Champion du monde X 5 !

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Mercredi 13 – jeudi 14 juillet : atterrissage


Brésil…Quitter 11 jours la petite famille, le petit Jules avec qui je partage de super moments chaque jour que les vacances font, c’est assez dur.

Mais au moment de partir je ne montre rien. Je parle à Jules de ce que l’on fera en rentrant : on ira voir Tonton Laurent, on marchera en montagne, on bivouaquera. Il n’empêche, Jules me dit ‘’Papa j’aimerais bien venir avec toi, tu ne pourrais pas m’emmener en avion ?’’ J’admire cet âge où l’on bâtit des projets sans peur et sans retenue. Il me dit que l’année prochaine on devrait y aller tous ensemble. Je n’ai aucune idée de ce que je ferai l’année prochaine. Plus les années passent et plus je me dis ‘’à quoi bon des compétitions si c’est pour manquer de bons moments avec mon petit Jules.’’

C’est avec ces idées un peu grises que je le vois s’éloigner à St-Dizier après que j’aie monté dans la navette qui me déposera à Roissy. Pendant quelques minutes, je suis envahi par un sentiment de grande solitude, presque de néant. Ainsi apparaît l’amour qu’on porte à nos proches au moment où ils s’éloignent.

Mais s’éloigner n’est pas disparaître, et peu à peu je retrouve un état d’esprit positif.

À l’aéroport je retrouve Patrick Sicard, descendeur réunionnais titré en 2008 à Pra-Loup, et Christian Jupillat, dix fois titré et indéboulonnable participant aux Mondiaux masters.

Dès 18h j’ai faim mais je ne mange que vers 23h dans l’avion, le temps de vivre une jolie fringale, mais j’ai décidé d’éviter les excès si fréquents en voyage assis. Le repas servi dans l’avion me semble microscopique tellement j’ai faim, mais je ne redemande rien. Je mets le bandeau noir et enchaîne 6h de sommeil d’assez bonne qualité, voilà un bon début ! Au décollage j’ai réglé le Polar à l’heure brésilienne. Réveil à très exactement 1h56, 2h30 avant l’atterrissage.

Durant les deux dernières heures de vol, je regarde plus ou moins Pretty woman en version américaine, l’occasion de constater que si je parle aisément anglais avec des gens, je ne comprends pas grand-chose aux dialogues américains à vitesse réelle. Julia Roberts est craquante quand même.

Après 12h de vol nous sommes à Rio. On vérifie que nos vtt suivent bien aux bagages, on fait connaissance et causette avec une Brésilienne avocate de jeunes en difficulté avec qui on partage le constat de l’omniprésence d’un monde à deux vitesses.

Le second vol (1h30) est une formalité après laquelle on récupère chez Hertz un Fiat Doblo qu’on remplit jusqu’à la gueule. On coince Christian Jupillat à l’arrière entre un vtt et une valise !

En 2010 on avait mis deux heures à trouver notre hôtel. Cette fois on fonce droit dessus. Vive les repérages. J’ai l’impression que j’y étais hier. La météo est maussade, la station est plutôt déserte, pas top…Patrick Sicard m’apprend qu’en 2010, le premier tour de David Tinker Juarez, 49 ans, avait été le plus rapide de tous les concurrents toutes catégories confondues ! J’avais plié contre un bon…

On prend possession de nos chambres, douche et repas dans un restaurant dans lequel on avait sympathisé avec les gérants l’année dernière. Ils nous reconnaissent et nous gâtent à coups d’amuse-gueules, comme l’année dernière ! On marche une heure en ville pour amorcer la digestion…

Après cela le remontage des vtt nous aide à ne pas nous endormir. Je préfère éviter la sieste et me coucher directement à l’heure brésilienne afin de me recaler plus vite.

Les vtt remontés, on va directement (tenter de) découvrir le tracé 2011, modifié par rapport à l’année dernière. Je suis un peu perplexe : la pluie inquiète les organisateurs, alors ils ont déversé de grandes quantités de sable par endroits et ça passe…à pied ! Espérons que le sol se tasse peu à peu. Après 1h30 à faible intensité on rentre, on mange et on s’écroule ! Couché à 21h30, je me réveille à 6h.


Vendredi 15 juillet : en piste


Au petit déjeuner je goûte un peu à tout mais en quantité raisonnable. Avec moi je prends une mangue et deux bananes, elles sont meilleures que chez moi, mais moins bonnes qu’à la maison selon Patrick Sicard le Réunionnais, qui, dans son île à la végétation luxuriante douze mois sur douze, n’a aucun mal à manger cinq fruits et légumes par jour et plus car affinités.

