on ne peut pas être « sec » !


Un Fossé entre André et Jupillat !


Le vendredi 10 septembre 2010, place aux dames à 8h30 puis aux hommes (55-59 ans et 60 ans et plus). André Fossé est très organisé, précis dans ses timings sans s’affoler…On sent le « coursier ». Rappelons que toutes disciplines cyclistes confondues il a 412 victoires au compteur ! Moi je ne compte pas vraiment mais je suis certain d’en avoir moins !

À 10h30 il démarre…à 11h53 il a une 413ème victoire ! Et, cerise sur le gâteau, devant un autre Français, l’éternel Christian Jupillat.

Pourtant André, moins expérimenté en vtt que sur route, craignait les sections techniques du parcours. Mais il a une grande capacité à enregistrer et exploiter les informations et conseils qu’on lui donne. En course il a exploité tous les conseils de trajectoires qu’on avait pu lui prodiguer, il se souvenait des détails d’une vidéo du parcours qu’avait faite Jean Malot…Une vraie machine à apprendre !

Christian Jupillat fait une belle course, avec André jusqu’à la mi-parcours avant de lâcher environ trois minutes.

Mais au final les deux concurrents français prennent les deux premières du podium, impossible de mieux faire !

André est nettement plus ému par ce second titre mondial que par le premier (l’année dernière) car en 2010 tout avait été un peu de travers pour lui : bris de matériel, turista à Méribel, chutes…Il a d’ailleurs chuté à un kilomètre de l’arrivée mais en est quitte pour une « pizza à la tomate » au bras droit.


Éminents hymnes…


Après les courses du matin ont lieu les premiers podiums, qui nous permettent de découvrir la fièvre sud-américaine. Une des dames victorieuses est argentine, son hymne est repris en cœur par une bonne cinquantaine de personnes, leur énergie vocale est très émouvante, la gagnante argentine pleure à chaudes larmes, c’est très beau !

Parfois on regretterait presque de ne pas être plus sensible afin de pouvoir vivre de tels moments sur un podium…Mais déjà, si je vivais l’émotion de (re)monter sur la plus haute marche, ça me suffirait amplement !


Pizza la veille d’une course…Pas bon !


Après la course des « 60 ans » je fais un tour de circuit avec Jean Malot, c’est devenu plus sec, plus rapide, voire fuyant par endroits…à 200m de l’arrivée je pars en glissade et je chute ! Je m’en tire avec une grosse « pizza » en  bas de la fesse droite. Elle ne me pose pas de problème pour pédaler, mais pour dormir il faudra voir…André Fossé me passe du Tulle Gras + pansement, merci Dédé !


…Et un problème technique !


à Pra-Loup j’ai commencé à ressentir une sorte de jeu dans l’arrière du vélo. J’ai vérifié tous mes serrages (biellettes, patte de dérailleur, insert métal d’alignement du disque, etc.) mais tout était OK.

Pourtant, ce jeu est devenu plus perceptible au Brésil où, dans la grande montée roulante en particulier, je sentais ma roue arrière se « dérober » en danseuse…Perturbé, je n’en parlais néanmoins à personne, jusqu’à ce vendredi 10 septembre 2010 où en manipulant ma roue arrière je décèle un jeu effrayant, comme si mon axe arrière était cassé !

On démonte, on vérifie les serrages…Rien !

Puis, en remontant ma roue, je constate comme une encoche dans le carbone de la patte arrière gauche. Visiblement celle-ci a été marquée par le blocage (KCNC). Après essai de diverses solutions je change pour le blocage Shimano de ma rue de secours, je le serre fort…plus de jeu !

Mon moral s’éclaircit quelque peu…


Cinq tours !


Le terrain a séché, les trajectoires se sont marquées, tendues…L’Italien Silvano, en 55-59 ans, met 1h03 pour faire trois tours, du coup le président des commissaires m’informe que demain il faut s’attendre à 5 tours…Plus de 1500m de dénivelé en 30km ! Il ne faudra pas s’énerver au départ.

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