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Tout va si vite, surtout les JO.

17 août 2012 @ 23 h 12 min In Divers

3 semaines que je n'ai pas écrit et il s'est passé tant de choses...J'en étais resté à une course sur route. Depuis j'en ai fait de la route...du ferry aussi. 850km de route pour  rallier Roscoff (avec, au passage, vente de mon X-Control vers Le Mans, adieu à ce vtt qui m'a tant apporté depuis...2001!), 15h de ferry pour rallier Rosslare en Irlande, visite de l'île en commençant par deux jours chez l'ami Peter Buggle, rencontré à Pra-Loup en 2009. VTT Rouler plus vite était sorti depuis un an, on avait fait une photo ensemble avec le bouquin dans les mains, on en avait reparlé quelquefois, Peter aurait aimé pouvoir en lire une version anglaise, mais le manque de moyens (traduction = 25 euros la page, à multiplier par 430 pages...). Sauf que depuis je me suis beaucoup entraîné en anglais, au point d'en donner des cours parfois...et que Karen, compagne de Peter, me propose de tenter la traduction en me proposant de la peaufiner ensuite. Comme une Guinness en Irlande, ça ne se refuse pas! (enfin, si, en ce qui me concerne, la Guinness...). Depuis 4 jours j'ai donc commencé la traduction de VTT Rouler plus vite. Sacré morceau! Une heure par page (mais je pense accélérer au fur et à mesure) car je cherche la meilleures expression correspondant à chaque phrase, j'épluche mon gros dico Robert et Collins, pour certains mots il y a deux pages entières de traductions différentes...Bref, me voilà embarqué dans un nouveau gros projet, et j'aime ça! Fin de la traduction à mon avis entre mai et août 2013.


En 2013 je vais aussi tester pas mal de nouveaux modèles Lapierre vtt et route, j'ai d'ailleurs déjà commencé avec un route Sensium 200 et un vtt X-Flow 912 qui donne très envie de bouffer du sentier technique à grande vitesse! (je ne m'en prive pas). Du "travail" mais aussi pas mal de découvertes en perspective, good!


Mais revenons à l'Irlande, où nous avons pas mal marché, tant en ville (près de 10h de marche dans Dublin!) que dans la nature, plutôt préservée dans ce pays, ma foi très joli, même ai avec Lolo on s'est fait la réflexion que quand on a fait le tour de l'Islande à pied (nous l'avons fait en 1990), on a du mal à trouver un pays "très beau" (l'Islande c'est assez magique!). L'Irlande a cependant un point commun, et peu glorieux, avec l'Islande: la population bouffe et boit, beaucoup, trop...et grossit, beaucoup, trop...Peter et Karen, tous les deux très affûtés, en sont effarés. Moi aussi. Et c'est la même chose dans le monde entier ou presque, à commencer par le Brésil où je vais retourner dans trois semaines et où je retrouverai ces jeunes enfants plus gras que leurs parents, eux-mêmes (beaucoup) plus gras que leurs grands parents...Le monde enfle, bouffe des saloperies (rubbish disait Karen écoeurée), a de plus en plus de mal à bouger sans moteur...Pendant ce temps la télé nous montrait les Jeux olympiques, vitrine d'un monde physiquement parfait, face émergée d'un iceberg de graisse...


Parlons un peu de ces JO de Londres. Je les ai regardés pendant la première semaine, pas mal oubliés pendant l'Irlande, revus le dernier week-end. En Irlande j'ai constaté qu'on ne parlait presque que des Irlandais aux Jo comme on ne parle presque que des Français en France. Dans une planète en pleine mondialisation, les JO sont un refuge patriotique (nationaliste?) qui permet de chanter à pleine gorge "Qu'un sang impur abreuve nos sillons", ou comment sanctifier un chant aux paroles racistes...


Heureusement les JO ne sont pas que cela, et ceux-ci furent, à mon goût, riches en bons sentiments et jolies actions. L'image qui m'a peut-être le plus touché fut cette larme coulant lentement sur la joue rose de Julie Bresset, si fraîche (elle, la larme aussi), si sincère. Depuis des années Julie semble surprise de tout ce qu'elle gagne et c'est très jolie...Julie. Tout cela fut provoqué par la Marseillaise, comme quoi rien n'est simple (rq: avec des paroles plus pacifistes, ce chant ne perdrait rien de sa puissance émotionnelle). Il y eut beaucoup d'autres belles choses, avant tout ces très nombreux athlètes qui ont sincèrement eu "l'esprit olympique" et ont concouru dans un esprit fraternel malgré l'adversité. Il y eut bien sûr quelques exceptions comme quoi la réalité est rarement simple et uniforme : quelques cas de dopage et de non-combativité notamment, mais pas de quoi polluer l'ambiance générale, dont j'ai apprécié le ton rock and roll, partout en filigrane, et carrément dominant aux cérémonies d'ouverture et surtout de clôture.


