Les Chemins du Soleil…et de la pluie

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Par quoi commencer pour raconter Les Chemins du Soleil vtt? Pas facile...comme l'épreuve. Epreuve est d'ailleurs le terme qui convient le mieux pour parler des Chemins du Soleil. Plus qu'une course, c'est un "chemin vers soi", une suite de journées extrêmes, des moments pénibles où l'on se bat avec ses limites, surtout lorque, comme ce fut mon cas, on est mal pendant les trois jours, les quatre étapes, les 270km et les 9000m de montée (et autant de descentes).


J'en ai vraiment ch...J'aurais dû m'en douter quelques jours avant l'épreuve, car je ressentais une envie très moyenne de rouler, j'avais des envies de me reposer fréquentes. D'ailleurs le mercredi 1er juin, alors que je me rendais chez l'ami Eric Sacco pour y faire étape avant de me rendre au départ de l'épreuve, j'ai dû m'arrêter au bout de 60km pour dormir une bonne demi-heure dans la voiture.

Avec le recul les choses deviennent souvent plus claires. J'ai le sentiment d'avoir brûlé énormément de cartouches dans un début de saison bien plus compliqué que les précédents au niveau de la logistique, et surtout, l'organisation de Roc Mélaire le 15 mai m'a un peu laissé sur le flanc. J'ai d'ailleurs ressenti pour la première fois un niveau de fatigue élevé aux 5h de Chauffourt le 22 mai.


Hypocrisie


Parlons un peu de ma descente vers le départ des Chemins du Soleil. J'emprunte l'autoroute à une période où, suite à une remontée de la mortalité routière on parle beaucoup de l'interdiction des différentes annonces des radars (panneaux ou systèmes embarqués style Coyote). Ce projet d'interdiction entraîne une levée de bouclier d'élus, principalement de droite...En roulant sur l'autoroute je comprends mieux : une importante proportion (15%?) de grosses berlines et 4 X 4 roulent allègrement à 160-170 au lieu de 130 maxi, et freinent à l'approche des radars. Franchement, il y a deux ou trois ans ça roulait moins vite! J'en conclus que loin d'avoir compris l'utilité préventive des radars, de nombreux automobilistes ont juste cherché comment contourner les utiles (aux plans sécuritaire et écologique) limitations de vitesse. Je suppose qu'ils ont tous des systèmes embarqués de détecteurs de radars, je comprends alors mieux qu'ils se plaignent de leur prochaine interdiction. Je suppose que ça n'empêchera pas une bonne partie de ces gens de dire qu'il y a trop de morts sur la route ou de se plaindre des certaines conséquences liées au réchauffement climatique.

Par ailleurs ils poussent l'insolence jusqu'à mettre des appels de phares à ceux qui respectent les limitations de vitesse et les freinent sans le vouloir! Ca me rappelle cruellement le sort réservé par les "chaudrons" à certains coureurs propres, souvenons-nous du Go home! lancé par Lance Armstrong à Christophe Bassons lors du Tour 1999.

Bref, ce serait une très bonne chose de supprimer les avertisseurs de radars afin que tous les conducteurs se mettent à respecter les limitations de vitesse. Et arrêtons de chercher de faux prétextes pour continuer à rouler dangereusement.



Trailers ou vététistes?


Après ma nuit chez Saccoche, je rejoins Vincent Julliot à Gap. Il a loué un camping-car, que l'on utilise pour rejoindre le départ à Villard de Lans. Objectif : retrouver ma voiture laissée sur le parking de l'Intermarché de Gap! J'ai utilisé ce supermarché pour acheter Astérix aux Jeux olympiques à mon petit Jules (qui se pique d'intérêt pour ce genre de BD) ainsi que deux romans d'Amélie Nothomb, ça se lit bien, ça m'aidera à démarrer mes siestes entre les étapes.

En arrivant à Villard de Lans on est impressionés par le monde qui grouille dans la station, alors que ce jeudi de l'Ascension est plutôt gris. C'est l'effet Chemins du Soleil! L'épreuve rassemble beaucoup de monde, en témoignent la taille du parc à vélos fermé ou du parc à bagages...fermés eux aussi!

A Villard on fait connaissance avec l'équipe d'organisation, organisation qui nous impressionne par sa taille et son fonctionnement. Il ya du boulot en amont!

