Alpe-d’Huez…Une semaine au paradis.

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Jules qui a envie de faire le triathlon enfants de l'Alpe-d'Huez, la famille Coupas qui le fait aussi, une réservation dans le même bloc à 20m de distance...Voilà comment

est née cette semaine alpestre.


Samedi...de rouler


Le samedi 26 juillet on fait la route et vers 17h on arrive aux appartements. On a décidé de faire une semaine « sans écran » mais on se rue sur la télé pour voir la dernière demi-heure du contre-la-montre du Tour ! Jean-Christophe Péraud arrache la deuxième place du général et fond en larmes, je ne peux m'empêcher de lui envoyer un texto ultra-court (« YES !!! »), à ce moment-là je me dis qu'il doit revoir tout ce qu'il a fait depuis sa chute dans le contre-la-montre de Gap 2013, le fait que cette fois il a réussi à passer tous les obstacles du Tour de France sans encombre majeur alors même que plusieurs grands favoris (Froome, Contador, Talansky) ont laissé leurs espoirs (et de la peau) sur le bitume...Après ce contre-la-montre dont on se souviendra longtemps, il me reste un peu de temps pour rouler...Je saute dans le cuissard et enfourche le Xélius : descente sur Bourg-d'Oisans en 20 minutes, remontée à l'Alpe-d'Huez en 55' jusqu'au dernier rond point qui précède l'arrivée du Tour. 34X23, 34X21...C'est raide mais bien revêtu, moi en haut je suis pas mal dévêtu mais pas raide :-)


Un dimanche de lacets et de délivrance


Le dimanche 27 juillet rebelote ! Plus lentement, 1h22...mais avec Jules et son copain Arthur (12 ans chacun), ils se sont mis en tête de grimper l'Alpe ! On descend, on roule un peu avec ''papa Anthony'' (Coupas) qui va faire le duathlon de l'Alpe-d'Huez, et c'est parti. Les deux jeunes trouvent le début très dur, je les rassure « ça va aller mieux ensuite » (…), au bout de 3km d'ascension je prends régulièrement de l'eau dans des sources pour les asperger, Jules prend une minute à Arthur sans le chercher, puis Arthur, à partir du moment où je l'arrose, revient comme une balle sur Jules ! Je me dis « Jules va prendre cher »...Non, il se cale dans la roue d'Arthur et suis, ils soufflent mais montent bien (8 – 10km/h), de mon côté je trouve mon 34X25 un peu « lourd » pour monter à cette allure...Jules a un vélo de route triple plateau bien adapté à ces pentes (Lapierre Audacio Lady), Arthur a un Nakamura double plateau mais en 24 pouces ce qui lui permet également de disposer de braquets adaptés. Les deux sont très motivés, ils doublent 5 à 8 cyclistes en cours de route ! Au-dessus de Huez, ils se la font « à toi à moi » avec une Hollandaise. Dans le dernier kilomètre (dans la station), je me permets de les emmener dans ma roue, ils finissent vite, la Hollandaise disparaît des rétros. Ils finissent frais comme des gardons ! On achète une superbe photo de Jules prise par les photographes pros présents sur les lacets.






21 lacets serrés et un large sourire...au sommet!





 


L'Alpe-d'Huez est un peu au vélo de route ce que le Roc d'Azur est au vtt, ou le Mont-Blanc à l'alpinisme : on y voit de tout, notamment de nombreuses personnes qui ont visiblement peu l'habitude du vélo. J'ai vu un monsieur de 100kg gravir l'Alpe sur un vélo à petites roues...Ces personnes pas taillées du tout pour les ascensions m'impressionnent, respect !

Après cela je redescends au virage 4 voir passer les duathlètes, et en profite pour refaire les 4 derniers kilomètres en forçant bien, je me sens mieux que la veille, que demande le peuple...

Après cet après-midi sportif on rallume la télé pour la dernière fois de la semaine, on regarde la fin de l'étape des Champs-Élysées, je crie quand Jean-Chri chute à nouveau, je regrette mon texto ! Je tends le dos, je prie pour qu'il passe la zone fatidique des trois kilomètres avant l'arrivée, celle où la chute devient sans conséquence chronométrique...Une heure plus tard J-C termine bel et bien second du Tour, et les Français reviennent au premier plan au classement général avec Pinot 3ème.


