Voeckler bat Andy Schleck !

Article publié dans la rubrique Bêtisier, Entraînement, Jeunes, éducateurs, Psychologie

Cet article parle de : , , , , ,

Pendant le Tour vous en rêviez, aujourd'hui Jules l'a fait! Ce lundi 8 août vers 20h45, après un après-midi piscine où je me suis surpris à faire 2200m alors que  je pensais juste accompagner Jules et ses cousins, je propose à mon petit de passer voir papy et mamie, qui habitent à 800m...et qui ne sont pas là. Retour à la maison, mais Jules veut passer par un chemin dans lequel il commence à se prendre pour Thomas Voeckler (qui évite toutes les flaques d'eau...Thomas voit clair, ah, ah!) et à me prendre pour Andy Schleck. Les trois cents derniers mètres  montent "pour de vrai", sur mon "Zesty de route", plusieurs fois je fais mine d'attaquer "Jules Voeckler", juste assez pour qu'il réplique sans s'écrouler. Lui fait mine de vouloir sortir son bidon mais se déséquilibre, je commente "Thomas Voeckler roule dans le caniveau!"...Il atteint la maison une demi-roue devant moi en braillant "Thomas Voeckler a battu son ennemi!", je corrige : "Adversaire, ça suffira."


Je propose alors à Jules de refaire un tour de vélo demain, il répond "Pourquoi pas tout de suite?"...Que n'y avais-je donc pensé, c'est Darty mon kiki!


Je propose un tour dans le village qui se compliquera au gré de nos envolées cyclo-lyriques...Premier virage à droite, pris au dernier moment, Jules fait un tout droit, commentaire de "Jean-Paul Schleck" : "Oh la la Thomas Voeckler est sorti de la route, il va devoir fournir un gros effort!"...Jules revient dans ma roue. Assis, j'accélère, il se couche sur son super vélo de route (VTT Lapierre Tecnic Lite 20 pouces!) et me suit de plus en plus vite alors qu'il fait déjà bien sombre dans le village, merci la météo pourrie.


Virage à gauche pour entrer dans un chemin, commentaire de Jules "Ouh la, la route devient très étroite, on est dans les pommiers, Thomas Voeckler ne touche pas les branches, Andy Schleck les touche, ça pique!" Jolie sente jonchée de pommes, faudra que je revienne...Les branches me flagellent...Arrêt au croisement de la route, Jules s'étonne "Maintenant le Tour doit s'arrêter pour laisser passer les voitures!" N'oublie jamais la dure réalité du bitume mon petit gars.


On remonte la route principale du village, Jules accélère fort en danseuse à la manière de Voeckler, plusieurs fois je reviens tout près de lui, alors il crie comme s'il avait peur et en remet une couche! Puis il  se relève et sort tout de go "Thomas Voeckler se refait la cerise!" Je lui demande où il a appris cela : "C'est maman qui le disait quand on regardait le Tour pendant que tu étais au Brésil." Bien joué maman.


Cent mètres de montée vers une ferme, Jules met le petit plateau d'un coup, les jambes tournent trop vite, je commente "Thomas Voeckler a passé la marche arrière!" Virage à droite, entrée dans un singletrack rectiligne mais technique surplombant le village, passage forestier et ambiance nocturne...Jules délire de plus en plus : "On voit des sangliers, des sangliers rôtis, Astérix et Obélix sont là!" Je commence à sérieusement m'amuser! Le single s'achève par une descente raide et glissante, que "Jules Voeckler" négocie en souplesse en dissertant sur le Galibier...En bas on retrouve la rue principale, un cycliste passe, j'incite Jules à accélérer pour le rattraper et le doubler mais là il ne dit plus rien, il n'ose pas et me fait signe de le doubler en premier! Voeckler et Schleck équipiers, un Tour de rêve...


Notre cycliste doublé, nous terminons notre époustouflant (étonnifiant auraient dit les Inconnus) périple par le rituel sprint final en montée. Je titille Jules d'encore plus près, soudain il m'attrape le bras droit! Je crie à la tricherie, il est mort de rire. Puis je commence à l'attaquer juste ce qu'il faut, à gauche, à droite, Jules se dresse et redresse sur les pédales tout en criant comme s'il était attaqué par une horde d'ennemis, il finit plutôt vite en exultant d'avoir conservé un vélo d'avance, tord mon nom d'emprunt en me traitant de Shrek, puis avoue soudain "J'ai drôlement mal aux jambes, et toi?"


Je n'ai pas mal...Demain c'est l'occasion ou jamais, je dois attaquer "Jules Voeckler" :-)


On a bien rigolé.


Amusé en permanence, Jules ne s'est pas rendu compte qu'il a sprinté cent fois...


Moralité : quand l'effort ne pèse pas, on peut en faire des tonnes.

Imprimer cet article Imprimer cet article