J’étais stressé, attendu…

Article publié dans la rubrique Entraînement, Psychologie

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Après une heure de Zesty en récup active et quelques étirements la veille de ma première course 2011, je regarde un peu  les championnats d'Europe d'athlétisme indoor à Paris à la télé. Je suis interpelé par le discours de Yann Kowal, dépité après une contre-performance sur 1500m, qui dit ceci:" J'avais fait énormément de sacrifices pour ces championnats, j'ai passé six semaines en stage au Kenya et ça ne paye pas"...Puis il ajoute "Il y avait énormément de stress, j'étais attendu, dans ma chambre je ne pensais qu'à cela, je dormais mal..."


Dans attendu il y a tendu...


Combien de fois ai-je vu des compétiteurs - moi y compris! - se planter après une préparation "trop sérieuse" (n'en tirez pas comme conclusion qu'il faut faire n'importe quoi!). Le processus est assez simple : à force de se mettre une compétition dans la tête on y "surpense", c'est-à-dire qu'on finit par y penser même dans les moments où il faudrait récupérer, oublier l'épreuve pour revenir à l'entraînement avec une motivation toute neuve.


Les rapports entre performance et motivation fonctionnent selon une courbe de Gauss (en U inversé). Une motivation faible ne favorise pas la production de performances de haut niveau : on ne s'entraîne pas assez, pas assez dur, on laisse certains aspects de côté (matériel, alimentation, logistique...).

Une motivation excessive ne favorise pas la performance non plus, notamment parce qu'elle conduit à des entraînements trop difficiles, des plages de récupération insuffisantes, l'incapacité à oublier l'enjeu d'où altération du sommeil par exemple (à l'approche d'une grande course il faut savoir parler d'autre chose à un coureur stressé)...

Entre les deux, un degré de motivation optimal doit être trouvé. Il s'agit par exemple de savoir se donner à fond pendant les séries de fractionné mais de savoir rouler tranquille pendant les sorties de récupération...de savoir manger juste à sa faim mais sans se priver...de savoir se coucher tôt mais sans passer toutes ses journées allongé à se ronger les ongles...de trouver un hôtel pour se loger en course mais de ne plus se demander s'il sera bien ou pas dès lors qu'on l'a réservé, etc.

Dans mon livre VTT Rouler plus vite, je traite notamment ces aspects en pages 125 et suite et en page 393 et suite.

Des expériences, menées sur des skieurs, portant sur le degré d'acidité salivaire (qui est fonction du degré de stress), confirment cette relation stress - performance.


Ainsi, mon club organisera les championnats de Champagne - Ardenne le 15 mai prochain (Roc Mélaire VTT). Au sein du club nous sommes tous motivés par cette échéance. Pourtant, il faudra savoir "oublier" l'épreuve pendant la semaine la précédant. Le mieux pour cela? S'entraîner dur sur le parcours de temps à autre jusque fin avril, afin de faire le plein de confiance (et de trajectoires) mais pas après. Ainsi on revient au site du championnat en étant bien entraîné tout en ressentant une certaine "nouveauté" et de la fraîcheur, qui donnent envie de rouler.


Bref, on se prépare mais quand on est prêt on n'en rajoute pas. Cela paraît simple en théorie mais il faut parfois des années pour maîtriser une compétition à domicile. Cela en fait d'ailleurs un bel objectif!

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