Une journée au paradis.

Article publié dans la rubrique Jeunes, éducateurs

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Le paradis est sur Terre...en Europe...En France...en Champagne...en Haute-Marne...au Cul du Cerf, petit site touristique perdu comme peut l'être la Haute-Marne.




Vendredi 19 juillet j'ai proposé à quelques jeunes un aller-retour avec pique-nique. Pour des raisons de logistique (présence de tout jeunes qui ne pouvaient pas faire ce trajet à vélo), on a eu droit à une "voiture suiveuse", qui ne fut pas du luxe! En effet, avec 28 à 35° au thermomètre, le jerrycan de 10 litres s'est avéré fort utile pour mouiller à plusieurs reprises les mousses de casque, voire tout le corps des petits jeunes.






Ce fut une bonne virée: 28km aller + 35km retour, autant varier les itinéraires. Aller "court - difficile" avec côtes et vent de face pour passer des 180m de Thonnance aux 420m du Cul du Cerf, retour "long - facile".






Dès la veille les quatre jeunes élaborent des stratégies de course! "Je vais vous attaquer, je vais vous mettre minable"...Jusqu'à la meilleure qui consiste à imaginer une échappée des quatre jeunes poursuivie par un peloton réduit à...zéro coureur! Fallait y penser. Le pire, c'est que dès le départ et malgré nos avertissements ("Ce sera long", etc.), ils partent comme des balles, le petit Malo passant d'ailleurs toute la journée à attaquer. Quelle santé! Le soir, en guise de repos, il joue au tennis...On a aussi découvert les talents de drafteur d'Oscar (à triathlètes, langage de triathlètes...) qui drafte tout ce qui passe: copains sûr mais aussi tracteurs et même un camion! A 11 ans...Oscar a cette réflexion: "Il vaut mieux drafter, dans le Tour de France la plupart du temps ça arrive en peloton et c'est un coureur du peloton qui gagne". Draft, en anglais, signifie notamment sillage...Ce qui m'inspire cette brève tirade:






Y'a pas d'âge
 pour le sillage



 Nous partons sous un franc soleil vers le Cul du Cerf, rejoint à 22km/h de moyenne, ce qui est respectable! Ces jeunes croquent la vie et écrasent les pédales. Puis on mange avant qu'ils aillent voir le fond du trou (le Cul du Cerf est une sorte de ravine de 70m de profondeur), remontent à fond la caisse en coupant droit dans la pente, et rattaquent à vélo, encore plus vite qu'à l'aller, les 35 derniers kilomètres.  Malo remet le couvert, mon petit Jules se plaint si je lui donne un conseil mais écoute ceux du papa d'Arthur (...et vice-versa avec Arthur qui gémit si papa lui donne un conseil mais écoute les miens...vive la "théorie de l'oncle"). Oscar continue de jouer au drafteur qui place une accélération de temps à autre...Le temps passant la température monte de plus en plus. Ce qui ne refroidit pas nos jeunes :-) . Arthur, le seul sur un vélo aux roues de 600, fait preuve de bien du courage pour suivre le rythme. Jules commence à comprendre comment s'abriter dans les roues par vent de travers (Oscar le drafteur a vite compris!), et tout ce beau monde rentre ventre à terre et plein soleil vers Thonnance et les bouteilles de Badoit aromatisées au Citror qui ne se voient pas mourir.






Ce vendredi je me suis dit


Qu'on était proche du paradis


D'où cette tirade supplémentaire


qui place le paradis sur Terre.






35° à l'ombre...personne ne t'oblige à rester à l'ombre :-)






Le luxe absolu dans le basique le plus total...






L'oeil de Jules a vu cela...même l'insecte en haut à droite.


 


 


PS: le soir vers 21h, on retrouve de la fraîcheur, on coupe des branches de cyprès, on les brûle...Jules m'aide, peu à peu on s'assoit devant le feu faiblissant, vers 23h30 on s'allonge, je regarde les étoiles et me dit que certains jours sont bénits...Ma cuisse gauche est occupée par la tête de Jules qui, en boule contre moi, ronfle de bonheur...A minuit je le réveille "Allez ma bouille on va se coucher"..."Oui papa".  Une dernière étoile filante...on file au lit.


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