En attendant l’Andorre…

Article publié dans la rubrique Entraînement, Stages

Cet article parle de : , , ,

Un mini-stage en altitude…Voilà l’idée pour préparer les championnats du monde masters tout en repérant les « France », et en ne pénalisant pas la vie de famille.


Samedi 4 juillet : sauna


Je démarre à midi, histoire de bien « profiter » de la canicule, d’autant que je n’utilise pas la clim…34 à 37°…Je roule, je sue, je me mouille la tête avec de l’eau vite devenue chaude, tout va bien dans le plus chaud des mondes.

Vers 18h ‘’je me pose à Oz’’. Grâce à un vélociste sympa, je dégotte un plan du parcours du championnat de France…Sur mon fidèle Zesty Trail je passe un peu plus d’une heure à trouver, disons, les trois quarts du tracé. On verra le reste demain…En attendant je me douche sous les jets d’eau affectés aux vtt…Pour cette fois ils sont affectés au vététiste ! Ça me fait un bien fou, j’ai le sentiment d’évacuer une journée de chaleur.

L’idée est de passer quatre nuits en altitude. C’est mieux que rien pour s’adapter aux Mondiaux qui se dérouleront en Andorre le 25 août entre 1900 et 2000m. Cela signifie repartir mercredi.

Après ce repérage initial je me dirige vers le col du Sabot (2100m), au-dessus de Vaujany, un col que j’ai trouvé un peu au hasard en furetant sur Google. Il est carrossable et vers 20h10 j’y suis. La route s’arrête là. Au-delà il doit y avoir une cabane de berger car une voiture est garée avec un message sur le siège avant gauche ‘’Si je gêne 06…’’ Mais il n’y a pas de réseau ! Pas bête le berger…

Je mange au cul de la voiture dans un calme absolu, monte la tente…et me rends compte que j’ai oublié les mousses « matelas » ! Alors je prends tout ce qui me sert à séparer mes vélos (j’ai pris le Zesty Trail + le Xélius de route), notamment des nappes de table et des couvertures et vogue la galère. On verra bien demain si j’ai bien dormi.

Déjà je n’aurai pas froid : 19° à 20h30 à 2100m ! Il reste pourtant un petit névé juste sous le col…à la tombée de la nuit je suis au « lit »…



Dimanche 5 juillet : marche et roule


Vers midi, je m'assois dans la voiture, ordinateur sur les genoux, mon torse nu se reflète dans l'écran, devant moi la route qui redescend sur Vaujany et la vallée, Oz...Ce sera pour cet après-midi. Ce matin je me suis réveillé à 7h24...presque 9h de sommeil, pas mal pour une première nuit en altitude ! Bien sûr il y a eu quelques réveils, à mon avis surtout dus à la (moyenne) qualité du couchage. J’ai aussi bu un demi-litre d’eau, à mon avis pour compenser ce que j’ai perdu pendant le voyage « no clim »…

J'ai démonté la tente, j'ai déjeuné, puis je suis parti au hasard après avoir enfoui mes blocs de plastique dans le névé à côté, histoire de refroidir un peu la glacière pour la journée...J'ai vraiment tout le confort !

J'ai trouvé un sentier qui m'a amené, après un long tour plus ou moins à flanc et plus ou moins éboulé, au col du Couard (2227m). De là j'ai louvoyé un peu avant de monter au lac de la Jasse vers 2450m, j'y ai vu un superbe névé avec de la neige « bleue » qui s'enfonce dans l'eau...Admirons vite, car à la vitesse où ça fond… Les cascades qui descendent des glaciers sont à bloc...

J'ai rencontré quelques personnes avec qui j'ai échangé les sympathiques banalités d'usage Bonjour, vous allez où, vous venez d'où, il fait chaud...avant de reprendre le sentier en sens inverse, de me retrouver au beau milieu d'un troupeau de moutons broutant gaiement herbes et fleurs (on ralentit, on ne gêne pas...autant que possible), puis finalement de retrouver le col du Sabot.

Là, j'ai vu arriver un SUV anglais, un couple est sorti en tongs, ils ont fait cent mètres, pris une photo...et ont repris la voiture moins de trois minutes après leur arrivée… Maintenant je comprends mieux les pubs pour les « 4X4 » qui font miroiter l'aventure aux gens. Leur aventure c'est de se taper 15km d'ascension en voiture...et les redescendre. Autant regarder une émission sur un pays lointain, ça pollue moins.


Mais bon on pollue tous, vaste sujet...


Je me requinque avec un repas, redescends dans la vallée et me lave dans le grand lac bleu et froid (ouf !), je remonte à Oz, commence à lire dans la voiture, m’endors…Me voilà prêt à rouler. 1h30 de vtt pour finir de trouver le parcours des « France ». Puis douche et lessive au lavage vtt. Un petit détour à la superette pour quelques aliments et boisson…en fait j’ai une vie normale sauf que le soir je bivouaque.