On remarque aussi l'ambiance, plus montagnarde que vététiste, proche d'un rassemblement d'alpinistes. En ayant fait pas mal, je sais de quoi je parle. Beaucoup de concurrents sont adeptes des trails en montagne, très peu viennent du cross court et ça se comprend vu la différence de format! Ne m'étant aucunement entraîné au long et étant conscient d'une certaine fatigue, je me contente de ne rien dire lorsque Vincent Julliot fais mine de se préparer à s'accrocher à ma roue...L'avenir me donnera malheureusement mille fois raison!


Dans le grand bain immédiatement.


L'épreuve démarre le vendredi matin à 7h30...Plus exactement à 7h37. 7 minutes de retard...Je crois bien qu'il n'y aura pas une seconde de plus d'écart par rapport aux prévisions horaires de l'organisation. Tout sera fait en temps et en heure, jusqu'au départ de la dernière étape à 6h15 le dimanche matin après 3h de "sommeil".

Mais le récit n'en est pas encore là, loin s'en faut...Avant d'arriver à Gap il nous faut partir de Villard de Lans, traverser le Vercors du nord au sud jusqu'à Luc en Diois (100km et 3000m de montée), cheminer de Luc à Aspres (55km et 2400m de montée), réaliser une boucle noturne d'Aspres à Aspres (45km et 1555m de montée) et rejoindre Gap depuis Aspres (70km et 2015m de montée). C'est chargé, comme le ciel, qui sera menaçant "et plus si affinités" pendant toute la durée de l'épreuve.


La première étape nous plonge rapidement dans le vif du sujet. Après quelques kilomètres en chemin large (mais glissant), nous nous enfonçons dans des forêts sombres, humides...et presque chaudes où nous suons à grosses gouttes. Avec Vincent nous sommes avec la tête de course. Vincent sue à grosses gouttes, il est resté quatre jours sans rouler, cela ne lui réussite guère, au moins pendant deux heures car après...Dans une côte difficile il me conseille de prendre un peu de champ, il reviendra en descente, ce dont je ne doute pas, d'autant que celle qui se présente devant nous sera finalement la plus "chaude" de tout le week-end! Un toboggan de gros pavés luisants et "savonnés" où Jordan Buchot se couche (sans gravité) devant moi pendant que Vincent nous passe comme un missile qui volerait quelques centimètres au-dessus des pierres! Du grand spectacle que je conseille à tout le monde de voir un jour.


Nous cheminons à quatre équipes en tête de course pendant 2h30 à 3h, avec Vincent nous manquons un point de contrôle situé à un ravitaillement : 5 minutes de pénalité! Il faut dire qu'on est venus un peu "décontractés", chacun pris par un grand nombre d'occupations, et maintenant je peux avouer que jai dû trouver en catastrophe le gilet jaune obligatoire ainsi que le catadioptre à fixer à l'arrière du vtt pour l'étape de nuit !


Au bout de 3h de course nous abordons une rude montée (une de plus) au-dessus de la station du Rousset. Nous cheminons dans un décor somptueux, où le vert des pâturages le dispute aux tâches blanches de la neige récemment tombée sur ces hauts plateaux, avec vue proche sur le Grand Veymont et le Mont Aiguille. C'est là que mes forces commencent à décliner salement, au point qu'une demi-heure plus tard j'ai la sensation de ne plus tenir mon vtt! Je vais allors vivre dex heures très pénibles (le mot est faible) qui rétrospectivement feront bien marrer Vincent, qui s'amuse encore de mes "Aïïïe" quand une crampe venait dans une cuisse, ou de mes sorties de chemin après un dérapage incontrôlé. C'est dommage car le tracé est parfois grandiose, il chemine dans des endroits "gazeux", à flancs de falaises. Mais mon état est tel que je ne suis pas en mesure d'apprécier quoi que ce soit.


Je me retrouve vraiment en galère. Dans ces cas-là il faut juste avancer doucement en attendant que les forces reviennent (si elles reviennent). Elles reviendront partiellement une heure avant l'arrivée où nous reprendront trois minutes à la tête de course...qui nous en avait pris 18 avant! Vincent a dû prendre son mal en patience car il avait les moyens, lui, d'accompagner les meilleurs.

Notre première étape est bouclée en 6h22 (+5 ' de pénalité), nous sommes 5èmes, mon moral est quelque peu ébranlé, surtout de voir Vincent autant en forme et moi qui le freine...Je me remonte la pendule en me disant que sur 270km, 100 sont déjà faits...


La plus belle.


