Tour de France 2014, pensées en vrac.

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Je me suis intéressé au Tour de France 2014, il y avait de quoi, des rebondissements en veux-tu en voilà. J'ai regardé pas mal d'étapes, tout en faisant parfois une deuxième chose en même temps (écran d'ordi + écran de télé, le geek!). Voici un échantillon de choses qui m'ont traversé l'esprit pendant que les coureurs traversaient la France:


A la piscine, le jour des pavés, un MNS me demande "Tu crois que ça va être dur pour Froome?". Je réponds "Je  pense qu'il ne passera pas l'étape, je pense qu'il est de plus en plus crispé sur  le vélo, et je crois qu'il va même avoir un problème d'aisance sur le vélo dans la suite de sa carrière. C'est un coureur tellement guidé aux oreillettes qu'il a du mal à réagit correctement de lui-même". Le lendemain je retourne nager...Le MNS me dit "Dis donc tu avais vu juste!". C'est vrai. Reste à savoir si ce que j'ai dit sur la suite de sa carrière s'avérera vrai. J'espère me tromper...


2ème jour: Nibali remporte l'étape "montagneuse" en Angleterre. Je ne vois pas cette étape mais suis très surpris: comment a-t-il pu sortir de la sorte? En début de Tour tout le monde est frais, c'est très dur pour un favori, forcément surveillé, d'aller chercher ce genre d'étape. Je suis surpris mais à ce moment-là je ne le vois pas encore comme grand favori.


Etape des pavés: Nibali fait un festival, il tient la dragée haute aux spécialistes des pavés, je me dis qu'il doit être en grande forme car quand on est en grande forme "tout passe". Mais quand même, il n'y a pas que cela: Contador est aussi en très bonne forme semble-t-il et pourtant il est collé sur les pavés! Nibali ferait peut-être bien de s'inscrire à Paris-Roubaix, une fois, pour voir...


Première étape vosgienne: Blel Kadri fait un sacré numéro sur la f in, les cadors ne lui reprennent rien alors que tous les autres membres de l'échappée sont avalés. Ce jour-là il a vraiment roulé vite! Je le v ois ensuite remercier tout le monde, discuter, voir ses mécanos...Je me dis qu'il va avoir une nuit courte et que le lendemain le réveil sera douloureux. Je ne croyais pas si bien dire! Le lendemain il s'accroche toute la journée...Et d'une certaine manière jamais il ne récupérera vraiment de sa belle victoire d'étape. Mais il continuera de se battre comme un beau diable jusqu'au bout, c'est un des beaux exemples de ce tour.


Ce matin, je roule sur route, 2h10 avec 4 séquences de 6 minutes de force assise. Je traverse des villages pendant des séries, entre 35 et 43 à l'heure, certaines rues sont "mal droites - mal larges", soudain je me dis "Quelle galère ça doit être de faire trois semaines à 50 à l'heure avec plein de monde à frôler toute la journée, les gens au téléphone qui ne regardent même pas du côté des coureurs, ceux qui traversent au dernier moment pour soi-disant mieux voir, ceux qui courent à côté des coureurs, ceux qui leur mettent des tapes sur l'épaule, qui leur gueulent dans les oreilles, les motos qui roulent tout près d'eux: gendarmerie, télé, ardoisier et j'en passe, l'odeur de gasoil, de barbecue, le BRUIT toute la journée...Bien sûr ça aide à se mettre à bloc, mais aussi à se casser la gueule...Quel chantier!


"Chantier"...Le soir de l'étape de la Planche des Belles Filles, j'envoie un petit texto à J-C Péraud, où je lui dis que le Tour 2014 est "la plus grande course de vtt du monde" (il pleut tous les jours, ça glisse, ça tombe, les coureurs sont sales...), donc que c'est normal qu'il soit bien placé, j'ajoute "Tout la famille est derrière toi, de toute façon devant on ne pourrait pas :-)  ". Il m'envoie un smiley, je ne l'embête plus jusqu'à la fin du Tour, pourtant certains jours on aimerait tellement lui envoyer encore un mot d'encouragement, mais je pense que le mieux est qu'il soit tranquille.


