Marseille c’est la (dé)fête!

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Au moment de partir pour me rendre à cette énième coupe de France VTT XCO, je remercie les cycles Lapierre et le magasin Veloder, les premiers pour m'avoir envoyé un bras arrière de XR à vitesse Grand V, le second pour l'avoir monté de la même manière...A la fin ça ne m'a même pas coûté un bras!


Pour aller à Marseille faut se lever à 6h. Ca va encore, chaque jour je me lève un peu plus tôt afin de bien mettre en place le matériel pour les cours de gymnastique en EPS. Le samedi il faudra se lever tôt à nouveau car la course masters a lieu à 8h30 (la foule devrait être là c'est sûr :-)  ). Et le dimanche...On se lèvera tôt pour coacher Charlotte qui court le matin. Bref, on attend avec impatience le lundi de Pâques et sa grasse mat...En fait je suis à peu près certain que je n'en ferai pas, je commencerai à penser à la trace Verte du 10 avril et ça ne m'étonnerait pas que je parte flécher - nettoyer de bon matin..."Quand on aime on se lève tôt = proverbe perso".


Le vendredi matin à 7h on démarre de Thonnance, à 8h on est rassemblés chez la famille Henrissat pour un départ groupé, à midi trente on mange sur une aire d'autoroute vers Valence, à 16h on attaque la reco du circuit, à 17h15 c'est plié, à 19h on est devant un gros plat de pâtes au restaurant Il Pinocchio...Copié-collé total de 2015! On a juste un an de plus, synonyme pour certains de progrès, de maturation, pour d'autres (dont je fais partie) de...on a le temps de vieillir.






Les pâtes 2016, copié-collé des pâtes 2015





 


On loge au B&B du Prado, à l'ombre du stade vélodrome dirons-nous. Ambiance marseillaise, colorée, en travaux, des scooters partout et un style de vie qui sent le sud, entre sympathique désordre, coups de klaxon, barres d'immeubles et étalages de fruits et légumes...et singletracks sympas à Luminy pour cette ouverture de coupe de France.


Le circuit est très proche de celui de 2015, si ce n'est un pierrier artificiel qui ne pose guère de problème. Je me dis que ce serait sympa de créer une zone plus longue (200m...), plus complexe, avec des pierres un peu dans tous les sens, des possibilités de sauter entre deux pierres ou de faire le tour...Pour l'instant les rock gardens me paraissent assez "simplistes", on doit pouvoir faire évoluer cela. Mais ce serait également plus de travail.


En tout cas on n'est pas malheureux dans ce petit coin enserré entre mer et calanques!


Le samedi matin le copié-collé de 2015 s'arrête net! Sensations très moyennes à l'échauffement...et carrément lamentables en course! Je ne vois qu'une explication: jeudi soir et vendredi matin (veille de course) j'ai eu la diarrhée. La veille de la course je ne pesais que 72,3kg, pour un poids de forme habituel de 73 - 73,5. Et je me suis certainement déshydraté, un phénomène qui met deux - trois jours à se résorber. En tout cas après 400m de course je me sens "arrêté", j'espère que le moteur va se débloquer, il n'en sera rien.


Je vais alors produire une course pleine de ratés, à l'opposé de la prestation maîtrisée de dimanche dernier dans les Ardennes. Une presque gamelle dans le rock garden (je tape le genou droit dans le cadre), je prends deux fois une échappatoire dans le passage des rondins parce que je n'ai pas les yeux en face des trous (!), je tente de me mettre à bloc dans le troisième tour mais c'est trop douloureux...Dans le dernier tour Christophe Chambard me double, je ne fais même pas attention à la couleur du dossard mais me dis "Il doit avoir 50 ans maintenant". En effet. Il me met 11 secondes et remporte la catégorie, signant ainsi ma première défaite en coupe de France chez les masters 50. Bravo Christophe!





Une belle descente...dans le classement.




 




A Marseille j'ai été très vite...à retrouver le sourire.




 



Après ma course je mange, mange et mange...Visiblement il me manquait du carburant! Mais je n'ai rien senti venir...