La seconde étape nous mène de Luc en Diois à Aspres. Le duo Bruno Mestre - Hervé Gilly met la pression dès le départ et entame une domination qui ne sera plus remise en cause. Avec Vincent on se retrouve dans le groupe de chasse avec l'équipe "Respectons la Terre" dont Jordan Buchot me fait la causette. Il veut savoir si je suis pro. Je lui réponds que je suis pro...fesseur d'EPS. L'intensité moyenne de l'effort permet ces quelques échanges sympathiques pendant l'épreuve, mais quand on est vraiment dans le dur, souvent on ne dit plus rien, on attend que ça cesse...


Avec Vincent on prend un peu d'avance sur le reste des poursuivants (il y a aussi le team Lafuma avec notamment l'ami Guillaume Demangeon) lorsque je coupe mon Cougar dans une descente qui fera un grand nombre de victimes, dont Olivier "Egobike" Lamarque, qui subira une avarie plus grave un peu plus tard puisqu'il sera terrassé par...une gastro-entérite (pas à cause du concombre espagnol!). Je crie un grand coup pour rappeler Vincent qui finit par remonter, ne me voyant plus derrière. On répare, et comme en beaucoup d'occasions pendant ces trois jours, je constate que je manque de capacité à me stresser, comme si j'étais profondément fatigué...Je crois que je le suis.


On repart. Quelque temps plus tard je connais ma "défaillance quotidienne". Cette fois je commence à me demander sérieusement si je dois insister. J'ai l'impression que je me fais du mal. Mais comment peut-on envisager un abandon alors qu'on roule en équipe, donc aussi pour un autre? A l'arrivée Vincent et moi constaterons que nous avons tous deux pensé à mon abandon éventuel mais qu'on s'est bien gardés d'en parler...On continue!


A St-Pierre d'Argençon, après trois heures de course, on arrive au second ravitaillement, on s'étonne que nos ami(e)s ne nous donnent rien...On a mal écouté le briefing, ils n'avaient pas le droit de nous ravitailler à cet endroit, il fallait prendre la ravitaillement de l'épreuve! En fait c'est une bonne idée qui fait la part belle à l'équité et à une certaine autonomie. Toujours est-il qu'on repart pour la dernière grosse difficulté (800m de montée et autant de descente) avec une quantité de liquide un peu faible...et des jambes très faibles en ce qui me concerne. Vincent, toujours en jambes, sort alors le grand jeu : il nous deux chambres à air 29 pouces (il roule en "niner") et s'en sert pour me tirer en les fixant lui sous sa selle, moi à mon cintre. Il a une énergie d'autant plus impressionnante que j'en manque totalement. Il tente même un virage sauté en montée devant un caméraman, auquel je dis "Moi je ne tente pas, lui c'est un extra-terrestre."


A l'approche du sommet à 1564m on se rapproche d'une équipe qui doit être encore plus cuite que moi! On les double  à l'entame de la grosse descente de 800m négatifs d'une traite, qui emprunte notamment un sous-bois de sapins paradisiaque, aux reflets mordorés. Mais le plus bel arbre du week-end nous attend à l'arrivée à Aspres : un séquoïa de près de quatre mètres de diamètre! Et des cèdres majestueux qui me font oublier un temps mon état un peu "déprimé".


Cette étape fut à mon avis la plus belle car la plus homogène dans la qualité des sentiers empruntés. Mais j'apprécie aussi le côté un peu "sale" de nombreux passages, qui nous rappellent que dans la vie rien n'est facile et qu'il faut savoir faire avec les itinéraires non-aseptisés.


Belle de nuit.


Après la plus belle de jour, une belle de nuit...Nos accompagnateurs sont aux petits soins pour nous : Jérôme Bastian, réparateur cycles itinérant (contact : bastian.jerome@gmail.com), change mon pneu avant, remplace mon disque 140mm "XCO" (un peu juste pour ce genre d'épreuve) par un 160 mieux adapté, lave, essuie, huile...Olivia nous prépare salade, fruits, pâtes...Sandra conduit le camping-car et toute cette petite équipe avance bien soudée malgré mon statut de "maillon faible".


Vers 16h on s'octroit une sieste, fortement perturbée par des averses qui martèlent le toit du camping-car autant que le moral. Et dire qu'il faut repartir à 21h30 pour l'étape de nuit!


