Bon sang!

Article publié dans la rubrique Entraînement

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Qu'est-ce qui m'a poussé à franchir la porte du don du sang ce mercredi 26 janvier à 17h30 à Joinville?  Depuis plusieurs années, je crains que ce geste, pourtant éminemment solidaire, ne  favorise, à cause du volume d'entraînement, la survenue d'une grosse fatigue et d'une anémie. Celle, carabinée, que j'ai contractée en 1994, m'a échaudé. Alors chaque fois ou presque que l'occasion se présente, j'ai envie de le faire, puis j'hésite et finalement atermoye...sauf en 2003, allez savoir pourquoi.


Depuis sept ans,  je n'avais donc pas donné mon sang, par "égoïsme sportif" d'une certaine manière. La performance avant tout. Remarquez, il y a pire, certains "champions" se font prélever du sang...pour eux-mêmes! On appelle ça transfusion autologue et c'est du dopage.


Mais revenons aux bonnes actions. A 17h30 j'entre dans la salle des fêtes de Joinville. Juste avant j'ai acheté une  portion de coeur et de cervelle de veau, et de boudin noir. Sources de fer...

Je sors de 9h de boulot dont 4h de gym où j'ai beaucoup participé avec les élèves. J'ai peu mangé à midi, j'ai faim.


Je réponds à un kilomètre de questions d'ordre sanitaire, avant une brève discussion avec un médecin qui me demande si je n'ai pas faim ("Non, pas de problème"...) et à qui je confie mes craintes de donner mon sang par peur de l'anémie. En réponse, j'obtiens plusieurs conseils : pas d'entraînement pendant deux jours, boire beaucoup d'eau pour reformer plus vite le volume plasmatique, se limiter à un don par an (j'ai de la marge!), voire se limiter à un don de plasma où les globules rouges ne sont pas prélevés (mais qui dure une bonne heure...avec un bon livre ça passe).


Comme je n'ai pas donné depuis longtemps, je dois subir un dosage de l'hémoglobine. En deux minutes je suis fixé : 13,2mg/litre. Je ne savais pas que cela se dosait aussi vite. Je comprends mieux les histoires de dopés qui évaluent et modifient très rapidement leur taux de ceci ou de cela à l'arrivée des "contrôleurs inopinés"...Mais revenons à mon taux. Il est "limite bas" en comparaison de ceux que j'affiche lorsque je suis en forme (autour de 15,5mg/litre, et lors de mon anémie de 1994 j'étais à 10,2). Lors de différentes phases de début de fatigue j'étais justement aux alentours de 13...Par ailleurs, après une période de grande condition physique, j'observe depuis 8-10 jours une diminution de mon dynamisme, une envie de dormir précoce le soir, une sensibilité légèrement accrue au froid...


Rien d'alarmant, mais je prends la résolution de ne pas m'entraîner pendant deux jours (je sais que ce sera dur à tenir!), d'enchaîner avec une semaine légère (réduction du volume et de l'intensité) et d'augmenter mes apports en fer. L'expérience m'a montré que lorsque je réalisais ce genre de mini-coupure, j'en ressortais très "amélioré".


Anecdote 1 : la médecin - préleveuse me dit "Vous, au moins, vos veines on ne peut pas les manquer." Amusé, j'ajoute que j'ai les mêmes au niveau des mollets...Plus sérieuse, elle me fait remarquer "Vous avez de la chance, vous ne pouvez pas savoir comme cela peut être important quand on a besoin de trouver rapidement une veine, par exemple en cas d'accident grave, on gagne un temps fou avec les gens aux veines bien visibles."


Restons affûtés bon sang!


Anecdote 2 : après le don du sang je rentre chez moi, il est 18h30, on mange en famille, je mange de bon coeur (de veau...), je me sens plutôt fatigué (à cause des 480ml prélevés?). Vers 20h20 je fais la lecture à Jules dans son lit, puis je me pose devant la télé avec l'objectif de ne rien faire de spécial...Je m'endors. Lolo me trouve là vers 23h, me dit d'aller me coucher, je réponds à peine, elle finit par y aller seule après avoir éteint la télé qui tournait pour rien...Je dors encore, sur le canapé, jusqu'à 3h43! Un truc qui ne m'était jamais arrivé...


Je me couche enfin dans mon lit à 3h45, je me réveille à 7h34.


Bon sang, quelle nuit !!

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