2012, année sportive?

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Meilleurs voeux à tous ceux qui me lisent...et aux autres! Le dimanche 1er janvier vers 11h, je pars pour 50km de vélo de route. 11°, vent de sud-ouest, pluie fine...L'occasion de   méditer.


Je me demande ‘’Suis-je encore sportif ?’’...Mais qu'est-ce que le sport? Les théories ne manquent pas.


Un 1er janvier, la première réponse qui vient à l’esprit est que le sport aide à digérer, suer, éliminer...600 calories par heure de vélo, 3 à 5000 calories pour un repas de réveillon...Courage.


Le sport n'est pas que cela, même si cette fonction de compensation aux excès de la table est souvent évoquée.


Les psychosociologues parlent de se desporter, se faire plaisir, pratiquer des activités autotéliques (qui sont leur propore but), jouer...Rester jeune? La fonction compensatrice des excès de la bonne chère n'est pas toujours compatible avec le "sport - plaisir"...


D'autres observateurs de la société parlent d'être "sport", fair-play, bref, évoquent une éthique dont l'observation du quotidien compétitif montre qu'elle est aussi souvent  bafoué que respecté.


Des psychanalystes freudiens (...) trouveront un exutoire à des pulsions sexuelles non assouvies (mais on peut pratiquer le sport ET le sexe!). Et vas-y que le culturiste lève sa barre (de fer...), que le nageur détourne les yeux des carreaux bleus du fond de la piscine pour lorgner sur des seins qui s'affolent sous un bikini, qu'une cavalière s'émeut de ce mouvement de va-et-vient de la croupe de son cheval sous elle et en conçoit un certain plaisir (je le sais, une femme m’en a parlé...:-)


Plus terre à terre, le sport peut être un business : millions d'euros pour certaines stars du ballon rond, même lorsqu'elles sont un peu dépassées du point de vue des performances (voyez la récente affaire "Beckham - PSG")...Cela ne les empêche peut-être pas, d'ailleurs, de toujours ressentir le frisson de plaisir que je viens d'évoquer.


Le sport peut être "social". Ne parle-t-on pas de rencontres sportives? Jolie appellation, rêve de société moins individualiste...L'adhésion à un club peut suffire à rompre des solitudes, les élans collectifs associatifs sont parfois remarquables. Et puis, un champion existe aussi par la qualité de ses adversaires et l'image que les autres lui renvoient de lui-même. D'ailleurs, qu'est-ce qui, chez l'homme, n'est pas social?


Le sport est parfois guerre simulée, mort jouée...On attaque, on met une mine, on prend un tir, on est mort, cramé, on dit d'un coureur que c'est un guerrier, un tueur (beurk!), on dit après une défaite qu'on aura du mal à s'en relever, des pays existent sur la scène internationale grâce à une "armée" de sportifs surentraînés...La métaphore guerrière est très (trop à mon goût) présente sur la scène sportive. Un théoricien de la motivation a dit que, plus que d'avoir des amis, il importait de connaître ses ennemis. Il est vrai que l'on se réalise souvent contre, en affrontant des difficultés, en surmontant des problèmes, en s'habituant à toutes formes de difficultés...Bref, en étant fort dans l'adversité. Les théoriciens des crises et de l'auto-organisation ne me démentiront pas.


Le sport peut être éducation...en lien direct avec le paragraphe précédent d'ailleurs. La pratique sportive peut forger un caractère (et aussi un corps, l'éducation est aussi physique). Mais en 1942, Maurice Baquet disait déjà "Le sport a des vertus, mais des vertus qui s'enseignent". Comme tout outil, le sport dépend de la manière dont on s'en sert. Ainsi j'ai souvent admiré la belle éducation des jeunes de Véloroc Cavaillon et du Team Véloroc - Lapierre. La sagesse et le dynamisme mêlés de leur encadrement ne sont pas étrangers à ce bon comportement d'ensemble. L'attitude sportive au sens noble du terme ne va pourtant pas de soi. On peut aider un ami à gagner – on peut chercher à vaincre à tout prix mais avec fair-play – on peut devenir "méchant" en course sans pour autant enfreindre les règles – on peut tricher pour gagner...On peut se ficher de la victoire et se focaliser sur la prestation.


Le sport peut être travail : professeur d'EPS, moniteur de sport, entraîneur sportif, sportif professionnel...Malgré cela la passion peut subsister, partiellement, totalement...ou disparaître.


Le sport peut être épreuve, souffrance, abandon, déception, sentiment d'impuissance parce qu'on s'entraîne et qu'on stagne (peut-être s'entraîne-t-on mal...), solitude parce que notre niveau baisse et que l'on n'est plus reconnu (aux sens physique et social), emprisonnement lorsque le rythme et l'hygiène de vie sportifs sont vécus comme un carcan...Le sport mène à tout à condition d'en sortir?


Le sport peut être épanouissement, accomplissement : de soi, de ses rêves les plus fous...


Le sport peut être idolâtrie, adulation, fanatisme, oubli de sa propre existence dans l'imitation d'un champion.


Le sport peut être réussite et foule d'admirateurs un jour, échec et anonymat le lendemain.


Amour, méfiance, indifférence, haine, modération, excès...Le sport peut inspirer tout cela et bien d'autres choses encore. Par exemple une envie d'écrire…D’où ces quelques lignes.

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