La semaine de 5 jours et 23 heures.

Article publié dans la rubrique Entraînement

Cet article parle de : , ,

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas fait un stage de vélo de route ! Mais les années passent, mon petit Jules grandit, à 13 ans trois quarts il a eu envie de faire son premier stage « tri » avec son club (le mien aussi d’ailleurs) Poissons Triathlon, je me suis greffé en comptant trouver du monde pour les fois où les triathlètes ne faisaient pas vélo.

Et j’en ai trouvé !

Le samedi 13 février on est donc partis à quatre voitures pour Platja d’Ajo « E viva Espana ». Malheureusement, la frontière à peine passée, on apprenait que la maman de Malo, un des meilleurs amis de Jules, venait de perdre son père. La famille de Malo a quand même passé la nuit avec nous et est repartie dès le lendemain matin. Drôle de départ, beaucoup de larmes…Du coup on s’est réorganisés au niveau des chambres, Jules et Oscar sont venus dans celle que je partageais avec Clément « triathlète tendance duathlète » Colle. On n’y a pas perdu question ambiance ! Les jeunes, la pêche, la patate, les cris, les bagarres sur le lit…

Je m’étais fixé comme objectif de rouler au moins quatre heures par jour, si possible en deux fois.


Le dimanche, pas question de s’exploser dès le début du stage. Avec Clément et Simon « la puissance » Duvaux, on fait 2h36 le matin et 1h24 l’après-midi, en aisance mis à part une côte de 3-4km montée vite…parce que j’étais un peu sur les nerfs ! En effet au moment de le prendre l’après-midi, je le retrouve crevé ! Je sors une chambre à air de rechange…Valve trop courte ! On me prête une chambre à air adaptée, j'en profite pour changer mon pneu arrière (Hutchinson Atom Comp X-Light, yoh yoh !), mais j’ai un mal fou à faire passer la chambre à air sous le pneu ! Je me bats comme un beau diable pendant 20 minutes, et quand je monte enfin sur le vélo je veux « rattraper le temps perdu », envie un peu bête mais qui me fait monter cette bosse vite…Bilan du dimanche : 4h, 110km, 1340m de montée. Ça démarre bien : pas trop dur, pas trop vite, pas trop raide, pas trop tout…Je m’étire consciencieusement après chaque sortie, et je le ferai toute la semaine, de ce point de vue je suis content de moi ! Je pense qu’à 53 ans cet aspect prend une importance toute particulière, notamment pour bien finir le stage.


Le lundi, je pense partir avec des amis du VC Montigny Roue Libre, mais à 9h je ne les vois pas devant l'hôtel, j’avise alors l’équipe de DN2 de Villefranche sur Saône, qui m’accepte gentiment, sauf qu’ils m’annoncent qu’ils partent pour 180 bornes…Quand même ! En fait on reviendra à Platja après 122km, un groupe fera 1h de rabe mais pas plus, ils se sentent un peu cramés. Faut dire qu’au premier tiers on a fait une section de 5km en contre-la-montre, puis vers le milieu on a fait une vingtaine de kilomètres "simulation de course". Des séquences bien intenses, mais ils savent faire le reste en récup. Je rentre avec 122km, 4h05, 1660m de montée. L’après-midi, « rien » : 250m en piscine + jacuzzi + sauna.


Le mardi, le matin je vais avec les triathlètes, on fait 5 fois une section de 4,5km à bloc avec 2' de récup, je me sens moins bien à partir de la 4ème…On termine la sortie par 1h qui commence par une longue bosse où dès le pied je prends une belle hypoglycémie ! Heureusement j’ai ce qu’il faut dans les poches : grosse barre énergétique + petit pain…Je mange tout ! Ce n’est pas la première hypo de ma vie, sûrement pas la dernière, dans VTT Rouler plus vite je conseille justement, en stage, de prendre à manger même pour les sorties courtes car certains jours on démarre entamé dès le début de sortie. J’ai bien fait de m’appliquer la recommandation…L’après-midi je roule « foncier », assez tranquille (48km en 2h…855m de montée quand même). Bilan de la journée : 4h15, 108km, 1430m de dénivelé.


Le mercredi, je fais une superbe sortie solitaire le matin. Je pars à 9h, 4°, ciel immaculé, je longe la mer vers Tossa Del Mar, je monte à l’ermitage de « Grau », je redescends la face nord (4° à nouveau, je suis  congelé !), je remonte vite pour me réchauffer, je reviens par le bord de mer et ses incessantes côtes, la route est déserte, on dirait qu’elle m'appartient! Je fais 67km en 2h40 avec 1340m de montée ! L’après-midi, avec les amis triathlètes on retourne sur les côtes du bord de mer : descentes tranquilles, montées à bloc. Je fais la première moitié en dedans (seulement une grosse relance au pied de chaque bosse), et le retour en respectant la consigne, le plus souvent dans la roue de Simon, j’ai bien mal aux jambes...et au ventre, gonflé, comme si  je n'avais pas digéré. Je commence à être écœuré des boissons énergétiques. On roule 2h avec 920m de montée. Bilan de la journée : 4h40, 121km, mais surtout 2260m de montée.