Je remonte donc les 15km de lacets vers le col du Sabot et retrouve la voiture du berger, remonte la tente, re-mange, re-dors…re-cool. Néanmoins je remarque qu’en une journée le névé a perdu un tiers de son volume…ça chauuuuffe !


Lundi 6 juillet : le jour des rencontres


Lundi matin je me lève à la même heure que la veille (quel métronome) et enchaîne les mêmes actions rituelles (ranger la tente, déjeuner, laver les dents, faire caca, eh oui…). Peu avant de partir marcher je vois arriver trois personnes qui parlent d’un problème sur un panneau pour randonneurs…Renseignements pris, ils sont chargés de l’entretien des sentiers sur le secteur Vaujany, deux adultes (les deux gérants de l’entreprise) et une jeunette d’environ 20 ans « blonde – piercing – cheveux décolorés – dreadlocks » qui semble tout droit sortie de boîte de nuit…En fait une stagiaire d’une filière professionnelle qui fait sa cinquième semaine de stage terrain dans l’entreprise, et s’y plaît. Depuis qu’elle arpente les sentiers elle ne sort plus le week-end, elle DORT !

Un des deux gérants (Xavier) part du col du Sabot pour aller au col du Couard puis aux lacs au-dessus…Je l’accompagne. Arrivé dans les zones « gazeuses » il enlève quelques blocs, progressivement je me mets à l’aider, finalement on « travaillera » 2h30 ensemble, ça ressemble à mes nettoyages de sentiers…c’est du nettoyage de sentier !

Ensuite on se quitte et je retrouve le deuxième adulte et la stagiaire qui sont montés depuis la Villette : 1000m escarpés d’un seul tenant, la stagiaire est vaccinée mais conserve le sourire, ouf !

Finalement je suis parti quatre heures, avec seulement un bidon d’eau-sirop car je ne pensais pas partir aussi longtemps, mais la rencontre en valait la peine. Quand on est seul, la moindre rencontre est d’une grande richesse. Il faudrait conserver cette attitude dans la promiscuité du quotidien…

Je retourne à mes rituels : retirer les chaussures de marche (quel bonheur !), manger, lavage – lessive dans le lac – sieste et vtt à Oz.

Après un tour je tombe sur Nicolas Bazin qui cherche à se repérer dans le parcours…Je lui propose de lui montrer. Au moment de démarrer, on rencontre un cadet de St-Cyr et son père, du coup on attaque un repérage à quatre…puis à trois car « papa du cadet » a un peu plus de mal. Il est vrai que pour se « faire plaisir » sur un tel tracé il vaut mieux être affûté !

Au total je fais trois tours, ajoutés à la marche du matin et aux jours précédents ça commence à peser…Je remonte néanmoins au bivouac, car l’essentiel est de passer des heures en altitude. Demain matin j’en serai à quarante-cinq.

Dans mon esprit se forme le projet de rouler une dernière fois sur le circuit demain matin puis rentrer à la maison voir les coureurs du Tour en baver sur les pavés. La nuit porte conseil, je vais donc commencer par dormir.

La chaleur étant l’ennemis des plaques de chocolat, je remarque que je n’ai pas mangé de dessert depuis samedi, ni de « beurre » que je mets habituellement sur mes tartines le matin et que je m’en porte très bien…Faudrait réussir à faire pareil à la maison…


Mardi 7 juillet : détails de parcours et retour à la maison


Bizarrement je dors moins bien cette troisième nuit, je suis réveillé à 3h30, pendant une bonne heure, puis je dors à nouveau jusque 6h15…Allez debout ! Je suis motivé pour un dernier repérage et pour rentrer au bercail !

Je déjeune donc sans tarder, rejoint Oz sans lambiner et enfourche mon vtt sans attendre. Les Taïpan sont encore presque chauds du repérage de la veille ! Et moi aussi d’une certaine manière. Je pensais avoir très mal aux jambes au début, en fait non. Je fais un tour et je vois les ouvriers de la station qui profitent de la « fraîche » pour piqueter le parcours. Ça fait trois jours qu’ils me voient alors leur chef me demande ce que je pense du tracé. Premièrement je pense qu’ils ont fait du très bon boulot ! c’est difficile physiquement et exigeant techniquement, mais c’est aussi ludique, plusieurs petits sauts (évitables) ont été créés, certaines sections pierreuses sont vraiment techniques, il y a même un « rock garden » (un pierrier quoi !) dont les ouvriers se demandent s’il n’est pas trop dur. Je leur réponds que non, on peut passer en pédalant à fond. Ça les rassure et ils me demandent de passer à l’Office du Tourisme l’écrire noir sur blanc pour Jacky Bossard, directeur de la station. J’écris le mot…juste avant de le rencontrer en sortant de l’O.T. Je lui dis donc tout cela de vive voix, on se donne rendez-vous dans dix jours, je prends le volant et rentre en suant à nouveau…à 15h je suis « at home », prêt à mater les pavés du Tour !

Imprimer cet article Imprimer cet article