Signaleur.

Article publié dans la rubrique Jeunes, éducateurs

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Suite à ma blessure de mardi dernier, me voilà donc out pour le prix de Poissons sur route de ce dimanche 8 mai. Qu'à cela ne tienne, mon père me trouve de l'activité de remplacement.

 

Le matin avec Valentin Clément on va poser les panneaux de déviation, en moins d'une heure c'est terminé, "Jusque-là tout va bien".

 

L'après-midi je suis posté au carrefour des halles de Poissons, le plus "chaud" de la course, le dernier avant l'arrivée, après un rétrécissement sur un pont, en descente, avec finalement pas mal de trafic (et parfois des Renault Trafic ah ah elle est bonne).

 

Je me rode rapidement à l'usage du panneau K 10, fait briller mon gilet jaune pour être bien visible des automobilistes, et arbore mon plus beau sourire afin d'en faire naître d'autres à la bouche des gens que j'arrête. "Vous allez où?...Alors vous suivez la déviation puis vous reprendrez à gauche...C'est seulement 2km de plus...Merci beaucoup, bonne journée, profitez bien du soleil"...

 

Tout se passe bien, à quelques amusantes exceptions près:

 

* Une femme d'environ 25 ans arrive d'une ruelle, en pleurs, on l'a empêchée de passer un peu plus loin, elle veut aller chez elle, c'est tout près, elle est en panique, elle jette ses lunettes devant le siège passager! "Calmez-vous madame ça va bien se passer je vais vous expliquer, dans deux minutes vous êtes chez vous"...Qu'est-ce qui faut pas faire...Un bisou peut-être? Pas le temps il y a du trafic (on y revient toujours :-)  )

 

* Une autre femme me fait un bras d'honneur alors que je lui dis gentiment qu'elle peut passer...Je ne comprends pas son langage des gestes? Problème de traduction? Je lui fais au revoir de la main afin de lui montrer que de mon côté tout va bien :-) . Quand même, j'ai un peu l'impression d'être au boulot, lorsqu'il faut rester calme avec des élèves qui ne savent pas ce que ce mot veut dire...Peut-être des enfants de cette dame au bras baladeur?

 

* Plusieurs anciens qui profitent tranquillement du soleil ont du mal à comprendre qu'on leur demande de passer rapidement le Stop quand les coureurs approchent. Certains ne pensent pas à mettre leur clignotant, je ne sais pas de quel côté ils veulent aller, ça me complique la tâche, un autre vient visiblement de se faire "vilipender" par un autre signaleur parce qu'il n'avançait pas assez vite alors que les coureurs arrivaient, il me dit "Je veux bien partager la route mais il faut me parler gentiment". Je lui réponds que c'est tout à son honneur et le remercie pour sa courtoisie...Il me remercie aussi et poursuis sa route.

 

En fait, à un carrefour, tout se joue en quelques secondes clés, celles où il faut à la fois commander quelque chose à un automobiliste (ou motard) et lui montrer qu'on est "avec lui". Malgré les deux anecdotes des dames énervées, ces dernières sont globalement plus souriantes et coopératives que les hommes, mais ceux-ci arrivent à sourire rapidement si on commence par leur sourire.

 

Bref, je n'ai pas vu ces 2h30 passer. Bien sûr, j'aurais préféré être sur mon vélo. Mais il faut savoir calmer le jeu lorsqu'on sort de blessure...Et il faut savoir calmer le jeu à un carrefour...tout en pressant les gens...Intéressant finalement!

 

En tout cas un grand MERCI à toutes celles et ceux qui ont permis à ce prix de Poissons d'exister, qu'ils soient coureurs, arbitres, signaleurs, chauffeurs ou simples spectateurs donnant de la voix. Nous avons un an pour nous décider à réorganiser ou pas cette épreuve. Laissons la réflexion mûrir...

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