Etape de Mulhouse, je suis fasciné par l'attitude de rouleur de Tony Martin, rien ne bouge, sauf les jambes qui tournent, on sent une "puissance souple" énorme, ça donne envie de faire du vélo. Souvent je suis allé rouler juste après l'arrivée des étapes...


Première semaine (voire un peu plus): les coureurs tombent par paquet, parfois les plus grands favoris, Laurent Jalabert, après la chute de Contador, dit que ce tour prend une drôle de tournure, c'est vrai, à ce moment précis il y a comme un sentiment de jeu de massacre...Puis le soleil revient d'un coup, les chutes s'espacent (mais ne disparaissent pas, voir l'énorme gamelle de Jacob Fuglsang), la chaleur fait très mal sur l'étape de Chamrousse (encore plus que le froid ou la chaleur, ce sont les changements  de température soudains qui agressent l'organisme). Au sommet de Chamrousse je ne m'attends pas à une suite de Tour aussi admirable de la part de Jean-Christophe!


Majka: celui-là a vraiment marché fort sur la fin, s'il n'avait pas chuté, Contador aurait eu un sacré équipier en montagne...Et si Contador n'avait pas chuté, Majka n'aurait peut-être remporté aucune étape! Le malheur des uns...


Parfois mes pensées étaient plus vagabondes: "Quelle pollution ce Tour, qu'est-ce qu'on pollue quand on fait de la compétition...Mais finalement, on pollue dès qu'on fait quelque chose...Alors il ne faudrait plus rien faire? On ne polluerait plus (plus précisément on polluerait beaucoup moins), mais la vie n'aurait plus aucun sens. On est né dans un monde industriel, consumériste, même en faisant des efforts écologiques on pollue encore beaucoup. Ce matin j'ai poussé une gueulante en voyant un cycliste jeter un emballage, j'étais en voiture, je suis venu à sa hauteur et lui ai dit "Tu ne peux pas remettre ça dans ta poche?"...En fait, en roulant en voiture je polluais bien plus que lui...Mais je ne doute pas que lui aussi parfois roule en voiture, à ce moment-là il y a bien des chances qu'il jette des détritus par la fenêtre...Bref, même en ayant un mode de vie polluant on peut quand même essayer d'aller vers un peu plus de respect pour la Planète. En regardant le Tour à la télé finalement je pollue assez peu!


Jean-Christophe Péraud va, je pense, terminer 2ème du Tour. Cela risque d'être son "sommet" sur route. Son sommet vtt fut une 2ème place aux Jeux Olympiques de 2008...J-C: éternel second? Non! Il a remporté plusieurs fois la coupe de France vtt, il a été champion de France vtt marathon, champion d'Europe xco vtt (devant Julien Absalon!), champion de France contre-la-montre sur route (devant Chavanel!), a remporté un paquet de courses vtt et route (dont le Critérium International quand même!)...Et il est ingénieur. Quel parcours...


Gérard Holtz, non content de se faire filmer sans casque (voir mon article du 17 juillet), interviewe Jean-Christophe Péraud tout à l'heure à l'arrivée à Bergerac, lui parle du contre-la-montre de demain...et lui dit qu'il va falloir essayer de ne pas faire comme l'année dernière! Si J-C avait oublié sa chute du contre-la-montre de Gap 2013, un grand "merci" à Gérard Holtz de la lui rappeler à la veille d'un contre-la-montre capital! J-C a été très courtois dans sa réponse, mais on aurait pu comprendre qu'il le prenne mal. Gérrd Holtz, l'anti-psychologue de service...Parfois il est vraiment énervant. Il me fait penser à un journaliste de Voici égaré sur le Tour. Pourtant il fait du vélo. Va comprendre...


Le Tour 2014 était (est) passionnant. Les gars attaquent et craquent, il n'y a pas une équipe qui étouffe la course tellement elle roule vite (dire que les coureurs ont accepté ça sans broncher pendant des années!), le tracé est appétissant...Demain je gravirai l'Alpe-d'Huez avec des images plein la tête (même s'ils n'y sont pas passés cette année :-) ).


Vive le vélo!

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