Et puis il y a eu la course de Julien Absalon, ce moment dont on se demande s'il a bien existé. Passons sur les piteux commentaires de Jean-René Godart ("Julie Bresset est en forme, elle prend bien les virages à l'intérieur"...alors qu'à peu près tous les virages se prenaient à l'extérieur avec appui! Ou bien ce moment surréaliste où il s'adresse à Laurence Ferrari (oui oui, repassez la course, vous entendrez!), etc.). Laurence Leboucher (puisque c'est à elle que J-René s'adressait) n'était pas en grande forme elle non plus, parlant des tailles de plateaux sans les relier aux tailles de roue, disant que Kulhavy avait peut-être fait un choix de taille de roue différent des autres (alors que tout le monde sait qu'il roule en 29"), ne parlant jamais du fait qu'il roulait en tout-suspendu, ne voyant pas la crevaison d'Absalon alors qu'on s'en rend bien compte sur deux séquences, ne voyant pas plus celle de Sven Nys, ni la tige de selle cassée de Fontana, réagissant comme si elle ne connaissait pas universalbikeracing qui diffusait déjà la nouvelle de la crevaison d'Absalon...bref, un grand moment de commentaire sportif...Quand on a entendu avant les commentaires de la natation, de l' athlétisme ou du judo, ça fait mal aux oreilles. Surtout, ça ne valorise pas le vtt!


Et Absalon? J'ai été impressionné par le contrôle de soi qu'il a affiché après son abandon. Pourtant je suis certain que d'une certaine manière tout s'écroulait pour lui. Des années de travail volatilisées. Ensuite j'ai pu voir à quelle vitesse un sportif, la veille cité par tout le monde, disparaissait de la scène médiatique. Une disparition qui à elle seule montre la dureté du monde dans lequel nous vivons. Bien sûr je m'empresse de dire que Julien n'est pas à plaindre. Il est double champion olympique et son palmarès est long comme un 21 juin. J'ai aussi noté cette avalanche de critiques : "Pourquoi n'emportait-il pas de bombe de réparation? Pourquoi a-t-il abandonné au lieu de finir à une place honorable?" Etc. Julien s'est d'ailleurs exprimé personnellement dans sa dernière newsletter pour expliquer qu'il était tellement focalisé sur une médaille que lorsque l'obtention de celle-ci était devenue impossible, il n'a plus trouvé aucune motivation pour aller plus loin. Je trouve cela humain! Cela montre au passage que malgré son hallucinant niveau, il reste faillible, c'est presque rassurant. Il n'est pas une machine.


Concernant "l'erreur" qu'il aurait faite de ne pas emporter de bombe anticrevaison, évidemment il n'a pas fait d'erreur. Pourquoi? D'abord parce qu'il a fait plus de 100 tours de repérage sans crever. Ca n'incite pas à emmener une bombe anticrevaison. Ensuite parce que la bombe anticrevaison ça ne fonctionne pas toujours. En l'occurrence s'il s'en était servi après sa véritable crevaison, elle n'aurait pas fonctionné puisqu'il avait pincé (une bombe anticrevaison n'a jamais réparé une crevaison par pincement, le trou est trop gros et la plupart du temps il y a deux trous). Aurait-il dû mettre un coup de bombe avant le départ quand il a senti que son pneu était peut-être un peu mou? Mettre un coup de bombe dans un pneu qui est presque à la bonne pression n'est pas facile et ne fonctionne pas toujours. Aurait-il dû mettre un coup de bombe avant de vraiment pincer? Visiblement le pneu était un tout petit peu trop mou, donc pas assez pour se dire qu'il y avait perte d'air. D'ailleurs Julien n'a pas réussi à croire qu'il perdait de l'air avant le départ (il est vrai que juste avant un départ de JO on n'est pas là pour gamberger, on positive un point c'est tout!). Pour finir, si Julien s'était arrêté pour mettre un coup de bombe, il aurait quand même perdu 20 à 30 secondes, et se serait peut-être quand même arrêté à l'assistance pour prendre une autre roue par sécurité. Le bilan aurait été le même. A mon avis, la seule chose qu'il aurait fallu faire eût été de changer de roue avant le départ. Après c'était cuit quel que soit le scénario.


Le sport est ainsi. Tout peu basculer en rien de temps, un peu comme un accident de la route. Mais avec des conséquences moins graves ne l'oublions pas. Julien va continuer de performer à vtt, et bravo à Stéphane Tempier (appelé Templier au début par Jean-René!) pour sa 10ème place. Je note d'ailleurs qu'après l'abandon de Julien il est remonté rapidement à la 6ème place avant de faiblir un peu. J'émets l'hypothèse que le staff de l'équipe de France lui a demandé de tenter le tout pour le tout après l'abandon de Julien, ce qui me paraîtrait logique tant aux JO, à part ceux qui viennent pour participer, seules comptent les médailles.


Déjà les JO sont finis (restent les paralympiques quand même), déjà les vététistes pensent aux championnats du monde, dans une semaine les Français vont se remettre en ordre de bataille aux Ménuires...Tout va si vite.


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