Roc Mélaire vtt : ma course.

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Jamais 1h34 de course n'aura passé aussi vite. En fait la course ne fut qu'un moment parmi d'autres de cette "grande et belle journée" où je n'ai même pas trouvé le temps de m'échauffer correctement... Le samedi soir je me couche vers 23h. Un peu tard? Ayant dormi une heure après le repas de midi, j'avais moins sommeil le soir. Le dimanche 15 mai je me réveille à 6h du matin puis je rêvasse jusque 7h où je me lève pour de bon.


Je me pèse : 72,1kg, je suis un kilo et demi en dessous du poids de forme! Je m'en doutais. Quand j'ai de semaines "chargées en stress" comme celles-ci, j'ai tendance à perdre du poids. Souvent dans ces cas-là j'attrape des crampes (on en reparlera). Mais le matin de la course il n'y a plus rien à faire à sinon positiver. Donc je positive...


Je déjeune, prépare mes bidons avec de la boisson Windose : un pour l'échauffement, deux pour la course remplis aux deux tiers...Je n'en boirai qu'un (l'autre me servira pour mon prochain entraînement). Je vais acheter du pain et le journal où un joli article annonce l'épreuve. Vers 8h tombe une averse...J'apprendrai qu'à Mélaire (200m plus haut) c'était de la grêle! Je nourris le lapin...


Vers neuf heures maman et Jules émergent, ça commence à remuer dans la maison. Jules court à 10h40 en pupilles. Il fait très frais (4° à 6h), je me "surhabille" (sous-vêtement chaud, 2 polaires et anorak + bonnet) afin de conserver toutes mes calories.


En arrivant sur le site je suis favorablement impressionné par le nombre de personnes déjà présentes. Ca grouille et c'est tant mieux! Afin de mettre un peu d'animation j'attrappe le micro HF et joue le speaker. J'officie ainsi pour la course poussins (10h30) puis la course pupilles (10h40) où, après 400m, Jules passe en gros dernier! L'explication viendra un peu plus tard : un concurrent s'est couché devant lui au bout de 2 mètres. Comme pour moi à St-Brieuc. Tel père tel fils? Il réalise ensuite une jolie remontée et termine 6ème sur 10, tout près du 5ème. Le soir il veut faire les 5h de Chauffourt le 22 mai, mais ce n'est pas ouvert aux jeunes de son âge, bigre! Je lui propose de l'emmener en "spectateur - joueur", ça l'intéresse aussi... :-)


J'interviewe la petite Solène (poussine) qui répond "Oui" à toutes  mes questions, sauf la dernière : "Veux-tu faire une autre course de vtt?...Non!" Je la rassure : "C'est toujours comme ça à l'arrivée, on ne veut pas recommencer, mais dix minutes après on change d'avis"...Un quart d'heure plus tard Solène revient me voir avec sa mère pour m'expliquer qu'elle avait mal compris ma question : elle veut bien faire une autre course de vtt! Trop mignonne...


Après le départ de la course de 11h (benjamins - minimes et cadettes), je fais un aller-retour à la maison pour chercher de quoi manger et prendre mon vélo. A ce moment-là je pense opter pour pneus et pressions adaptés au terrain sec (Cobra 2.25 devant gonflé à 1,8 bar - Python 2.00 derrière gonflé à 1,8 bar).  Je remonte vers midi. La mise en grille de la course de 12h15 (retardée à 12h45 : cadets - juniors, masters 3-4-5, dames) va débuter. S'ensuit une discussion animée où j'essaie de faire comprendre à Alain Ghiloni qu'il faut ranger les coureurs par niveau et non pas par catégories complètes. Rien n'y fait, le premier master partira avec 25 juniors et 30 cadets devant lui, il doit être en colère. A ce moment de la journée j'ai les boules! Sentiment de tout avoir fait au mieux mais d'être impuissant face à l'erreur d'un autre.


