Un orage terrible!

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Je me souviendrai de ce jeudi 1er mai 2014...Le matin, avec Valentin Clément, on se rend à Couvrot pour... la randonnée vtt de Couvrot. On a pris les vtt d'enduro (Valentin son Giant avec pneus qui "collent" grave, et moi le Zesty AM avec de gros Cougar enduro), sauf que suite à un problème d'autorisation les organisateurs ont dû supprimer une grande partie des singletracks qui font le "sel" de cette rando. Du coup je pousse du braquet pendant 2h43 pour 54km. Roulant. Mais amusant quand même car on est une bonne bande de rigolards. Et puis c'est bien organisé, rien à dire, et on ne peut pas en vouloir aux organisateurs d'avoir été empêché de proposer certains singles. Il en restait d'ailleurs quand même quelques-uns bien amusants.


A 13h je suis à la maison. Repas...A 13h30 je m'allonge devant Deluxe Music TV et m'endors plus ou moins...A 15h je décide d'aller nettoyer-flécher une partie de la rando 2 (10km) des Balcons de Mélaire du 4 mai. Il fait lourd, je suis en t-shirt, j'ai un sac à dos avec un sweat au cas où, un litre d'eau sucrée, la rubalise, la bombe de peinture, le coupe-branches, la scie et le téléphone. J'avance dans une ambiance de muguet et au bruit des "coucou- coucou- coucou"...du Coucou. Ca va tellement bien que je me dis que je vais faire les 10km. Au pire, je retournerai à Poissons (km5) si j'en ai marre, et ferai du stop pour retrouver la voiture garée au bord de la route, à un endroit où la rando la croise.


A Poissons je suis motivé, je ne sens plus les 54km de la rando du matin (!), je continue. Une section de 500m à gauche des premiers lacets de Mélaire me demande pas mal de travail, des rejets ont repoussé. Ensuite il pleut dix minutes puis ça se calme. Je rencontre deux vététistes qui prospectent dans le secteur, leur parle des Balcons...Ils viendront dimanche. Arrivé au site de Mélaire, je revois les vététistes qui accrochent les vélos derrière la voiture et leur dis "Je crois qu'on va s'en prendre une bonne"...En effet le ciel est devenu tout noir, il fait presque nuit! Il est environ 17h30.


Alors je monte la "côte du pylône" quatre à quatre, me disant qu'il faut vite rentrer (il me reste 3-4km). Mais au sommet c'est la guerre! Un nuage passe à vitesse grand V au-dessus de ma tête, tout près...S'ensuit un coup de vent terrible et ça se met à tonner dans tous les sens. Il y a des éclairs partout et si près que je prends peur car je porte le coupe-branche et la scie, métalliques, j'ai peur qu'ils attirent la foudre! J'avance un peu, je recule sous un arbre, mais c'est un arbre isolé, c'est dangereux sous l'orage...Je change d'avis, court dans la prairie, maintenant il pleut des trombes d'eau...Puis il se met à grêler très fort, en une minute c'est tout blanc! Je rentre dans la forêt sur le singletrack du TRJV du 13 avril, sous les arbres il fait nuit! Je ne suis pas abrité tellement ça tombe.


C'est vraiment trop. Je sors mon téléphone et essaie d'appeler Lolo pour qu'elle vienne me chercher en urgence en voiture à Mélaire. Ca ne passe pas! Je réfléchis deux secondes et décide que le mieux est d'avancer. Les orages ne durent jamais très longtemps. Je pose quelques rubalises en passant. Je sors sur le grand chemin blanc, il y a des torrents d'eau dessus, qui s'engouffrent dans la pente, plus de 20cm d'épaisseur d'eau, incroyable! J'ai dû me retrouver au centre de l'orage...J'alterne marche et course mais malheureusement mon genou droit me fait mal quand je cours...J'aborde la longue descente du Retour (un superbe passage en balcons), je casse quelques branches qui, alourdies par la pluie, barrent le chemin...Je commence à reprendre espoir, la voiture n'est plus qu'à deux kilomètres. Je dégouline exactement comme sous une douche (froide), je tremble...Impressionnant comme les conditions peuvent vite changer dans la nature. Je pense aux alpinistes qui ont été piégés par des orages (j'ai fait beaucoup de montagne dont certains trucs engagés en solo, mais je n'ai jamais été pris par un violent orage seul en montagne).


Quand je prends pied sur l'ancienne voie ferrée en bas du Retour, j'ai le moral. Il me reste un kilomètre, il pleut moins, j'entends les voitures sur la route, ça sent l'écurie. Dix minutes après je m'engouffre dans la voiture. Il fait 9 degrés. Il en faisait 17 quand j'avais démarré. Rentré chez moi je me plonge immédiatement dans un bain, pendant vingt minutes...et le monde redevient normal.


Mais je me souviendrai de cette journée!

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