Encore un stage réussi!

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21 novembre 2010, 8h du matin, j'arrive au site de Mélaire, un fin grésil tombe...Pourtant ce sera une chaude journée! Le stage vtt que j’ai mis sur pied a fait le plein de participants, et de jeunes. 40 de moins de 18 ans sur 55 inscrits, roulez jeunesse !


Comme souvent, la veille du stage est un très bon moment, parfois je me dis que c'est le meilleur. Depuis un mois j'ai passé 40h à bosser à la scie, pioche, râteau (jamais d'engin à moteur si possible), et à créer des traces avec mon vtt. Suite à quelques difficultés causées pas nos « amis chasseurs », il a fallu créer un nouvel atelier le samedi 20, et en déplacer un autre. L’atelier « sauts de bosses » est supprimé, et en 1h30, à 10 paires de mains, on déblaye un trou et ses alentours afin de créer un atelier « descentes raides ».


Plus la journée du samedi avance, plus on se marre! Tout en mettant la touche finale aux huit ateliers que je "polis" depuis quelques semaines :

1)    Départs (logique, non ?), avec, comme dans mon livre VTT Rouler plus vite, un paquet de variantes. A la fin de la journée, plusieurs stagiaires me disent ''C'est fou comme on peut rester motivé longtemps si on varie les départs et qu'on les rend concrets, avec une ligne de départ, des virages et une ligne d'arrivée...'' C'est pour cela que je propose une situation "multivariée" pages 262 à 264 de VTT Rouler plus vite.


2)    Bunny-hop. Je suis toujours à la recherche de la meilleure manière d'enseigner cette habileté. De nombreux vététistes essaient de faire un bunny-hop en tirant sur le guidon et en avançant les épaules, alors qu'il faut commencer par reculer les épaules et tendre les bras afin d'alléger la roue avant...Avec un groupe, pendant un quart d'heure, j'exploite une légère compression suivie d'une bossette pour sentir et augmenter l'allègement du vélo en sortie de bossette. Ca fonctionne plutôt bien, il y a des progrès sur un passage de tronc "test".


3)    Mini-cross technique trialisant sans dénivelé. Sur cet atelier, plusieurs passages proposent des choix de trajectoires, et surtout je l'ai tracé sans flèche ni rubalise, juste en repoussant les branches, épines de pins et feuilles sur le bord de la trace, au râteau. Ca m'a pris au moins 10h! Mais au final le marquage est bien visible et très écologique. Et on trouve une grande densité de difficultés variées : passages dans les racines, 4m dans des pierres rapportées, un virage hyper-serré avant une minimontée, trois escaliers à monter, dix escaliers à descendre, une marche de 50cm évitable (imaginée par le jeune Valentin Clément, sculptée par ma pioche...), un dévers avec "passage à niveaux" (bas - intermédiaire - haut, de plus en plus difficiles), une bosse à sauter, une enfilade de virages entre des sapins...On utilisera une partie de ce tracé pour l'interrégion vtt (et championnat de Champagne) qu'on compte organiser le 15 mai 2011...


4)    Dual-slalom, avec une anecdote cuisante pour ma pomme : vers 11h du matin  je rejoins un groupe de filles des Baroudeurs de Ligny. Je propose à l'une d'entre elles de partir deux portes devant moi afin d'égaliser les chances à l'arrivée, du moins le crois-je...A l'arrivée je suis toujours deux portes derrière ! Je lui propose alors de partir à son niveau mais moi sur le parcours le plus difficile...Je me fais taper! Je lui propose alors de se mettre sur le parcours le plus difficile...elle me bat encore! Max Dhont, qui dynamise les Baroudeurs, me dit alors qu'elle va bien en dual..."Merci Max, justement elle vient de me montrer"...


5)    Motricité, dévers, « montées impossibles ». J'ai créé une boucle d'une centaine de mètres comportant quelques passages plus ou moins déversants (choix de trajectoires) sur le plat ou en légère montée, où il faut "charger" sur la roue arrière tout en maintenant le vtt bien vertical pour trouver l'adhérence, s'en sortir "par l'attaque" plutôt que d'être sur la défensive. J'ai aussi trouvé un enchaînement de virages en descente où il s'agit de freiner uniquement du frein arrière, on comprend ainsi que moins on touche au frein avant, mieux le vélo tourne. Plus deux "montées impossibles" (en fait pas trop extrêmes" qui montrent comment travailler la force de manière ludique et très spécifique au vtt. L'une d'entre elles suivant une descente, elle est d'autant plus facile que la descente a été bien maîtrisée.


