Ne pas s’enflammer!

Article publié dans la rubrique Diététique, Entraînement, Psychologie

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La couverture du N° 122 de Sport & Vie (septembre - octobre 2010) affiche un titre racoleur : Cancer et sport : les analyses qui font frémir! De quoi s'agit-il?

A l'intérieur du magazine, un nouveau titre : Sport et cancer : même combat! où Denis Riché traite principalement du caractère inflammatoire du sport intense, qui peut être à l'origine de diverses infections, ou au moins les favoriser. NB : il explique aussi que la sédentarité excessive produit le même genre de dégâts. Entre deux maux, le moindre serait certainement une activité "modérée" (mais qu'est-ce que cela signifie?).


Le contenu de notre assiette apparaît comme un complément (alimentaire...) au sport, pouvant soit atténuer soit renforcer l'effet inflammatoire du sport intense. Une alimentation de faible densité nutritionnelle (beaucoup de calories vides) aura tendance à renforcer cet effet négatif. Au contraire, de bonne densité nutritionnelle (notamment grâce à la présence de nombreux végétaux frais différents, mais aussi de poissons, voire d'aliments de culture biologique qui ont tendance à contenir plus de sélénium), elle peut aider à protéger des dégâts inflammatoires.


Bref, manger plus varié, plus naturel, plus cru, semble utile pour prévenir l'excès d'inflammation produit par le sport intense.


...Et aussi prendre une boisson énergétique pour chaque entraînement d'une durée supérieure à une heure! Denis Riché cite une expérience réalisée en double aveugle "boisson énergétique contre placébo", à l'issue de laquelle on dosait chez tous les participants le pourcentage de molécules oxydées...qui s'avérait largement supérieur dans le groupe placébo. L'usage d'une boisson énergétique à l'entraînement d'endurance d'une heure ou plus semble un moyen efficace de réduire les agressions radicalaires.


Denis Riché ajoute : "Le problème de nombreux sportifs serait qu'ils n'appliquent pas ce conseil à la lettre."


Il a certainement raison! De très nombreux sportifs, y compris de haut niveau, font leurs sorties courtes ou de récupération "à l'eau claire", estimant que pour une telle durée ou intensité l'apport énergétique est sans importance. Pire, certains font toutes leurs sorties d'entraînement "à l'eau", y compris les longues "pour s'affûter"! Manquant de glucides, ils sollicitent alors les protéines pour la fourniture énergétique. Ce faisant elles sont moins efficaces pour les tâches qui leur sont normalement dévolues (construction musculaire, protection immunitaire...). Après ils s'étonnent d'avoir mal aux jambes au repos, de perdre de la masse musculaire, de tomber malade fréquemment...


Comme je l'explique dans VTT Rouler plus vite, ce "rationnement à l'effort" peut provoquer une fatigue non-récupérable en lieu et place de l'effet de surcompensation recherché. Remarquez, le couple "sédentarité - excès alimentaires" entraîne des dégâts similaires, comme quoi, comme souvent, la "vérité" est dans l'entre-deux, dans l'optimum...Par exemple 40g de boisson Windose (pour ce qui me concerne), diluée dans 2 bidons quand il fait chaud ou 1 bidon quand il fait froid.


"Pas d'apport énergétique si on ne fait rien - apport énergétique régulier si effort d'endurance"...c'est du bon sens.  Hors effort les calories ingérées et non dépensées se transforment en graisse ; à l'effort d'endurance cela ne risque pas de se produire, tout en évitant une fatigue excessive. Alors pourquoi de si nombreux sportifs, parfois férus de connaissances diététiques, roulent sans apport énergétique?

Du physiologique au psychologique...



Certains - psychorigides? - malgré la répétition des erreurs, ne modifient pas leur comportement. Soit ils croient vraiment qu'en évitant l'apport énergétique à l'entraînement ils augmentent leurs chances de s'affûter (en réalité ils risquent de se goinfrer après l'entraînement et de manger plus au final!), soit ils agissent ainsi malgré leur connaissance de l'effet négatif, c'est plus fort qu'eux, ils sont "addicts" du rationnement à l'entraînement (puis ils invoquent une fatigue inexplicable en fin de stage, de saison...). Un peu comme les adeptes des pneus hyper-lights qui continuent de les monter malgré les crevaisons répétés (et l'invocation de la malchance...).


Pourquoi cette psychologie rigide? Je ne sais pas. Je sais en revanche que ceux qui corrigent rapidement leurs erreurs progressent plus que ceux qui les répètent!


Au final, même si la pratique du sport est intense voire extrême, le mode de vie gagne à être équilibré, modéré en quelque sorte. La problématique de l'apport énergétique rejoint celle de l'alimentation en général : jamais de démarches extrêmes (comme les régimes, que je fustige dans le chapitre maigrir de VTT Rouler plus vite), seulement des efforts continus, progressifs, variés...et soutenus par un apport énergétique, d'autant plus justifié qu'à ce moment-là, vous brûlez plus de calories que vous n'en apportez.


Vous brûlez d'envie de progresser? Ne vous enflammez pas pour autant!

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