La pire journée


Le lundi pour moi est nettement plus dur...La montée de l'Alpe à vitesse « trop réduite » avec les jeunes m'a cassé les jambes...La veille je l'avais déjà montée bon train...Le vendredi j'avais fait 2h10 de route avec 4 bonnes séquences de force...Le jeudi j'avais fait une séance de vtt bien garnie en fractionnés divers...Bref, le lundi 28 juillet, je pars vers 9h avec Anthony (qui la veille a galéré dans l'Alpe à cause d'un braquet de 39X25 trop lourd, surtout après la course à pied tambour battant), on descend à Bourg-d'Oisans, on prend la Rampe des Commères pour accéder au Lac du Chambon et on attaque le difficile col de Sarennes. Les premières pentes me renseignent immédiatement : aujourd'hui je vais en ch...La plupart du temps je suis dans la roue d'Anthony, il m'attend même quelques secondes à Clavans le Bas, puis on termine le col (raide, somptueux, montagnard) ensemble, je me sens incapable de changer de rythme. Alors je ne change pas de rythme...Syndrome du 3ème jour ? Je me promets de me reposer le lendemain. La descente du col de Sarennes à l'Alpe-d'Huez est mauvaise, presque « vtt » ! L'après-midi je suis une véritable loque, par deux fois je m'allonge et pique du nez, la nuit suivante je dors presque 10h...


Attendre que ça revienne


Le mardi 29 juillet, à part 30 minutes de mini-foot avec les enfants je ne fais rien de spécial. Ça me fait beaucoup de bien. Le lendemain, si j'ai bien récupéré, je pourrais envisager quelques fractionnés ? Cette journée de récupération tombe à pic, le matin il tombe de la neige fondue, et la neige tient à partir de 2200m...Un coup d'hiver...Ça se remet doucement dans la journée.


Fractionné en altitude et réveil de marmottes


Le mercredi 30 juillet, avec Anthony, on descend au barrage d'Allemont voir les triathlètes longue distance se les geler pendant 2200m (et 26' pour les meilleurs) dans une eau à 13,5°. Puis on remonte à l'Alpe par Villard Reculaz, une ascension moins raide que l'Alpe-d'Huez classique, mais néanmoins exigeante. Pendant les trois premiers quarts j'ai trop chaud (j'ai conservé un sous-vêtement chaud, le matin il faisait très frisquet). Après Villard Reculaz je produis 8 accélérations assez violentes tout en réussissant à pédaler correctement entre les accélérations (je tourne les jambes sur 34X23 en récup), ce qui m'amène jusqu'à 22,4km/h dans la montée de l'Alpe...En gros le rythme moyen des meilleurs grimpeurs du Tour, arghh ! L'après-midi on marche 3h avec les jeunes qui sautent, grimpent sur des blocs, chantent à tue-tête (à mon avis les marmottes sont rentrées bien profond dans leur trou!), dévalent en courant à l'Alpe...et s'endorment comme les marmottes qu'ils n'ont pas vues vers 22h ! Le petit Thomas a vu une sauterelle qui porte son petit sur son dos...il a l’œil! La voici:


Maman j'ai confiance en toi dans l'univers du vert...




Tests et sympathique rencontre


Le jeudi 31 juillet, on teste des vélos Canyon (un des exposants du triathlon). C'est toujours intéressant de voir ce que proposent d'autres marques, encore plus quand mon ami Anthony a envie d'en acheter un et besoin de finir de se faire une idée, et encore ''plus plus'' quand on tombe sur des gens très sympas, ouverts, dont on comprend vite qu'ils sont réellement passionnés de vélo...et de vtt. En effet, je teste 3 vélos : 2 vélos de route (un typé triathlon et un typé cyclosportives) et un vtt de 100mm de débattement prévu pour la compétition XC, que je trouve très nerveux mais un poil court (est-ce le vtt ? Est-ce dû à mon long buste...?).

Les vélos de route, je lest teste à la fois pour les comparer à mon Lapierre Xélius, et pour tester des roues hautes (des Reynolds carbone en l’occurrence).

Avec le vélo typé triathlon (HighRoad je crois), on descend de l'Alpe-d'Huez à Villard Reculas afin de trouver quelques sections plus ou moins roulantes (autour de l'Alpe il faut bien chercher!), puis on remonte, je m'amuse à rester sur la plaque (50X25) pendant 1,5km, ça va bien surtout quand je relance en danseuse, on voit que ces roues sont faites pour conserver de la vitesse (« carry on speed » diraient les anglo-saxons). Ensuite je pédale en vélocité (34X23) et ça va bien aussi ! Bonnes roues...

Sur l'autre vélo de route je roule plus peinard car j'ai déjà resté le vélo « tri » et le vtt (avec lequel j'ai accéléré gaiement pendant 20 minutes!), sur ce vélo typé cyclosportive je me sens pratiquement exactement comme sur mon Lapierre Xélius, et les roues ne sont finalement pas si dures (je ne dis pas non plus qu'elles sont vraiment confortables).

Au final ce jeudi matin j'ai roulé 1h35 avec quand même 1000m de montée, et avec pas mal d'accélérations intenses...Pas vraiment une journée de repos, mais à coup sûr une matinée de plaisir et de rencontres intéressantes.