Cette étape commence bizarrement : au bout de vingt mètres de course un concurrent passe par-dessus le vélo! Il repartira. Puis Bruno Mestre accélère, on s'accroche sur le plat du vélodrome d'Aspres, on prend de la terre mouillée et collante dans les lunettes, que je dois retirer après un kilomètre. Puis la nuit s'avance, de plus en plus noire. Comme chaque fois, je me fais lâcher un peu avant la mi-course alors que Mestre - Gilly enfoncent le clou une fois de plus. L'étape est très bien adaptée à la nuit, elle est un peu moins technique que les autres.


A la mi-course je rejoins Vincent Julliot qui m'attend en se faisant menacer d'exclusion s'il prend trop d'avance sur moi! Encore un point de règlement qu'on n'avait pas bien lu...On continue ensemble, en prenant les choses du bon côté. On se retrouve à la lutte avec les Hollandais Van Dijk que nous finirons par appeler Les frères Boussole tellement ils se trompent souvent aux intersections! Disons que cela nous "met en joie"...Bref on est parfois morts de rire!


Vincent fait un festival dans une descente vertigineuse, en pleine nuit : à un moment donné, un signaleur dit "Ici à pied!", Vincent dit en rigolant "Pourquoi à pied?" et passe allègrement sur le vélo un passage extrêmement étroit et gazeux que je ne me serais pas vu tenter...ni aucun autre concurrent à mon avis!


Olivier Lamarque casse sa chaîne SRAM dans une montée droite, en pleine nuit, le pauvre, il mettra du temps à la retrouver...


A vingt minutes de l'arrivée ma lampe de cintre s'éteint, il ne me reste plus que la frontale, on fera avec!


On termine l'étape à la lutte avec nos amis hollandais, je trouve la ressource de sprinter et de m'accrocher à la roue de Vincent pour prendre quelques mètres aux frères Boussole, à qui on sert la main après l'arivée, heureux d'en avoir fini avec cette si longue journée qui a commencée à 8h30 et se termine à 2h du matin...direction douche, soupe et dodo, perturbé par la pluie!


Bio et local.


A l'arrivée de cette étape de nuit, on prend une collation à base de soupe aux ingrédients bio. La plupart des choses que nous avons mangées pendant ce raid proviennent de producteurs locaux qui travaillent avec l'organisateur. Superbe initiative!


Par ailleurs, les pateaux repas, assiettes et verres (en carton dur), les couverts (en bois) sont compostables. Ce n'est pas fréquent de voir un tel degré d'effort écologique dans une organisation.


Démarche écologique poussée, maximum d'heures de vélo dans de grands espaces souvent préservés, loin des villes...On évolue vraiment dans la dimension Tout-Terrain au sens noble du terme.


Noirs désirs


Cette pluie qui tombe sur le camping-car, et me maintient éveillé alors qu'il n'y a que trois heures pour dormir, me plonge dans une sorte de pessimisme dont je ne suis pas coutumier. Je me dis que je ne vais jamais y arriver si je ne dors pas! Je suis vraiment dans le dur alors que je devrais me reposer...A 5h du matin le Polar sonne le  réveil, je me lève comme un automate, avec Vincent on mange un peu, on s'habille, on ne dit pas grand chose, on a les traits vraiment tirés...mais en même temps on sait au fond de nous-mêmes qu'on va prendre le départ de la DERNIERE étape, synonyme de délivrance au bout de 5 à 6h d'efforts...de plus.


6h15 : c'est parti! On n'a pas vraiment eu le temps de prendre conscience de ce qu se passait tellement on a agi comme par habitude. Ca part plutôt vite, comme si on poursuivait sur la lancée de l'étape de nuit, ce qui est un peu le cas! Ca fait à peine cinq heures qu'on l'a terminée...


La fin!


Le duo Mestre - Gilly va une fois de plus dominer la journée, même si Gilly me dit au départ qu'il n'en peut plus au vu du train d'enfer mené par Bruno Mestre.


Je fais deux bonnes premières heures de course et tant qu'à faire autant prendre ce qui peut être pris. Ainsi dans la longue montée initiale (près de 800m de dénivelé), avec Vincent nous sommes la seconde équipe, ayant un peu lâché nos compagnons de galère (Lafuma et Respectons la Terre). Vincent me conseille de "gérer", je lui réponds que tant que les jambes tournent bien c'est que je gère. A ce moment-là elles tournent.


