Contador n’a rien fait de mal?

Article publié dans la rubrique Dopage

Cet article parle de : , , ,

Il y a quelques jours, en plein championnats du monde cyclistes sur route, on apprenait qu'Alberto Contador avait été contrôlé avec des valeurs anormales (pas vraiment positif) à l'occasion d'une des journées de repos du Tour de France 2010, qu'il a remporté. Le produit en question : le Clenbutérol, un anabolisant, dont on a retrouvé quelques picogrammes (10-12g) dans les urines de l'Espagnol. Un taux en-deçà de la limite du dopage.


Alberto Contador plaide la possible contamination par une viande qui aurait contenu du clenbutérol. Interrogé à ce propos sur France 2 dans les jours qui ont suivi l'annonce de l'affaire, le docteur De Mondenard, grand spécialiste du dopage, disait que l'explication était plausible. En effet certaines viandes peuvent provenir d'éleveurs peu scrupuleux qui donnent des anabolisants à leur bétail (en toute illégalité), anabolisants dont il reste des traces ensuite dans la viande. Traces à doses infimes, qui correspondent à celles retrouvées dans le sang de Contador.


On peut aussi penser aux microdosages dont certains cyclistes usent maintenant, qui dopent moins que les forts dosages mais permettent de rester négatif aux contrôles. Hypothèse elle aussi crédible car les coureurs ont grimpé moins vite les cols "tests" du tour que pendant, par exemple, les grandes années "Armstrong - Ullrich".


Mais je viens de tomber sur cet article qui donne une toute autre vision des choses, très crédible elle aussi.


L'article provient de http://www.sudouest.fr/2010/10/02/contador-se-transfusait-il-200871-8.php et dit ceci:



"Alberto Contador va peut-être devoir trouver une excuse plus poussée que la viande contaminée au clenbutérol pour se défendre. Hier, le journal l'équipe a révélé que le laboratoire de Cologne (qui a refusé de commenter l'information) aurait décelé des résidus de plastique dans le sang du coureur espagnol. Des traces similaires à celles que l'on retrouve généralement à la suite d'une transfusion sanguine et qui proviennent de la poche qui sert à stocker le sang prélevé et réinjecté.


En clair, Contador est désormais soupçonné d'avoir eu recours à une autotransfusion sanguine. Cette hypothèse, si elle était avérée, éclairerait d'un jour nouveau l'affaire des traces de clenbutérol retrouvé dans l'organisme du vainqueur du Tour à la suite d'un contrôle, le 21 juillet, jour d'étape de repos. En effet, cela signifierait que l'Espagnol se serait injecté du sang (vraisemblablement le 21 juillet) qu'il s'était prélevé lui-même à une époque où il contenait du clenbutérol (probablement en hiver).


On serait évidemment là face à un cas de dopage lourd et une suspension pour deux ans (assortie de la perte du Tour 2010), ne ferait pas de doute. Avant lui, son coéquipier chez Astana Alexandre Vinkourov est déjà tombé pour les mêmes raisons. C'était en 2007, il avait alors quitté le Tour à Pau, au lendemain de sa victoire à Loudenvielle.


Hypothèse plus crédible

 

À vrai dire, l'hypothèse d'une transfusion est beaucoup plus crédible que la simple prise de clenbutérol, un produit que tous les spécialistes s'accordent à décrire comme dépassé, car trop facile à détecter dans son utilisation habituelle. La transfusion en revanche, est un type de dopage beaucoup plus répandu, car elle est encore difficile à déceler lorsqu'elle est « bien » pratiquée. « Si les dates (du contrôle) sont les bonnes, il est plus probable qu'Alberto Contador ait fait comme Landis et soit devenu imprudent dans ses autotransfusions », juge un expert danois, Rasmus Damsgaard, appuyé par une remarque du professeur Audran, hématologue et spécialiste de l'antidopage : « On le sait depuis des années : c'est en montagne que les coureurs se font des transfusions sanguines ». Or le contrôle en question a été pratiqué à Pau le 21 juillet, veille de la grande étape pyrénéenne qui arrivait au sommet du Tourmalet. Ce jour-là, Contador et Andy Schleck s'étaient livré un mano a mano impressionnant…


Alors, Contador va-t-il tomber ? Les choses ne sont pas aussi simples. Car la méthode de pointe utilisée par le laboratoire de Cologne est seulement en cours de validation et donc pas encore homologuée. En l'état actuel des choses, des poursuites disciplinaires s'annoncent donc délicates, du moins sur le volet transfusion."


Comme diraient les commentateurs sportifs, là ce n'est plus la même salade. Mais il y a de fortes chances que, au vu de l'incomplète validation du test du laboratoire de Cologne, de la motivation des avocats à s'engouffrer dans toute brèche et des intérêts du Tour de France qui n'a, justement, aucun intérêt à se voir sali une fois de plus, l'affaire en reste là...


Pas simple la lutte antidopage...

Imprimer cet article Imprimer cet article