6)    Mini-cross technique – physique. C''est le seul atelier un peu trop difficile pour les plus jeunes, surtout avec les conditions météo. Leurs encadrants les ont mis un peu sur le côté, afin qu'ils jouent sur des amuse-gueule plus adaptés à leurs possibilités naissantes. Cette boucle d'environ 400m comporte deux montées abruptes de 3 à 5m, 3 troncs à franchir, une descente raide en dévers, 3 marches glissantes à monter (à prendre de face sinon elles glissent!). Dense...


7)    Libérer la roue avant – arrière. Wheeling, faire partir un caillou avec roue avant – arrière, déraper de la roue avant, même en pédalant, toucher et / ou pousser la roue arrière d'un copain avec sa roue avant, faire déraper la roue arrière en accélérant, taper un caillou en balançant la roue arrière de côté, déraper latéralement mais sans tomber, "bloquer" la roue avant - décoller la roue arrière et pédaler dans le vide roue arrière soulevée...


8)    Descentes raides. L'atelier créé la veille. Un "ancien", présent en observateur, me dit "Je ne savais pas qu'on pouvait descendre des trucs comme ça en vélo!" Je lui précise que certains vététistes en descendent de bien pires, il demande à voir! Sur cet atelier je suis frappé par l'efficacité des consignes concrètes. Dire à quelqu'un de se "jeter" est très risqué, alors que lui dire de reculer les fesses derrière la selle, lâcher le frein avant et bloquer le frein arrière dans le passage le plus raide, regarder l'endroit où l'on veut aller (pas l'endroit où l'on est)...est très efficace. Par ailleurs cela décentre du stress pour se focaliser seulement sur ce qu'il y a à faire, c'est mieux que de se dire "Putain il faut que j'y arrive!"...Comme en course.


Avant le stage je suis venu sur le site une quinzaine de fois en voiture et une dizaine de fois en vtt, afin de préparer les ateliers. La veille on a tout fini de mettre en place, dans une ambiance, disons, croissante...A la fin de la journée, Valentin était tellement chaud qu’il m’a carrément pourri en m’aspergeant grâce à une ruade de roue arrière dans une flaque de boue…On peut le dispenser d’atelier 7 !


Le samedi soir je suis rentré chez moi vers 18h…Puis vers 21h je suis remonté au site du stage, le superbe site de Mélaire au-dessus du petit village de Poissons (demandez à Google Earth)…Je voulais m’assurer que rien n’avait été dégradé car des jeunes montent parfois faire la fête là-haut et après quelques bières ils ne savent plus trop ce qu’ils font. Mais tout était OK. Par ailleurs un stagiaire dormait sur place en camping-car, une présence humaine peut-être dissuasive. J’en ai profité pour causer un peu et tracer quelques lignes au plâtre à la lumière des phares de la voiture, avant de rentrer chez moi vers 22h. Ambiance nocturne, magique.


Le dimanche matin j’étais sur place dès 7h45, par un degré et sous un fin grésil avant l'arrivée des stagiaires. Pour présenter les huit ateliers, je leur ai donc demandé de courir de l’un à l’autre, ça réchauffe plus ! A 10h30 je lançais enfin les groupes sur les rotations, pour moi le stage était fini en quelque sorte. Je veux dire : je pouvais enfin respirer à l'idée qu'après un mois de préparation tout allait bien se passer pendant quatre à cinq heures...


A 13h on a mangé. Le dessous de l'assiette de pâtes m'intéressait autant que le dessus : on pouvait y réchauffer ses mains! Les préposés au repas avaient aussi fait un feu qui a fait des heureux à la fin du stage, notamment Jules qui a réussi à le faire repartir alors que les autres avaient versé dessus un jerrican d'eau pour l'éteindre! Ce petit a le feu sacré...J'en profite pour adresser mes plus vifs remerciements à toutes celles et ceux qui ont contribué de près ou de loin à la réussite du stage!


Comme d’habitude, l’atelier départs a connu un gros succès, des empoignades terribles, des rigolades énormes, des tricheries fumeuses (en fin de journée on m’a bloqué au moins trois fois de suite par la roue arrière, j’ai cru que j’allais passer par-dessus le vélo !).


A la fin de   la journée (quand Jules s'activait auprès du feu dans le noir croissant...), j'ai attendu, avec quatre jeunes, que leurs parents viennent les rechercher. La nuit tombais, le site retournait à son état naturel : calme absolu, seulement rompu par quelques cris de bêtes ou des bruissements du vent dans les branches. Le silence était là, mais ma mémoire était encore emplie des cris de joie et d'effort de cette belle journée!


L'atelier "se serrer pour se réchauffer" !

Du lundi 22 au mercredi 24 je me sens complètement "mort"...Comme si la pression retombait après les 12 sessions de travail à la main sur le site, les 10 sorties vtt pour faire les traces, la journée d'encadrement...Je laisse tomber tout entraînement personnel, je n'en suis pas capable. Puis du mercredi au jeudi je dors 10h et ça va un peu mieux! Life goes on...

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