Saint-Pompon c’était bon-bon!

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Samedi 26 mai, 13h, je redescends du podium, je discute avec un habitant de Saint-Pompon, je lui dis "J'aime bien ici, c'est préservé, c'est pas l'usine en quelque sorte"...il me répond:  "Ah oui l'usine la plus proche elle est à...En fait y'en a plus!"








Le national - local:

C'était ça la coupe de France à Saint-Pompon, une organisation nationale aux forts accents locaux, qui fleurait bon l'accent rocailleux du sud-ouest : rassemblement au camping municipal, speaker qui parle autant des animations que de la course (la course était une des animations en fait), vendeurs de saucisson (j'ai testé je  ne le regrette pas!), de miel (idem!), de fromage, tailleur de manches de couteaux, de cuillers à miel, de casse-noix, qui travaille sous nos yeux, tombola, randonnée vtt le dimanche, hommes de Cro-Magnon au podium...Les organisateurs avaient pensé cette coupe de France pour toute la famille!








Cerise sur le gâteau, le Team Haute-Marne était logé dans un gîte où nous tenions compagnie aux ânes, fourmis et autre chien paisible qui attendait juste qu'on le câline un peu. Anecdote : les propriétaires du gîte nous avaient conseillé de nous adresser au magasin de fleurs de Salviac en cas d'absence. Ce que nous fîmes. Ils nous accompagnèrent alors vers Le Maine, lieu-dit du gîte...Heureusement qu'ils nous ont accompagnés, car à la dernière intersection de route il y avait deux pancartes opposées indiquant toutes deux Le Maine! Abondance de biens ne nuit pas...








Bref un petit goût de paradis pour moi qui supporte de moins en moins les organisations "usines" et les "cages à touristes" où on se bat pour un mètre carré. Je me sens de mieux en mieux dans ces endroits dont Jacques Chirac disait "C'est beau mais c'est loin" (ce à quoi l'autochtone pouvait répondre : "Loin de quoi?"...).








Ma course et un podium...!

Malgré tout c'était un week-end de compétition alors parlons-en. J'ai couru avec les moyens du moment, encore fatigué des enchaînements d'organisation Thonnançaise + Roc Mélaire vtt. Parti 5 - 6ème scratch, j'ai progressivement faibli (les temps au tour en attestent), faisant un léger surrégime dans le deuxième tour, qui m'a valu quelques erreurs techniques et une chute. Je produis néanmoins un dernier quart d'heure de bonne facture ainsi l'addition n'est pas trop lourde. 9ème scratch et 2ème master 40, c'est, disons, honorable, mais loin d'être exceptionnel, et je ne cache pas que j'aimerais bien pouvoir m'entraîner sérieusement pendant un temps pour retrouver un bon niveau et surtout des sensations de plaisir à haute intensité, celle qu'on a quand on est en forme.








Lionel Ipert (second au scratch) me devance largement en M40, on se retrouve sur le podium avec Stéphane Onésime, où une très agréable surprise nous attend: Lionel gagne une tourelle en pierre taillé, Stéphane et moi un cèpe du Périgord du même "métal"...Le mien pèse 14kg700! J'apprécie énormément, c'est à l'opposé des "pâtes à sel" de catalogue souvent offertes.








Regardez bien : on voit le bidon vide en train de tomber, à 50cm du sol!






Le Team Haute-Marne:

Avec le Team Haute-Marne on a pas mal rendu service au cadet Hugo Briatta qui, avant sa course, a connu pas mal de problèmes d'indexation, chaîne, dérailleur, freins...Tout cela remis d'aplomb il termine 3ème en cadets! Il nous a chaudement remerciés.








On a aussi connu un "drame" (toutes proportions gardées): Vincent Matz, récent 24ème en coupe du monde juniors à la Bresse, espérait un top 5...Explosif il part entête, mais au bout de 30m de course il déclipse de la pédale droite, passe par-dessus son vtt et chute devant 180 concurrents! Ultra-dépité, il repart quand même...La meilleure chose qu'il avait à faire! Il est bon dernier, a perdu son bidon, se lamente dans les bouchons à l'entrée du premier singletrack. Justement j'y suis posté. Je ne lui communique que des consignes positives : "Prends les extérieurs, double le maximum de concurrents, entraîne-toi aux dépassements"...Pendant la course il n'y a pas de place pour les atermoiements, il faut avancer, on fait le bilan à l'arrivée seulement.








A chaque fois que je le revois je lui fixe des objectifs, il semble pouvoir taquiner le top 20, ce qui serait une extraordinaire remontée...Il terminera finalement 34ème,en étant reparti 180ème, je vous laisse faire le calcul...A l'arrivée il peut enfin fondre en larmes. Normal. Je lui explique qu'il a fait une grande course, qu'il a montré plus de choses que dans certaines larges victoires, que c'est dans ces moments qu'on montre ce qu'on a vraiment dans le ventre, qu'il sauve une bonne ligne de départ pour Super-Besse...Vincent prend peu à peu conscience du bilan positif qu'il a su forcer, son moral remonte peu à peu.








Cette course me rappelle une discussion que j'ai eue quelques heures avant avec Yvon Miquel sous la tente Véloroc-Lapierre, Yvon capable de prévenir ses meilleurs jeunes qui gagnent course sur course qu'il n'en sera pas toujours ainsi...Il les endurcit de manière préventive. Belle lucidité, à l'opposé de certains parents qui s'empressent d'accéder aux désirs inutiles de leurs cadets de rejetons : roues carbone et boyaux à 16 ans...Comment pourront-ils encore découvrir et ne pas être blasés à 20 ans, ou ne pas se croire arrivés avant l'heure? Les champions de demain passent souvent inaperçus en cadets, ils se battent, gravissent marche après marche, grappillent place après place dans une ascension difficile, à l'opposé de ceux qui gagnent trop de courses trop tôt et qu'on "championise" trop vite.








Allez, terminons avec une photo de ce podium dont je ne me lasse pas:








14kg700 d'ambiance locale...




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