Avec Christian Jupillat je retourne sur le circuit, d’abord à la recherche de la start-loop. On en trouve le départ, la raide côte initiale de 2010, aux trois quarts de laquelle un singletrack, d’abord plat puis descendant, part à droite. J’attaque la descente lentement car elle est encore très sale. J’évolue sur une jolie terre rouge. Soudain, je me rends compte que ma roue avant dépasse une marche verticale de plus de 80cm de haut. Trop tard pour l’éviter, je tire à fond et ça passe ! La marche était rendue invisible par la couleur de la terre. J’attends Christian pour le prévenir. J’ai du mal à comprendre la présence de ce genre de marche dans une descente de start-loop xco. Explication : une partie de la start-loop n’est pas encore tracée, on a roulé sur le tracé d’un four-cross !

Un quart d’heure plus tard, on refait la start-loop, je saute sans problème les marches et ça me plaît bien. Mais ne rêvons pas, je sais bien que ce genre de difficulté sera enlevé dans un championnat du monde masters. D’ailleurs, si on écoutait Christian, on enlèverait toutes les difficultés techniques ! ‘’Trop dangereux, c’est un tracé pour les risque-tout’’…Christian confond ses lacunes techniques et la dangerosité du parcours. Je lui donne quelques conseils.

Le tracé est plus technique qu’en 2010 (ouf !) mais sans excès, loin de là. éternel débat sur les tracés, trop techniques pour certains, pas assez pour d’autres. Depuis longtemps je pense que la solution réside dans la possibilité de choix entre différentes trajectoires plus ou moins techniques. Je repense à tout cela en mangeant ma mangue « meilleure que chez moi », avant une salade complète. On a roulé « 2h + douche + gant de crin ».

À 13h30 on mange dans une cantine « au poids » et au poil ! Dns une grande assiette on met ce que l’on veut, le tout est pesé à 2,29 reais au kilo. Je mange pour 14,46 reais, soit 7 euros : salade variée, spaghettis super bons, viande idem. La bonne impression culinaire éprouvée en 2010 se confirme.

L’après-midi je ne fais pas de sieste. Les premiers jours je préfère attendre l’heure normale du coucher afin d’être bien fatigué le soir, faire une bonne nuit et me recaler plus vite. J’emmène en voiture Patrick Sicard et l’amie de Jean Malot (qui nous a rejoints la veille) sur le site de la course. On monte Patrick au sommet de sa descente afin qu’il effectue des repérages par section. Puis je me promène en bord de mer, tantôt sur le sable, tantôt sur de gros blocs de granit lissés par les flots.

Le soir, on teste un nouveau restaurant avant de sombrer vers 22h dans un sommeil parfois malmené par des fêtards qui commencent fort le week-end. Ça aussi c’est le Brésil.


samedi 16 juillet : planète foot


Je me réveille vers 4h du matin (9h françaises) et ne me rendors que vers 5h30. Ce n’est que le troisième jour sur place, le recalage se poursuit, laissons les choses évoluer à leur rythme.

Avec l‘ami Jean Malot j’effectue deux tours de circuit start-loop comprise. Plus l’aller-retour à l’hôtel cela nous fait 1h50 de vtt et 735m de montée, dont certaines appuyées en vélocité. Les sections techniques sont plus exigeantes qu’en 2010, elles ont été ravinées par des passages en conditions boueuses. Je termine avec une bonne séance d’étirements.

L’après-midi je remonte Patrick Sicard qui effectue deux descentes complètes, ce qui suffit à le tremper vu la moiteur ambiante. Puis on va perdre encore un peu d’eau au sauna de l’hôtel. J’alterne trois fois 7 minutes avec une douche froide, sur laquelle Patrick fait l’impasse, en bon Réunionnais peu habitué à l’eau froide. Moi je suis Haut-Marnais, ça change tout…

Resto, dodo, pas de problème, on sait faire. On opte pour un buffet à 15 reais (7€). Avantage : c’est peu cher et c’est bon ; inconvénient : cela peut inciter à top manger. D’ailleurs je prends deux fois du dessert. À ne pas renouveler.

Au retour on découvre plusieurs attroupements imposants et bruyants devant des entrées de bar ou d’hôtel. Devant le nôtre il y a au moins cent personnes ! Elles regardent la télé grand écran qui retransmet le match Argentine – Uruguay, quart de finale de la Copa America. On en est aux tirs aux buts et ça chauffe à chaque tir ! On se fait la réflexion que le fait de ne pas avoir de télé dans chaque foyer a du bon : ça rassemble les gens. La télé individuelle tue-t-elle le lien social ? Pas le temps de continuer de réfléchir à cela, dès la fin des tirs aux buts le groupe explose en un grand cri, part dans la rue en beuglant et ne tarde pas à s’invectiver avec quelques habitants qui n’ont pas le même favori qu’eux. Je ne comprends pas tout mais je comprends la force du football au Brésil. Mais en règle générale, je trouve les Brésiliens plus paisibles et gais que les Français.