Le jeudi c’est le bouquet final! Je sais que le lendemain je ne ferai pas un kilomètre (à part les 900 en voiture…). Je remplace la boisson énergétique par du miel du resto, et les barres par des petits bains et bananes…du resto. Le matin je fais 3h, l’après-midi 3h02 = 6h02 (150km), mais surtout 1380m + 1050m de montée = 2430m de dénivelé dans la journée, ça ne peut pas être mauvais pour un vététiste XCO qui passe son temps à monter et à descendre. Le matin je pars avant les amis triathlètes, ils doivent faire un contre-la-montre à pied + un autre à vélo dans un petit col (11 à 17’ suivant les niveaux), avant de les retrouver j’avise une butte peuplée de bâtisses…J’imagine trouver des côtes sympas là-dedans…Je ne serai pas déçu ! J’en trouve trois belles qui donnent déjà 230m de montée, puis un « talus » énorme avec 1km à 17% ! « Le mirador d’Aro »…On est content d’atteindre quatre lacets serrés qui ne montent "plus" qu’à 12%...Vue plongeante sur Platja d’Aro, descente prudente tellement c’est raide, et presque 600m de montée après 1h de route…Ensuite je monte et remonte la côte où je dois retrouver les triathlètes, 3 fois d’un côté, 2 fois de l’autre, avec des thèmes (vélocité – rythme – force – vélocité – rythme). Sur la fin de cette sortie matinale on monte une côte de 400m à 5-6%, je dis à Jules ‘’Une petite attaque ?’’ Il gicle joliment ! Sur le haut je vais le c hercher et l’emmène dans ma roue à plus de 30km/h dans un léger faux plat montant, en haut il me dit que ça n’allait pas vite ! Il ne va pas tarder à me faire mal ! Ensuite en pédales plates il fait des bunnies avec son vélo de route sur tout ce qui dépasse (bouches d’égout, racines qui gondolent le goudron…), il commence à maîtriser ! Il évite aussi de justesse une portière de voiture qui s’ouvre quand il passe, je pousse un énorme cri, l’homme s’excuse…Un très bon moment de complicité père – enfant. Bonne grosse sortie "dénivelé", et la journée n'est pas finie.

L’après-midi on fait une superbe sortie à cinq, la première moitié en vélocité (bosses peu raides en 34X25, les jambes tournent !), la deuxième moitié nettement plus vite sous l’impulsion de « Simon la puissance », de mon côté je pousse un peu Denis quand il lâche, à 66 ans il roule encore bien ! On termine avec des attaques – contre-attaques, on se marre bien, puis je fais encore 40 minutes en solo afin de faire mes 3h. La semaine suivante je serai jury d’agrégation à Vichy, je vais passer au minimum 9h / jour sur ordi pour corriger des copies au format pdf, j’espère être capable de supporter cela ! C’est peu de dire que je vais vivre deux semaines bien différentes…Une semaine « physique » en Espagne avec comme seule activité sur ordi ce compte rendu (une semaine sans ordi c’est finalement bien agréable !) – une semaine « cérébrale » à Vichy…Je me rassure en me disant que cela fera une sorte d’équilibre…


Au final, chaque jour j’en ai donc fait donc un peu plus (en heures : 4h – 4h05 – 4h15 – 4h40 – 6h02 = 23h02 en 5 jours), les siestes sont devenues de plus en plus bienvenues, à force le stage semble être une succession de siestes interrompues par des sorties vélo, à moins que ce ne soit l’inverse…Il y a également les repas, à l’hôtel Aromar, très bons !


Surtout, j'ai refait un stage de début de saison, cela faisait longtemps que j'avais perdu l'habitude, depuis les très sympathiques semaines avec Véloroc - Lapierre. C'est la motivation de Jules qui m'a motivé. La roue tourne!


Vendredi on se tape les 900km du retour, RAS...






Avec Clément, Jules découvre la difficulté d'un stage!



PS: le samedi matin je veux aller rouler un peu, je prends le Lapierre XM, mais c'est la déprime totale: 3°, pluie glaciale et horizontale mêlée de neige sur les plateaux, la seule chose à faire semble d'aller se coucher...Je me gèle de la tête aux pieds dans une descente en chemin blanc et décide d'en rester là: 40 minutes de vtt et 200m de dénivelé, pauvre bilan! Ainsi va la vie, faite d'Espagne et de France, de nuages et de soleil, de chaleur et de froid, d'envie de rouler et d'envie de...quoi au juste?

Imprimer cet article Imprimer cet article