Comme chaque jour elles se mettent à tourner moins vite après deux heures de course. Je le sens passer car avant de redescendre sur Veynes nous traversons un ensemble de forêts et de pentes raides sur lesqelles nous évoluons souvent à pied. Vient ensuite une descente relativement technique et surtout une pluie drue qui me fait penser qu'on a de bonnes chances d'éviter le terrible portage qui doit nous permettre de faire le tour de la falaise de Ceüze. A la traversée de la route à Veynes les cameramen sont là, je leur dis que je suis en train de gérer mon coup de barre quotidien...et on nous annonce comme prévu qu'on ne passera pas par LE portage.


Il reste donc 1h30 de course au lieu de 3h, on croit que ça va être du gâteau...Non! Après quelques broutilles plus ou moins bitumées, Vincent se fait une grosse frayeur : son corps de roue-libre lâche sur une forte poussée, il part alors droit dans un ravin à gauche...et se rattrape à un arbre cinq mètre plus bas!!!


Remonté sur le sentier, on évalue les dégâts : il peut pédaler mais sans trop forcer. Dans un sens ça pourrait me convenir! Il parviendra à rouler en souplesse dans la plupart des passages restants. Il faut dire que la fin de course n'est pas la plus belle section qu'on ait vécu : une longue montée en goudron qui se prolonge par un chemin d'exploitation forectière jonché de cailloux et de branches de sapins. Qu'à cela ne tienne on en a vu d'autres. Et puis on n'est pas tout seuls, la pluis nous tient compagnie...


On note le retour et le dépassement des amis Hollandais qui visiblement ne se sont pas perdus aujourd'hui.


Après cette interminable montée large, on s'engage dans une descente tout aussi large où le froid nous pique très vite...Mais ô miracle, après quelques minutes de descente on atteint un point de ravitaillement qui signifie la fin de l'épreuve! Avec Vincent et les autres on se serre des pognes, tous TRES contents d'en finir.


En finir? Il reste à voir comment on redescend à Gap, distant de 20km par la route. Or on est gelés sur pieds (il fait 7° et il pleut à seaux). Vincent propose d'y aller de suite, je préfère rester un peu devant le feu (quelle belle idée!) allumé par les ravitailleurs sous un gros arbre qui nous protège de la  pluie. C'est le piège, on ne peut plus le quitter tellement c'est bon! J'en profite pour me jeter sur des carrés de jambon que j'avale l'un derrière l'autre (au moins 500g!).


Finalement un bénévole très gentil nous prend dans son véhicule et nous redescend avec deux coureurs qu'il attendait plus nos amis hollandais. Il ne reste plus qu'à rejoindra Gap, les douches, le repas, le podium...et Thonnance après 7h de voiture un peu comme à  l'aller : une demi-heure de sommeil après 60km!


Avant de quitter cette exceptionnelle épreuve, on remercie Hervé Simon (et à travers lui toute l'équipe organisatrice) à qui j'offre un exemplaire de VTT Rouler plus vite. Jérôme, notre dévoué et compétent mécano, repartira lui aussi avec le "livre rouge", de son côté il m'envoie une recette de gâteau énergétique perso que je ferai dès que j'aurai retrouvé l'envie de rouler!


Revenir à la vie.


Le lundi est pour moi une vraie galère : je fais cours, ensuite je dois animer bénévolement une initiation vtt avec des élèves de primaire (mais pourquoi n'ai-je pas dit non?!), je m'en sens d'autant plus incapable que j'ai le genou droit gonflé. Je passe voir les autres animateurs qui comprennent bien mon problème et feront sans moi. Rentré chez moi, je n'ai aucun courage, je m'affale sur le canapé et dors une demi-heure! J'ai encore bien du temps de sommeil à rattraper.


Le mardi j'ai une grosse journée d'EPS non-stop de 7h30 à 16h30 (20 minutes pour manger), ça va le matin, l'après-midi c'est plus difficile. Le mercredi je remarque quelques premières envies de bouger...Le mercredi soir je dépresse et repique des salades pendant une heure et demie, c'est plutôt bon signe. Le jeudi matin je passe une heure dans un cerisier à cueillir les derniers et succulents bigarreaux, je fais de la confiture, puis au travail je fais des barres asymétriques avec mes élèves de l'AS acrobatie...Une certaine forme de dynamisme revient. Je n'ai pas roulé pendant quatre jours et ne le regrette pas.



Perdu dans les branches du cerisier, je me dis que les plus beaux fruits sont rares et diffiicles à atteindre...comme Les Chemins du Soleil.

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