Malgré cet épisode footballistique – festif, la nuit est calme et j’enchaîne 8h30 de bon sommeil.


dimanche 17 juillet 2011 : du Chili à la Suède


Réveillé vers 7h du matin, je déjeune un peu plus frugalement que la veille. Vers 10h nous reprenons le chemin du circuit, sur lequel nous travaillons des sections techniques, l’occasion d’affiner certains automatismes de pilotage et de montrer à Christian Jupillat comment passer. Progressivement il trouve le tracé moins « dangereux » et se concentre sur les actions de pilotage. On rencontre un Chilien à qui on montre le tracé. Taillé comme un bœuf, il en a la force en montée assise, mais disparaît de la circulation au moindre passage technique. Vient-il directement d’une compétition sur piste ? On donne aussi quelques conseils à une Suédoise « forty-one old », mieux équilibrée que le Chilien, dans tous les sens du terme…Le tracé se tasse, ça passe maintenant partout à vélo.

Vers 13h30 on va manger au même endroit que la veille au soir mais en quantité plus réduite. Au moment de payer, la caissière n’a plus de monnaie de mon billet de 50 reais. Elle appelle deux copines, ça discute, pas de solution…à l’aide d’un stylo j’explique qu’on va revenir manger ce soir à 20h, elles comprennent, pas de problème, je paiera double tarif ce soir. Je ne peux m’empêcher de penser qu’en France on ne me ferait pas confiance de la sorte. Le Brésil est un pays dans lequel cette qualité est encore largement répandue. Il semble aussi qu’un Européen, Français de surcroît, jouisse d’un certains prestige. Bref, je repars avec un « ticket »…

J’enchaîne avec une sieste de trois quarts d’heure, allongé droit comme un i sur mon lit, dans un état semi comateux dont me sort Patrick Sicard qui veut repérer la descente. Je joue le taxi remonte-pente, Patrick enchaîne trois runs d’environ trois minutes qui le laissent épuisé. Mais il prend confiance à chaque descente. De retour à l’hôtel, je m’étire et refait 3 X 7’ de sauna, qui me paraît intéressant pour mieux supporter la chaleur humide brésilienne (je parle du climat…).

J’apprends que julien Absalon a obtenu un énième titre de champion de France xco. L’écart avec Maxime Marotte est conséquent (près de deux minutes). Il semble que la digression provisoire de Julien vers le marathon ait joué son rôle : lui donner un objectif alternatif afin de couper avec la coupe du monde xco sans pour autant perdre ses qualités en cross olympique. Intelligente gestion de saison. Je suis également très heureux de la seconde place de Sabrina énaux chez les dames, pas si loin de Julie Bresset (moins de deux minutes), qui plus est en altitude. Sabrina est une amie, ses performances m’intéressent même depuis le Brésil. Pour finir, je reste estomaqué par la 10ème place de Ludo Dubau en élites, en altitude, alors que le dimanche précédent, au Mont-Moret, il était apparu en difficulté et surtout peu affûté. On n’est pas toujours capable de tout comprendre.


Lundi 18 juillet 2011 : repos actif


Réveil à 5h30 après 8h de sommeil. Petit déjeuner léger car je ne roule pas aujourd’hui. Ça tombe bien, il a plu dans la nuit. J’anime une séance de PPG d’une heure pour les « amigos », à base de mouvements de bras, tronc, abdos, gainages divers et stretching en contraction – relâchement. Puis je nettoie le X-Control, change un Python de sens et vérifie toute la visserie, avant de prendre un repas frugal et de passer près de trois heures en ville pour trouver quelques habits pour la petite famille. On va ensuite voir si les inscriptions sont ouvertes : ce sera pour demain. Une petite balade sur une jetée maritime est écourtée par une pluie menaçante. Retour à l’hôtel, vingt minutes d’automassage à la Detox Cream, lecture, repas…Première journée de repos gérée en souplesse !


Mardi 19 juillet 2011 : émotions et spéculations


Après une bonne nuit de sommeil, je découvre la pluie à nouveau. Mais aujourd’hui j’ai programmé de rouler. J’effectue un tour complet de circuit start-loop comprise. La start-loop passe à vélo, le reste…Je comprends que la pluie inquiète à ce point les organisateurs. Moi qui d’habitude aime rouler dans la boue, j’en suis réduit à m’inquiéter, comme tout le monde. Mouillé, le sol devient glissant au point de ne rien pouvoir faire ou presque. En train de sécher, il forme des paquets de boue qui peuvent carrément stopper le vtt. Cerise sur le gâteau, ce « chantier » est bourré de sable qui met la transmission et les plaquettes à rude épreuve. Si la course se déroule dans ces conditions, il y aura des émotions !

