Défi Absalon, jolie fin de saison !

Article publié dans la rubrique Course, Ecologie

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Encore une belle épreuve, une ! Cette première édition du Défi Absalon m’a bien plu. Pas seulement parce que Julien était là, mais aussi et surtout parce qu’elle  proposait un joli tracé dans un esprit « simple et nature » que j’avais déjà rencontré au Raid vtt Les Chemins du Soleil, organisés eux aussi par Hervé Simon.


Seul bémol, le départ à 8h30 ? De toute façon ce type d’épreuve doit démarrer tôt car si les premiers mettent moins de trois heures pour couvrir l’intégralité des 60km et 1850m D+, d’autres ont besoin du double et il faut veiller à ce qu’ils ne rentrent pas trop tard. Alors positivons et disons qu’avec un départ à 8h30 on a une grande journée devant nous ! Et un joli pont qui traverse le Rhône pour nous faire passer de Tain l’Hermitage à Tournon avant d’attaquer les Monts d’Ardèche.


Le concept est original : 400 partants, tous devant, Julien Absalon derrière…et le contraire à l’arrivée, bien sûr ! Personnellement je n’en doutais pas. L’épreuve débutait par 3-4 kilomètres de route puis 5km de montée en chemin large sur le grand plateau, où Julien a pu faire parler la puissance et doubler sans souci.


Au sommet de ce petit col, Julien est à nos trousses. « Nous », c’est un groupe de quatre coureurs en chasse derrière le local Grégory Pascal (qui habite à cent mètres du départ !) que j’ai essayé d’accrocher en vain au bas de la montée. Malgré des jambes moyennes du fait d’une bonne séance de natation de 3,2km la veille, je roule « correctement » et réussit à passer en vélo une montée raide et technique où mes compères passent à pied. L’un d’eux (qui finira 3ème) a un vtt mono-plateau d’un peu plus de 7kg ! 32 devant, 11-36 derrière. Je passe cette bosse en 24X34, son 32X36 a dû lui sembler « lourd » malgré la légèreté du bike…


Quelques kilomètres après ce col, Julien est dans ma roue : ‘’Tu veux passer ?...Merci’’…Il s’est déjà faufilé à l’intérieur d’un lacet à droite qui marque l’entame d’une jolie descente technique comme en en trouvera beaucoup ensuite. Il double un à un les coureurs de mon groupe alors qu’au contraire je lâche un peu de lest. J’aurais sûrement dû m’accrocher un peu plus à ce moment-là car Sébastien Fay par exemple connaissait bien le tracé et m’aurait emmené, alors que seul je dois bien ouvrir les yeux et parfois temporiser un poil pour être certain de ne rater aucune des flèches bleues au sol. Mais c’est aussi l’intérêt des courses en grande boucle, où la lucidité complète efficacement la puissance.


La première moitié de l’épreuve est globalement plus physique que technique, elle alterne sans cesse des portions de sous-bois et des « routes – chemins » de liaison d’un hameau à l’autre. Un grand merci en passant à la centaine de signaleurs postés de longues heures aux carrefours et qui se réchauffent en suivant la finale de la coupe du monde de rugby à la radio ! J’entends quelques bribes mais ce n’est qu’à l’arrivée que j’apprends que la France a perdu 8-7 contre les Néo-Zélandais. Chapeau quand même! Moi, au premier impact, je volerais en éclats...


Vers la mi-parcours, Lolo me passe un bidon et Jules me lance un ‘’Allez papa !’’ fort apprécié. Lolo a emmené avec elle une fille qui cherche elle aussi à ravitailler son copain. Las, celui-ci roule doucement et bouclera l’épreuve en 6h, sans avoir jamais vu la couleur du ravitaillement…Hommage à tous ces concurrents qui font deux courses pendant qu’on en fait une !


Seul dans ces contrées ardéchoises perdues et superbes, j’apprécie la clarté du ciel et remarque quelques cultivateurs qui préparent les champs pour le printemps prochain. J’oublie un peu la course et comme souvent en pareil cas je baisse de rythme et me fais reprendre par Charly, un coureur avec qui je ferai la fin de course. On échange quelques mots et en s’emmène chacun son tour, jusqu’à des enchaînements de singletracks tortueux où il lâche un peu. Soit dit en passant, les vingt derniers kilomètres sont les plus beaux et exigeants du point de vue du pilotage. Le X-Control adore, en attendant le X-Flow 2012. Je savoure et accélère, sachant l’arrivée proche. Mais je fais ma première erreur de parcours dans une ferme, perds mes quarante secondes d’avance et me retrouve derrière Charly ! Je le rejoins, on pense terminer ensemble mais surprise, le jeune vététiste en mono-plateau revient sur nous…Bizarre, on ne l’avait pas doublé !


Sur le coup on n’a pas le temps de penser à cela, on enquille la dernière descente à bloc, le jeune me bat au sprint, il « récupère » sa place de 3ème, je suis 4ème, mais Sébastien Fay arrive derrière…Il devrait être devant. Avec Charly on a dû prendre une petite coupe sans s’en rendre compte. Je propose immédiatement à l’organisateur de remettre Sébastien Fay devant moi. C’est fait, tout est bien qui finit fair-play, je suis 5ème scratch et heureux de l’être.


Julien Absalon a quant à lui fini par lâcher Grégory Pascal (qui connaissait le parcours comme sa poche) mais les deux compères ne se sont pas amusés : 2h50 de course, contre 3h05 pour notre trio de lutte pour le podium.


La suite est dans l’esprit de l’épreuve : repas bio avec plateau et couverts biodégradables, accueil des participants jusqu’au dernier, podium simple et sans chichi pour les cinq premiers scratch et les trois premières dames (Hélène Marcouyre remporte l’épreuve et serait de toute façon bien placée au concours de la vététiste la plus gentille) et bien sûr ovation à Julien Absalon dont le petit Tom se met à jouer au ballon avec Jules au pied du podium. Jules demande un autographe à Julien, il lui fait signer...sur une carte Pokémon! Une première pour Julien qui en a pourtant vu d'autres.


À 15h30 il ne nous reste plus qu’à tout ranger dans le coffre et finir notre descente vers Tarascon où nous attendent cinq jours d’escalade avec logement en mobil-home, le X-Control sagement rangé sous le lit…Repos des jambes pendant que je martyrise mes doigts sur le calcaire, c'est bien aussi!

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