Au bord du vide.

Article publié dans la rubrique Entraînement, Psychologie

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On évoque souvent le spleen qui survient après un objectif majeur, sportif ou pas d'ailleurs. Je viens d'en faire l'expérience, heureusement adoucie par mon environnement familial...En rentrant des championnats du monde masters vtt du Brésil, sur le coup je n'ai pas eu l'occasion de subir le "vide post-compétitif". Je me levais le lundi 13 septembre à 6h30 du matin pour aller au travail, soit 10h30 après mon retour à la maison. Pas le temps de gamberger, tant mieux.


Après le travail j'avais un maximum de choses à  ranger, communiquer, classer, tant mieux à nouveau.


Le mardi, journée complète de travail, parfait. Le soir, Jules  veut jouer au foot, très bien.


Le mercredi, ce fut "intermédiaire" : travail le matin donc pas d'ennui, puis vélo de route à 13h30...où j'ai commencé à ressentir le vide : pourquoi roule-je? Quand on fait des sorties à thème depuis 6 semaines, on trouve cela bizarre de rouler juste par habitude ou parce qu'on aime ça!


Le jeudi fut pas mal rempli par le travail, pas le temps de cogiter, nickel.


Puis vient le vendredi où, après avoir mis à jour des listes de classe et des cours, je termine la matinée en allant aux noisettes (maigre butin...), puis mange avec Jules et son petit copain Benjamin. Eux ne s'ennuient jamais! En ce moment leur dada c'est la "guerre mondiale", ils se sont mis en tête de creuser une tranchée au beau milieu de notre "pelouse" (notre végétation devrait-on dire...). Et ils creusent avec une belle envie! ''Comme ça si quelqu'un attaque on pourra se protéger''...Trop mignons les petits en temps de paix.

Le vendredi après-midi, après avoir fait quelques broutilles sur l'ordinateur, je décide d'aller rouler. Route ou vtt? J'hésite jusqu'au moment de mettre les chaussures. Il faut se décider. Ce sera route.

Je pars...et hésite sur la direction à prendre à chaque carrefour. Où aller, comment rouler? A la différence de l'avant-veille je suis seul, j'hésite plus. Après 7km je suis prêt à retourner! Je roule finalement 1h15 et 39km, mais avec, pour la vraie première fois de la semaine, cette désagréable sensation d'absence d'objectif.


J'étais tendu depuis 6 mois vers les championnats de France - Europe puis du monde masters, maintenant je ne peux que me relâcher et comme chaque fois c'est moins agréable que les périodes de "tension". Julien Absalon expliquait cela très bien dans une interview pour Sport & Vie après les Jeux de Pékin 2008, précisant néanmoins qu'il avait mieux prévu l'affaire qu'après son premier titre olympique en 2004 à Athènes. Dans VTT Rouler plus vite je pointe d'ailleurs l'importance de savoir "planifier sans planifier" ses activités après un objectif majeur. Il faut organiser des activités moins organisées...Moins organisées parce qu'il importe de se détendre, organisées quand même parce que le relâchement total peut être source d'excès en tous genres (nuit écourtées, fêtes excessives, boisson...), qui rendent plus difficile la remise en route sportive.


Heureusement pour moi, mon environnement familial proche est sain, agréable, stable...Par ailleurs mes championnats de France - Europe et du monde, même si je ne termine ''que'' 2ème aux ''Europe'' et aux ''monde'', sont globalement une réussite (je suis champion de France).


Ainsi le samedi 18 septembre je passe la matinée à nettoyer des bosses et traquer les champignons avec mon petit Jules, puis l'après-midi à nettoyer le jardin et jouer au foot, toujours avec mon petit Jules qui, le soir, a son compte, d'autant qu'à chaque moment de liberté il continue de creuser sa tranchée! La ''pelouse'' est devenue un vrai champ de bataille.


Championnats réussis + environnement familial positif = spleen post-compétitif très atténué...Cela peut être très différent pour un coureur ayant tout mis en oeuvre pour atteindre un objectif mais qui, d'une part, le rate, et d'autre part se retrouve isolé à son retour (l'échec sportif peut d'ailleurs favoriser l'isolement au retour de la compétition...).


Dans la performance tout compte...comme dans la vie.

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