Les organisateurs ont eu la riche idée de mettre à disposition deux camions-citernes. Je lave le X-Control et m’asperge de fond en comble avant de poursuivre ma sortie sur route, par un enchaînement de côtes en bord de mer, plus raides les unes que les autres. Les jambes semblent correctes, merci la journée de repos. Il m’est néanmoins difficile de me situer, tant les côtes que l’on trouve ici sont d’une raideur peu commune chez moi malgré mes efforts pour m’en approcher lors de mes récents entraînements. On navigue souvent entre 15 et 20% de pente.

On voit bien qu’il ne gèle jamais, on peut créer des routes très raides sans risque de voir un véhicule partir en luge. En surf, peut-être ? Le bord de mer est splendide, même si dans les montées je ne le vois pas trop, les yeux rivés à la route et la sueur qui coule de partout car je suis parti en tenue longue, pensant qu’il pleuvrait comme à l’hôtel, or il n’en est rien ! J’atteins un dénivelé similaire à celui que je prévois pour ma course (800m).

Au bout d’un moment ma chaîne sèche et craque, j’avise un petit restaurant où je quémande du lubrifiant, je m’en sors avec de l’huile d’olive qui rend immédiatement ma chaîne silencieuse et onctueuse. On ne va pas faire une salade pour une chaîne qui craque…

La salade, c’est vers 14h après avoir passé 40 minutes à laver ma tenue cycliste. S’ensuit une sieste bienvenue, commencée comme chaque jour par un bout de lecture de Le rouge et le noir, monumental œuvre littéraire. On ne peut pas tout comparer, quand même, je me demande si, hormis les premières pages du livre, j’ai déjà lu un livre d’un aussi haut niveau d’écriture. C’est amusant comme je fais les choses à l’envers. À 48 ans je lis avec le plus grand plaisir des classiques que la plupart ont lus au collège ou au lycée, souvent sous la contrainte.

Au téléphone, ma femme me donne chaque jour des nouvelles du Tour de France. Thomas Voeckler est toujours en jaune après les Pyrénées et l’étape qui arrive à Gap. Les années précédentes, Contador (et d’autres) l’aurait assurément lâché en montagne. Pas cette fois…Voeckler est certes en grande forme, mais quand même, il me semble que les cadors ont baissé d’un ton par rapport à 2010. Faut-il y voir les conséquences d’un pistage plus efficace notamment hivernal, quand certains font des « cures de fond » d’anabolisants) depuis l’affaire de Contador et du Clenbutérol ? Je suis curieux de savoir si les vitesses et puissances dans les ascensions du Tour 2011 soutiennent la comparaison avec celles de 2010 (ou avant). Je serais prêt à parier qu’elles sont inférieures…

Le Tour pourrait bien accoucher d’une grosse surprise en 2010. Mais quand vous lirez ce texte, vous aurez déjà la réponse…

La fin de la journée nécessite de tuer un peu le temps, je le fais efficacement en travaillant des documents EPS, puis de manière plus hédoniste dans la « piscina termica » chauffée à 30°, jusqu’à ce qu’une bande de joyeux ados brésiliens m’amènent à m’esquiver. Reste à lire, manger, discuter, dormir. Routine quand tu nous tiens…


Mercredi 20 juillet 2011 : PPG et pasta


Pas d’entraînement aujourd’hui, il s’agit de récupérer progressivement la fraîcheur physique permettant « d’exploser » samedi. Je roulerai demain et encore repos actif la veille de la course.

Après le petit déjeuner, je fais 20 minutes de mouvements de culture physique du haut du corps, seul au bord de la piscine, dans une atmosphère moite assez désagréable. Vers la 15ème minute j’attrape une sorte de contracture dans l’ischio-jambier droit dont je ne parviens pas à m’expliquer la cause. J’étire doucement, je claque le muscle pour provoquer un afflux sanguin…On verra bien. L’après-midi cette douleur a déjà pratiquement disparu.

Je vais ensuite chercher mon dossard à l’autre bout de la ville, en vtt en baskets, 35 minutes de balade. Les hôtesses insistent pour que je laisse mon vtt en dehors du local mais pas question, deux m’ont déjà été dérobés…à cet endroit j’apprends que la cérémonie d’ouverture prévue à 10h un peu plus loin est annulée, mais pas la pasta-party le soir à 20h, ouf ! Je file à la Rua 2000 où devait se tenir la opening parade, j’annonce à la cinquantaine de vététistes présents l’annulation, qu’à cela ne tienne on conserve le sourire et on se rattrape avec des photos avec des équatoriens et équatoriennes, visiblement tout contents d’être à pareille fête. Échange d’emails…

Après le repas de midi je travaille près de deux heures sur un document EPS, fais une première sieste suivie d’une nouvelle séance de culture physique d’une heure pour ne pas « croupir ». Puis avec Jean Malot on monte des pneus boue (Toro Tubeless Ready Hardskin 2.15 à l’avant et Toro Tubeless Hardskin 1.85 à l’arrière) pour voir demain ce que cela donne (tout le monde se torture l’esprit avec la météo et il y a de quoi). S’ensuit une autre sieste avec semi endormissement, et l’inévitable et admirable poursuite de la lecture de Le rouge et le noir.

