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Article publié dans la rubrique Entraînement

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Mon livre VTT Rouler plus vite consacre un important chapitre à l'adaptation à l'altitude, notamment parce que de nombreux championnats de France vtt se déroulent "en haut". Dans le dernier numéro de Sport & Vie, dans un article riche en références scientifiques, Rémi Mounier et Vincent Pialoux traitent une problématique un peu différente : les bénéfices de l'altitude, mais surtout en vue de la production d'une performance en plaine.


Après analyse de nombreuses expériences scientifiques, ils concluent à l'existence de "bons" et de "mauvais" répondeurs à l'altitude. En clair, certains tirent bénéfice de stages en altitude (ou de séjours en caisson hypobariques) pour produire des performances en plaine, d'autres n'en tirent ni avantage ni inconvénient, d'autres encore voient leurs performances en plaine régresser après un stage en altitude.


En ce qui me concerne, j'ai toujours envisagé les stages en altitude dans l'optique d'une préparation à une épreuve courue en altitude elle aussi. Je ressens la même chose que ce que décrivent les auteurs de l'article : en altitude on n'atteint pas les intensités (puissances) d'entraînement produites en plaine, et si on les atteint, c'est au prix d'efforts qui transforment le stage en entreprise d'épuisement. En revanche, si le timing est bien géré, on se sent bien (moins amoindri) dans une course en altitude courue environ deux semaines après la fin du stage (plus de détails dans VTT Rouler plus vite).


Je ne conçois donc pas de programmer un stage en altitude en vue d'être performant pour un objectif "en bas". Dans ce cas-là je préfère effectuer un stage dans des conditions similaires à celles de l'objectif. Par exemple, cette année, en vue des championnats du monde au Brésil, je chercherai des côtes très raides et peu techniques, si possible gravies en conditions chaudes et humides, au niveau de la mer. Ca me paraît sensé, logique.


Les auteurs évoquent bien sûr le LHTL (Living High Training Low), qui consiste à vivre et dormir en altitude, mais à redescendre en vallée pour s'entraîner, donc pouvoir produire des intensités élevées sans risque d'épuisement exagéré. Intéressant en théorie, mais lourd d'un point de vue logistique, et très polluant du fait des multiples allers retours station - vallée.


Surtout, les auteurs concluent qu'avant de programmer un stage en altitude en vue d'un objectif majeur en plaine, il faut avoir essayé la méthode et s'être assuré qu'elle fonctionnait sur sa propre personne. Je suis bien sûr d'accord. La démarche doit d'ailleurs être identique pour un stage en altitude en vue d'une épreuve en altitude, notamment afin de régler le timing, quelques jours de récupération en plus ou en moins pouvant notablement modifier le rendement le jour J. Ce n'est pas par hasard si, dans VTT Rouler plus vite, le chapitre traitant de l'altitude a été rédigé au terme d'observations et d'alternances échecs - réussites sur plus de dix ans! C'est de cet imposant ensemble qu'on pu émerger les grands principes décrits.


L'altitude ne sera pas le fil rouge de ma préparation aux championnats du monde masters le 23 juillet et Brésil, ni aux championnats de France fin août en Ille et Vilaine, tous deux courus au niveau de la mer...Ce ne sera pas la plage non plus! Entre les deux, il existe un juste milieu :


les côtes raides

en bord de mer...

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