Les animaux cachés.

Article publié dans la rubrique Ecologie

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Un de mes amis a pour nom Duchêne, déjà c'est prometteur...Ce matin il a précisé à mon petit Jules  "Attention j'ai un nom à particule, mon nom entier c'est Duchêne de la bille sans noeud". Bigre...A mon avis, du haut de ses presque neuf ans, Jules y réfléchit encore, d'autant qu'on lui a expliqué que la bille c'était comme la grume, à ne pas confondre avec l'agrume...Déjà que ce matin il y avait du brouillard, je ne vous dis pas comme Jules était perdu!


Mais non, en fait c'était très sympa. Depuis quelques jours, avec l'ami Bertrand (ben oui, il a aussi un prénom!), on projetait une balade forestière qui permettrait à Jules de voir du gibier. Bertrand en voit parfois beaucoup : chevreuils bien sûr, mais aussi hardes de sangliers, de biches, de cerfs (de la famille des grandes pattes comme il dit)...et oiseaux divers, qui recommencent à gazouiller depuis une dizaine de jours (au fait, vous savez ce que signifie twitter...?).


Aujourd'hui Jules n'a rien vu ou presque. Pas la moindre galinette cendrée, aucune pistourette des bois, même pas un galoupiau...Dame nature ne se donne pas au premier venu, fût-il un gentil petit bonhomme de huit ans trois quarts qui ahane sur son vtt "Muddy Lapierre Tecnic 24 Lite"...En effet c'était très boueux, gadouilleux devrais-je dire. Normal, avant-hier il avait gelé à moins trois, hier ça a dégelé et il a plu, aujourd'hui ça brouillassait. La forêt était une patinoire géante. D'ailleurs rentré chez moi, mon beau-père (qui passe énormément de temps dans la forêt), apprenant que les bêtes étaient restées hors de notre vue, m'a dit tranquillement "C'est normal, elles ne voulaient pas se mouiller les pattes"...avant d'ajouter, rieur "Et puis elles attendent après-demain pour sortir, c'est la fin de la chasse!". Ne riez pas, un jour j'ai vu une trentaine de chevreuils en plaine par paquets de cinq à sept, c'était un jour de chasse, on pouvait les tirer en forêt mais pas en plaine...Pas bêtes les animaux.


Mais quand je dis que Jules n'a rien vu, je mens! On a vu des bauges à sangliers énormes (des marchas selon l'argot de Bertrand) avec des troncs d'arbres râpés sur un mètre de hauteur (les sangliers se vautrent dans la boue et s'essuient contre les troncs), deux bécasses se sont envolées devant nous, deux chevreuils ont traversé (mais Jules, les yeux rivés à sa roue avant, les a manqués), on a scruté des terriers de blaireaux, on a quitté nos vtt pour marcher dans d'épais taillis avec l'espoir de tomber sur des sangliers tapis (à ne pas confondre avec un tapis en sanglier...), on a trouvé des poils de biche en train de quitter leur manteau d'hiver, on a vu des traces partout, partout. Et, au retour, j'ai fait marrer Jules, d'abord en lavant les vtt en les tapant trois fois de chaque côté dans la rivière, puis, sur son incitation, en roulant dans l'eau (glacée...) avec le Zesty.


Après ce lavage écolo, il ne nous restait plus qu'à nous changer, mais Jules avait oublié ses chaussures. Après s'être accroché à moi comme un petit singe pour que je le pose dans la voiture, il est rentré en chaussettes. C'est mieux que pieds nus, positivons. Il était tout guilleret, comme si malgré l'absence d'animaux visibles il avait été imprégné de l'extraordinaire ambiance qui peut se dégager d'une forêt majestueuse et silencieuse. Je crois que ce fut le cas, d'autant que pendant la balade on parlait à voix très basse. On parlait comme ça...



On a un projet...Y retourner!

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