Mon pouls ralentit à 43 vers 19h15, ralentissement porteur d’espoir d’accélération sur le vtt…

Le soir nous faisons honneur à la pasta party, sympathique idée des organisateurs qui renouent ainsi avec une tradition des débuts du vtt, ou de nombreux raids. On sympathise, prend des photos avec d’autres concurrents, avec l’organisateur. La pasta ne propose pas de dessert, eh bien c’est l’occasion de s’en passer ! Les desserts pâtissiers, c’est « bon pour la gueule » mais ça n’a jamais aidé un vététiste à rouler plus vite.


Jeudi 21 juillet 2011 : une rencontre


Le mercredi soir je m’endors vers 22h30. Vers 4h40 je suis réveillé par le bruit de la pluie ! Cette fois c’est du sérieux. À défaut de l’être dans le ciel, les choses deviennent claires dans ma tête : maintenant le terrain ne pourra plus sécher d’ici samedi. De deux choses l’une : soit il continue de pleuvoir et le terrain liquide serait un moindre mal, soit la pluie s’arête et nous roulerons dans une terre sableuse en train de sécher, qui formera des paquets sous nos pneus et nos pieds, on ne peut pas imaginer pire scénario.

Le petit déjeuner commence par un moment presque douloureux. La salle est très remplie (près de 150 personnes) et la plupart des gens qui déjeunent sont gros, y compris les petits qui ont la tête juste au niveau des gâteaux et qui, mimétisme oblige, risquent fort de finir plus gros encore que leurs parents Je ne peux m’empêcher de penser que pays émergent rime avec peuple grossissant. Quelle nation trouvera un juste milieu entre consommation et « gonflement corporel » ? ça me dégoûterait presque de manger.

En attendant de connaître la météo de samedi, je roule deux petites heures avec Jean Malot, j’affine la pression des pneus (la plus basse possible, environ 1,6 bar), on effectue deux tours start-loop comprise, entre les deux tours on lave et huile les vtt…Ambiance.

Dans ces conditions de terrains pourries, l’essentiel est que le vtt avance toujours : descendre de vélo en ayant encore de la vitesse, remonter dessus à la volée…J’ai démonté le porte-bidon afin d’augmenter le vide de mon triangle avant, ainsi je peux porter le X-Control à la manière du cyclo-cross, c’est utile dans trois passages, ça le sera encore bien plus si le terrain est en phase de séchage et qu’il vaut mieux éviter de pousser le vtt en ramassant de la boue sous les pneus. Le bidon ? Dans ma poche arrière de maillot. Ça me permet aussi d’attraper un bidon « propre », de préserver mes gants donc la bonne tenue de mes poignées de cintre. Mises bout à bout, ces petites adaptations (pression de pneus, anticipation des descentes – remontées de vtt – amélioration des portages…) peuvent faire gagner beaucoup de temps à l’arrivée. Il faudra également courir sans lunettes : l’humidité exceptionnelle plus les projections rendent leur port impossible, on n’y voit plus rien.

On roule 1h51 pour 735m de dénivelé, après quoi je passe 40 minutes sous la douche à lessiver les affaires…qui vont avoir un mal fou à sécher tant l’atmosphère est saturée d’humidité. Après les avoir tordues au maximum, je passe mes affaires dans une serviette de bain qui fait buvard, j’emploie même le sèche-cheveux pour accélérer le séchage des chaussures, bref, c’est système D à tous les étages, notamment au 4ème de l’hôtel San Marino Cassino, chambre 451…

Après un repas frugal je fais une mini-sieste où je ne ressens pas le besoin de dormir. Alors je m’arrache sur un document pédagogique EPS de multibond qui présente le double avantage de réduire la quantité de travail à réaliser rentré chez moi et de me faire oublier le championnat et ses enjeux. Puis je monte mes pneus boue sur mes roues de course et des plaquettes métal neuves à l’arrière. Y’a plus qu’à…

Mes occupations mécaniques sur le parvis de l’hôtel m’amènent à rencontrer une sorte de petit lutin brésilien, plein d’énergie, qui m’aborde (avec un projet…). Il m’explique comme il peut qu’il fait du mime, du trapèze et de l’alpinisme et me demande de lui frapper fort dans les abdominaux ! Je m’exécute sans l’exécuter, pas assez fort à son goût…Je préfère lui expliquer concrètement que moi aussi je fais des trucs sympas avec mes abdos. Assis, je me place à l’équerre et enchaîne une quinzaine d’écartés – serrés des jambes. Il essaie, en fait 3-4, me fait un signe du pouce admiratif. Avec mes doigts je lui explique que j’en réussis parfois 70 d’affilée. Puis je lui montre un équilibre sur les mains, immobile, d’une vingtaine de secondes et lui explique que parfois je dépasse la minute. Il veut qu’on aille ensemble à la playa pour faire des trucs de gym ! Mais j’ai mes pneus à monter et pas de risque à prendre à deux jours du « campeo del mundo » (ou quelque chose comme ça). Il ouvre alors un sac (un sac fnac !) d’où il extirpe des pelotes de laine. Il me tresse des bracelets jaunes et verts Brésil, m’explique que cela me portera bonheur, en noue un autour des rayons d’une de mes roues (d’assistance, ouf !).