Le temps ne s'arrête pas pour une place chez les masters 50. La journée continue donc sous un soleil éclatant mais un air finalement frais, nous pouponnons les cadets du Team Haute-Marne VTT qui font 7ème (Laury Henrissat), 58ème (Sacha Meuillet), 176ème (Jean Wahl, cadet 1ère année) sur 239 arrivants (ces courses jeunes c'est la fête du vtt!), deux petites chutes au compteur mais aucun abandon, le bilan est encourageant.


Vers la fin de l'après-midi, j'ai vraiment mal aux jambes, j'ai dû "m'entamer" en courant une course sur la réserve, il va falloir prendre le temps de récupérer. Ca tombe bien les vacances de Pâques arrivent fin de semaine prochaine, même si, Trace Verte du 10 avril oblige, je serai pas mal dans les singles à flécher et ramasser du bois tombé. Parfois pour bien faire il faudrait ne rien faire, mais c'est dur!


En me promenant dans le paddock je vois le vélo de Julien Absalon, Four Stroke avec tige de selle télescopique. A 36 ans il ne craint pas de continuer d'évoluer pour contrer les jeunes qui vont très vite en descente. J'ai moi-même conseillé à Lapierre de monter des tiges de selle tout suspendues sur certains vtt de xc, on les trouve maintenant notamment sur le XM et la version Ultimate du XR, certainement un très bon choix pour allier performance et sécurité, encore plus quand on observe que Julien Absalon lui-même adopte le système!


Le samedi soir nous mangeons à nouveau au Pinochio, cette fois c’est une salade de poulpe (Jean-Poulpe !) grand format que j’engloutis sans sourciller, avant une nuit sans fond.


Dimanche matin on s’affaire pour Charlotte notre Junior Dame, qui souffre mais comme toujours se bat avec une belle énergie, comme toutes ces jeunes filles d’ailleurs.


Durant ce week-end j’ai entendu de nombreuses discussions sur le problème du nombre de concurrents dans les courses, qui créent des bouchons et une forme d’inégalité en fonction de la ligne de départ. Le problème, certes, existe, néanmoins il vaut certainement mieux que la coupe de France « souffre » d’un excès que d’un manque de concurrents ; par ailleurs les coureurs rapides savent remonter dans le classement et les lignes de départ au fil des manches. En outre ces départs à 200 – 300 coureurs sont extrêmement formateurs, par exemple pour les cadets dont il me semble que s’ils visent des performances à long terme il vaut mieux qu’ils apprennent à se sortir de situations compliquées que trop simples. Grâce à ces courses très denses on forme de très bons compétiteurs! Pour finir, j’imagine qu’un organisateur de coupe de France, qui cherche à « vendre » son événement (à des sponsors, à des collectivités locales ou territoriales, à des médias), préfère annoncer de gros chiffres de participation, synonyme d’activité (touristique, économique) à proximité du site de compétition.


Voilà pour la petite minute de réflexion :-)


La course élites Dames offre un superbe spectacle, avec une Sabrina énaux qui « fait le départ » (à 38 ans !) et tient tête à PFP pendant moitié de l’épreuve, Pauline qui s’en va finalement gagner mais de peu devant Julie Bresset progressivement revenue tout près de la tête (si elle s’affûte elle peut redevenir la très grande Julie Bresset ! Et je crois qu’elle a retrouvé l’envie…). Sabrina est finalement 3ème, devant une chinoise qui donne une allure internationale (et vintage ! Cintre étroit avec bar-ends !) à l’épreuve. Merci m’dame.


À 15h nous quittons ce théâtre riche en joutes sportives, émotions, romarin (j’en rapporte un peu pour parfumer quelques plats mais je ne trouve pas de thym…Il faudra revenir !). Nous retrouvons l’autoroute, une autre ambiance plus lisse, plus rapide mais aussi plus « lente », le temps semble d’arrêter  tant qu’on n’est pas rentré chez soi.


À 22h Thonnance, dodo, etc. Il me reste deux petits mois pour être « dix fois mieux » à Ussel !

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