Magie de montagne, rêve de neige


Le vendredi 1er août, avec Anthony on profite de notre dernière journée avec l'ascension du col de la Croix de Fer...après lequel il faut remonter une fois de plus à l'Alpe-d'Huez ! Prenez des vacances à l'Alpe, vous serez certain de faire du dénivelé :-) . Ayant regardé la carte grossièrement, je m'attendais à une sortie à 2500m de dénivelé. En fait il y a plusieurs descentes au sein de l'ascension de la Croix de Fer, et nous rentrons avec 4h12, 2860m de dénivelé, et une jolie « panne d'essence » d'Anthony dans la dernière demi-heure, alors que pendant tout le reste de la sortie il pédalait plutôt mieux que moi, qui était un peu « endormi » après une nuit pour une fois moyenne. Le col de la Croix de Fer par sa face sud est superbe, raide, avec très peu de lacets, ce qui rend sa descente très rapide...et sa montée agressive ! Celle-ci se déroule dans un cadre somptueux : cascades, lacs, torrents, plaques de neige...et du vert, partout. On pédale, on regarde, on est des fourmis.

En fin de sortie on rencontre un ami, Didier Soumaire, proche de (Gilles) Lapierre, qui après nous avoir offert un coup à boire nous rattrape dans les derniers lacets...au guidon d'un vtt !!! C'est un Lapierre Overvolt qui va over-vite...250 watts en plus ? Ce genre de vtt se développe pas mal actuellement, par exemple pour des couples dont Monsieur pédale fort et Madame moins fort, avec un vtt à assistance électrique pour deux les niveaux s'équilibrent et le couple peut monter des cols en restant uni. Le vtt électrique peut recharger les batteries d'un couple...

L'après-midi, nous sortons pour une fois les voitures, parcourons 5km pour nous rendre au col de Sarennes (1999m) où nous pique-niquons. Puis nous grimpons directement à gauche du col, dans des faces sud où j'ai repéré quelques plaques de neige que Jules et Arthur veulent absolument toucher. Ils sont motivés comme des Cadets (...ils sont Benjamins!). Il n'y a pas de sentier, du coup on est pleinement immergés dans l'ambiance montagnarde. Le groupe de neuf s'effiloche progressivement (le petit Thomas n'a que sept ans). On grimpe dans des herbes hautes, des tourbières, puis un énorme éboulis, au sommet duquel je poursuis avec Jules et Arthur, toujours aussi motivés. En chemin vers le névé, je découvre une edelweiss ! Ça ne m'étonne pas plus que cela vu qu'on est déjà à 2400m et que très peu de personnes passent ici (on ne croise personne). Je me contente de la photographier avant de la laisser vivre sa vie d'edelweiss...Puis je tombe sur de nombreux pieds de genépi. J'en cueille 4 brins afin d'en faire sentir l'odeur très caractéristique aux copains. Je photographie d'autres superbes fleurs dont je ne connais pas les noms et, last but not least, découvre un crâne et deux os symétriques d'un animal (chamois?) avec la plupart de ses dents, bien séché, propre. Je le fourre dans mon sac à dos pour le montrer au petit Thomas, qui adore les animaux et qui deux jours auparavant avait repéré la sauterelle verte portant son petit sur son dos...Ce crâne risque de finir sur sa table de chevet !







Je suis rare, ne me cueillez pas!






 


On atteint la plaque de neige après 600m de montée, on fait des photos, quelques vidéos de glisse (courtes car la plaque est raide et les enfants pourraient se blesser en prenant trop de vitesse), puis on redescend...et mon genou droit me fait salement dérouiller ! Ah, si seulement je pouvais seulement monter ! Je termine la descente un quart d'heure après Jules et Arthur qui ont couru comme des chamois et sont toujours en pleine forme. La journée a été bien remplie : 4h12 de vélo et 2h20 de marche...Combien de globules dans un mois en Norvège ?






deux mille six cents mètres et une plaque.




 


 

Redescendre au niveau des courgettes


Samedi : on rentre dans le flot des touristes, finalement sans bouchon. C'est la première fois que je prenais une location samedi – samedi...De retour à la maison je découvre 6 énormes courgettes, ainsi que de jeunes pousses qui grandissent dans le pourrissoir...Dame Nature n'attend pas. La poêle non plus, dans laquelle la plus grosse courgette frissonne une vingtaine de minutes avant de finir dans nos ventres. Miam.


La marmotte au chocolat


Anecdote : pendant toute cette semaine je dors comme un sonneur. Je me couche vers 22h30 et me réveille à près de 8h du matin. À 1850m d'altitude c'est étonnant. À noter que durant cette semaine alpestre je n'ai pas touché au chocolat. Ceci peut-il expliquer cela ? J'ai pu remarquer à maintes reprises que l'excès de chocolat noir perturbait le sommeil...En rentrant je craque sur du Toblerone noir...Bonne nuit !

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