Il change soudain de sujet de conversation et se met à me parler des Brésiliennes. Vaste sujet…Quand je lui dis qu’il y en a de belles mais qu’elles sont souvent grosses, il me fait comprendre qu’il adore les grosses fesses et les gros seins. Pas de problème il est servi. Je lui fais comprendre qu’en France il y a aussi de très belles filles, et que selon moi les plus belles sont peut-être les Slaves (Russes, Hongroises…). Il m’explique qu’il veut voyager…

Puis il me fait comprendre avec difficulté qu’il veut me vendre un bracelet « Brésil » pour 5 reais ou 3 bracelets pour 10 reais. Soyons sympa, je monte lui chercher un billet de 10 et me voilà rhabillé des poignets pour l’hiver. Sauf que je ne porte jamais le moindre bracelet. Restera néanmoins un sympathique souvenir, et Jules pourra faire un petit cadeau à ses amoureuses de neuf ans…


Vendredi 22 juillet 2011 : Jupillat, un demi maillot pour moi !

 

La journée sera peu fournie en efforts physiques, le petit déjeuner est donc frugal, ce qui ne l’empêche pas d’être riche en discussions comme tous nos repas.

Christian Jupillat ouvre le bal des Français chez les plus de 60 ans à 10h30. La veille il a percuté un chien d’où un vol plané sur le goudron qui aurait pu être grave. Il s’en tire avec deux plaies aux jambes et une contusion à la hanche droite. On vient l’assister dans sa course, rendue pénible par la boue en phase de séchage, de durcissement devrait-on dire, tant ce sol évalue comme le béton hongrois du film C’est arrivé près de chez vous : une sorte de ciment chargé en sable…Galère.

Christian Jupillat nous sort une course de total guerrier ! Au bout de 200m il est dernier de la dizaine de concurrents de sa catégorie, il a l’air facile dans les roues. À la fin de la start-loop (une montée de 4 minutes et une descente d’1 minute), il passe 3ème à près d’1 minute du premier (l’autre Français, Gérard Bertrand) et à 50 secondes d’un Brésilien barbu. En passant il me dit ‘’La chasse commence !’’ Il a l’air serein. Il l’est beaucoup moins à la fin du premier tour de circuit (il doit en boucler deux) : il arrive en tête mais en courant à côté du vélo sur la route ! Je lui crie ‘’Dis-moi ce que tu as !’’ Réponse : ‘’Ma chaîne se coince dans les rayons, ça fait cinq fois que ça m’arrive !’’ C’est du sérieux. J’attrape le vélo à l’entrée de la zone d’assistance technique, desserre la roue arrière tout en disant à Christian de ne plus rouler sur le plus gros pignon pour éviter tout risque. Je localise l’endroit de blocage de la chaîne, appuie sur les rayons correspondants, débloque la chaîne, la replace sur la cassette, remets la roue et relance Christian tout en arrosant sa chaîne avec de l’eau. Il me dit ‘’C’est foutu’’, je lui réponds ‘’Sûrement pas, alleeeez !’’ Il repart trente à quarante secondes derrière le premier, la réparation a duré une minute, pas plus. Christian rattrape la tête un peu trop vite, se met dans le rouge, chute, repart, la fin de course est palpitante. À 5 minutes de l’arrivée le Brésilien est en tête avec 20 secondes d’avance sur le duo Jupillat – Bertrand. Mais à l’arrivée c’est Christian qui débouche en tête, à pied dans la dernière descente, il ne remonte sur le vélo (à la volée, s’il vous plaît) que pour les 30 derniers mètres de plat et de délivrance. Épique ! Le Brésilien est second, tout près, Gérard Bertrand, 3ème, est à environ 1 minute.

Après avoir répondu à quelques questions de journalistes, Christian nous voit, il s’adresse directement à moi avec un grand merci et me dit ‘’Ce maillot-là c’est grâce à toi, je peux le découper et t’en donner moitié !’’ Pas de fausse modestie, je suis d’accord, et content pour lui.

Après la course je constaterai un problème de vis de butée haute de dérailleur arrière sur son vtt, réglé par un quart de tour de vis…En compétition tous les détails comptent.

