Championnats du monde masters 2015: que reste-t-il?

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A l'issue d'un championnat du monde "non couru" pour cause de crevaison au bout de quatre-cents mètres, dans quel état d'esprit se trouve-t-on? J'étais un peu curieux de savoir cela...


Tout d'abord j'ai le sentiment qu'un an c'est long. Il y a une forme d'impatience, de reprendre la départ, d'en découdre à nouveau. En aucun cas un sentiment de revanche (contre quoi? Contre un silex qui a coupé un pneu?). Parfois j'ai l'impression que le départ n'a pas encore été donné et que je vais pouvoir faire enfin ma course...Plus généralement cette course est déjà oublié, ma nature reprend le dessus, je forme de nombreux projets...


Il reste aussi quelques images fugaces de l'Andorre. Un pays étonnant, niché entre des montagnes étroites, où il paraît anachronique d'avoir autant bâti alors que tout rend les déplacements difficiles, où que le soleil passe aussi tôt derrière les sommets, où il n'existe aucune rue plate ou si peu...


Egalement un sentiment de pollution inutile (même si je le ressens en bien d'autres occasions): avoir fait tous ces déplacements, sans vraiment découvrir l'Andorre (quand on est fixé sur un objectif sportif on est obligé de faire l'impasse sur le "tourisme", la découverte des artisans locaux, les longues marches à pied...), ça donne la sensation de "gâcher".


Un peu d'enseignements sur le mode de vie des Andorrans et Espagnols...finalement très similaire au mode de vie de n'importe quel pays "occidental" ou "occidentalisé". Que ce soit au Canada, au Brésil, en Afrique du Sud, chaque fois j'ai retrouvé les mêmes fourmillements dans les centres commerciaux, la même sensation (fausse) qu'on a déniché un "truc" local (en très grande majorité made in "pays à travail à bas coût"), les mêmes embouteillages, la même vie individualiste (avec des nuances si on se donne la peine de parler aux gens)...et le même plaisir de faire du vtt là-bas.


J'ai aussi (surtout?) constaté que rater un titre ne me posait pas de problème, même si je préfère en gagner un, bien évidemment. Je me suis reconnu dans le fait de passer immédiatement à d'autres projets: commencer à flécher la Trace Verte VTT - Marche (6 septembre, Thonnance les Joinville, rens: 03 25 05 51 81) dès le lendemain soir de ma course,  tout juste après être descendu de voiture (après 11h au volant bouger un peu c'est bien!), cueillir les mûres et faire de la confiture, poursuivre le test du Lapierre XM, préparer la rentrée...continuer d'écrire.


J'ai "profité" de cet échec pour me dire que définitivement, il y avait des choses bien plus graves dans la vie. Heureusement, car dans une course il n'y a qu'un vainqueur. Et je me suis rappelé, comme je le dis souvent à des jeunes qui souffrent (provisoirement) d'une défaite, que si l'on ne veut pas connaître ce genre de désillusion, il ne faut pas faire de compétition. Mais peut-être que si l'on ne fait pas de compétition on s'affaiblit...?


Bref, ce genre d'événement peut servir à prendre un peu de sagesse. Peut-être que rien n'est bon ni mauvais en soi, ce qui compte c'est ce que l'on en fait.


J'en fais une raison de ne surtout pas me relâcher. L'hiver sera actif.

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