Une averse longue et froide finit de donner à ce départ à 100 coureurs un côté "tendu". La course livre finalement son verdict après que les plus rapides aient réussi à se replacer.


De mon côté j'observe de près l'état des vtt qui passent...Ils sont crottés, des coureurs se plaignent de glisser dans tous les sens. vers 13h15 je prends une décision radicale : redescendre à la maison (à 6km) pour changer de pneu avant dans mon garage, revoir mes pressions à la baisse, me passer de la pommade Windose chauffante, mettre ma tenue de course...A l'avant je monte un Toro neuf que je gonfle à 1,5 bar, à l'arrière je descends la pression à 1,5 bars dans mon Python. Je m'active beaucoup tout en restant surhabillé, du coup je boue à l'intérieur!


Je uis de retour sur le site une demi-heure avant le départ seulement. J'effectue une petite portion du circuit afin d'évaluer le degré d'adhérence. A certains endroits ça glisse fort, à d'autres, mieux exposés, c'est parfait! Un vrai casse-tête. Ne pas se casser la tête, seulement rouler "fin", se faufiler plutôt que bourriner...


Alain Ghiloni nous libère à 15h. J'évacue pas mal de tension dans un premier 200m "de toute beauté" en tête de course...que je paie 100m plus loin quand la pente se redresse encore...J'entre dans le premier singletrack en 10ème position environ, plus ou moins asphyxié. Mais les autres ne vont pas plus vite.


Nous abordons le "trou de moto". 20 mètres après, Sébastien Lefèvre nous gratifie d'un "vol" plus impressionnant que grave...mais impressionnant quand même. Il nous rassure, tout va bien. Dans la section montante et déversante qui suit, je remonte un coureur, puis encore un autre un peu plus loin dans des racines, puis deux autres dont Thierry Masade un peu plus loin...Je poursuis ainsi ma remontée jusqu'à revenir sur le Lorrain Pierre Morque que je dépasse suite à une erreur technique de sa part. J'ai cependant une inquiétude : au bout de 10 minutes de course j'ai déjà des crampes dans les doigts! 72,1kg, je m'en doutais...Mais ça n'empire pas ensuite.


A la mi-course, Ludovic Dubau revient dans ma roue, je lui demande ce qu'il fait là car je le croyais devant...J'étais en tête du scratch et je ne le savais pas! Ludo me passe dans la côte de départ, je me retrouve avec Thomas Collinet et Pierre Morque. Un peu plus loin Thomas Collinet nous gratifie d'une belle accélération alors que je suis un peu "coincé" derrière Pierre (mais je crois que de toute façon Thomas était plus fort).


Commence alors une jolie bataille avec Pierre Morque : au début du dernier tour je le laisse passer car je sens venir des crampes. Je pense qu'il va faire 3 au scratch mais il fait des fautes, il est un peu "à bloc"...Dans un passage technique en montée raide il passe à pied, jepasse en vélo à sa droite. C'est maintenant ou jamais. Je tente le tout pour le tout, à fond et, surprise, ça avance drôlement vite! Je termine le dernier tour comme une balle, en 10 minutes je mets 1'12" à Pierre Morque! Sur la fin j'ai eu des sensations de vitesse "trop bonnes".


Je suis 3ème scratch et champion de Champagne "masters 30" à 48 ans! Ludo Dubau et Thomas Collinet sont respectivement 2'22" et  1'17 devant moi.


J'attrape une carotte et une poire pour manger quelque chose...et le micro pour procéder à la remise des récompenses, qui comme bien souvent s'éternise pour cause de classements à vérifier. L'ambiance reste néanmoins bon enfant, d'ailleurs on est plusieurs à faire venir nos enfants avec nous sur les podiums. Tout cela est très "frais" (même la météo!).


Mon club  l'UCJV finit fort : après avoir remporté 6 courses, il fait disparaître la totalité des aménagements en une demi-heure. Comme si rien ne s'était passé.


Dans un sens c'est un peu vrai, tellement tout s'est déroulé vite...et bien.

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