De retour à l’hôtel, Christian tient à ce que l’on fasse une photo ensemble en tenant chacun une partie du maillot, il parle de mon professionnalisme qui lui a sauvé le titre, et vient même déposer son maillot et s médaille sur un lit de ma chambre en me disant ‘’Tiens, tu dormiras avec ce maillot à côté de toi, demain tu en auras un de plus.’’ Il veut me mettre la pression ou quoi ?

Enfin, quand on peut rendre service…Tout cela est bien sympa.

Une petite sieste me permet de me plonger à nouveau dans Le rouge et le noir, néanmoins mon attention dévie parfois sur une pensée de singletrack, de départ, d’affaires à préparer…La lecture me fatigue un peu néanmoins et je m’assoupis quelques minutes. Puis je nettoie mon vtt « comme si je devais le revendre », avant de passer le dessous du cadre et les parties exposées à la boue au lubrifiant. Quelques grammes qui peut-être ne s’accrocheront pas à mon X-Control…Je valide le tout en parcourant quelques mètres dans les rues assombries de Balneario Camboriu. Il est presque 18h. Le ciel est étoilé. Je me demande si je ne vais pas remonter le Cobra Tubeless Ready à l’arrière.


Samedi 23 juillet 2011 : un maillot et demi !


La pluie, l’attente

La nuit a été correcte pour une veille de championnat du monde, c’est-à-dire moyenne, perturbée par des bruits dont je m’accommodais d’habitude.

Le matin il pleut, c’en est donc fini des atermoiements pneumatiques, le Toro 1.85 garde sa place à l’arrière du X-Control.

On peaufine quelques aspects logistiques puisque Jean Malot court à 8h30, moi à 10h30, Patrick Sicard a manche de placement le matin et finale l’après-midi, Jean n’a pas de voiture, Cécile découvre ce qu’est une zone technique en vtt xco…Je lui dessine un plan afin qu’elle visualise le sens du parcours, le début et la fin de la feed zone, ce qu’elle a à faire, comment passer un bidon, de quelle côté de la route…Cela la rassure et augmente les chances de bien faire. Elle part en voiture avec Patrick Sicard, Jean part en vélo avec Christian Jupillat, je reste seul une heure à l’hôtel avant de partir en vélo moi aussi. J’en profite pour écrire ces lignes avant de réussir à apprécier quelques pages de Le rouge et le noir, ce qui n’était pas gagné d’avance car une heure à tuer avant le départ d’un championnat du monde est certainement la plus longue à vivre. On n’attend que d’entrer dans l’habillement, l’échauffement, et surtout le départ libérateur. Mais Le rouge et le noir est un monument littéraire dont la hauteur des phrases est apte à éloigner (un peu) de l’inquiétude compétitive. D’autant que j’en suis à un passage de très haute intensité, où deux femmes se mortifient pour le cœur d’un homme, lui-même finalement incertain de ce qu’il fait…

Enfin la course!

À 9h10 j’attaque 10 minutes d’échauffement général (bras, tronc, jambes…) sur le trottoir de l’hôtel. Ça fait une attraction pour les piétons…Puis je me masse les jambes, le bas du dos et le torse à la pommade chauffante Windose (il pleut et il fait presque frisquet). Je me mets en tenue, me bourre deux cotons d’essence algérienne dans les naseaux et rejoins le site de départ par la route en 25 minutes véloces sauf une côte d’une minute où je me fais un peu mal aux jambes.

Arrivé sur le site je tourne encore un peu les jambes puis me frictionne le haut du corps à l’eau de Cologne, organise la zone d’assistance et me rends au départ.

Je suis le premier appelé. Le second est…Xavier Salameiro, l’Espagnol qui m’a battu en 2010 aux championnats d’Europe à Pra-Loup. Retrouvailles…Il y a aussi le champion du Venezuela qui a terminé 3ème l’année dernière, et une trentaine de Sud-américains surtout.

Je souhaite entrer en tête au départ de la descente de la start-loop afin d’éviter les projections des concurrents. Je fais le départ sur 200m puis me recale en 3ème place dans la roue de Salameiro et d’un concurrent qui explose tout seul. Aux 400m, dans deux lacets à environ 18%, je passe en tête. Salameiro lâche une dizaine de mètres, mais un petit grimpeur sud-américain me passe à gauche. Je prends sa roue, 50m plus haut il remonte une dent, il est à fond. Je ne change pas de braquet, me mets en danseuse, le passe en injection et grimpe à fond les 100m à 12% qui nous séparent du virage à droite qui marque l’entrée de la descente.

Festival

Le petit grimpeur a tellement bien explosé que c’est Salameiro qui aborde la descente en 2ème position. Une minute plus tard, je lui ai mis environ 25 secondes ! J’ai vraiment « fait la descente » sur ce chemin large et boueux, laissant le X-Control partir en glisse et se rattraper tout seul.

En repassant au départ j’attrape un bidon que je place dans la poche arrière de mon maillot. Retirer le porte-bidon pour pouvoir porter le X-Control comme en cyclo-cross aura été une très bonne idée. Je parcourrais au moins 2km en portage pendant la course ! Et j’attraperais un bidon propre à chaque fois, préservant ainsi mes gants, d’où une meilleure tenue du cintre.

La suite ne sera qu’une longue gestion de ce parcours hyper-boueux. Tout en finesse, sur des braquets volontairement trop petits, très souvent sur le petit plateau tant la boue ralentit la progression, mais toujours avec le maximum de souplesse, de pédalage et de gestuelle.

Il faut croire que j’ai de l’expérience dans la boue, car je vais creuser des écarts énormes, de l’ordre de dix minutes sur mon second (Salameiro) ! Après l’arrivée un descendeur est venu me voir et m’a dit en riant qu’il s’était demandé si j’étais crosseur ou descendeur. Il semble que j’ai fait de nombreuses descentes à vtt (souvent avec un pied sorti) quand mes adversaires les faisaient à pied. Ça change tout.

Un équipement au top

Il faut croire aussi que j’ai du très bon matériel ! Un début de blocage de chaîne (j’arrosais sans arrêt la cassette et les plateaux) et c’est tout ! Merci Shimano, Lapierre, Fox, Pro…J’ai souvent roulé sur des braquets un peu trop petit également pour ne pas trop forcer sur la chaîne, mais je n’ai utilisé le dernier pignon (34 dents) que dans le dernier tour, afin d’être sûr de ne pas coincer la chaîne entre cassette et rayons. Je crois que de toute ma vie je n’avais encore jamais roulé sur un tel « banc d’essai » pour le matériel.

Dans le dernier tour c’était la fête des biceps ! Le soleil revenait généreusement, la boue devenait collante, à l’arrivée mon X-Control pesait entre 15 et 16 kilos ! Mais pas question de le pousser, il fallait absolument éviter le contact pneu – boue sans le poids du pilote sur le vtt, sinon les pneus disparaissaient sous une gangue épaisse et on pouvait être stoppé net.

Jean Malot, Cécile et Christian Jupillat se sont occupés de moi aux petits oignons : bidons, bouteilles pour arroser (plus une ce soir pour arroser ça ?), lavage des lunettes pour en remettre des propres…Au final j’étais toujours occupé à gérer quelque chose.

Champion du monde X 5

Vers 12h30 je monte sur la plus haute marche du podium où je reçois un cinquième maillot de champion du monde…qui s’ajoute au demi donné par Christian !

Le début de la journée s’est fait au son des Stones notamment You don’t  have to mean it et la voie rugueuse de Keiths Richards ; l’après-midi alterne Stones et AC/DC, notamment des chansons de l’époque Bon Scott…Je me sens bien ici !

De retour à l’hôtel, Christian Sicard se rend compte qu’il a oublié son casque de descente au lavage vélo, un Troy Lee Design carbone à 350€ ! Les boules…Vers 20h, après avoir rangé le X-Control dans sa housse (fais dodo…), je retourne sur le site avec lui mais le casque n’y est plus. Espérons qu’une âme bien intentionnée l’ait rendue à l’organisateur. Christian est passé tout près du titre (à 2 secondes) en 50 ans alors qu’il en a 55, mais il n’avait que 4 concurrents dans sa catégorie. Un peu rageant…

On cherche un resto qui fait des steaks, on a envie de ça ! On pose la voiture sur une des rares places de parking libre de l’avenue longeant la mer et on marche pendant 40 minutes pour trouver à 500m de l’hôtel ! à la fin du repas je baille comme une carpe, on rentre directement à l’hôtel où à 23h10 je plonge dans un sommeil sans fond.


Dimanche 24 et lundi 25 juillet 2011 : retour à la case départ.


Cette fois je n’ai pas entendu un seul bruit de la nuit ! à 6h30 je marche une demi-heure afin de récupérer la voiture. Le jour finit de se lever, les lueurs du soleil indiquent l’Est et la direction de la France, des poules de luxe, talons aiguille et poitrine en avant, commencent leur journée, ou plutôt finissent leur nuit, un triathlon se met en place sur le bord de mer, bref, Balneario Camboriu ne manque ni de charme ni d’activité à cette heure-là. Mais vient le temps de dire au revoir, après avoir jeté un œil aux courses xc de 30 à 44 ans et récupérer (ô miracle !) le casque de Patrick.

Le retour sera long : le second vol, de Sao Paulo à Paris, part deux heures en retard…Mais moi j’ai été dans les temps au championnat, c’est le principal ! Le lundi 25 juillet à 17h je descends de l’avion, à 21h30 je suis à la maison.

mardi 26 juillet 2011, je me réveille à 9h30 après…9h30 de sommeil, mon petit Jules se lève peu après, il me parle de plein de choses, comme s’il s’était retenu pendant dix jours, la vie est belle !

Voici comment j'ai préparé et couru mes championnats du monde masters vtt 2011: 

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