Marseille coupe de France VTT XCO 2018 : la fin d’un cycle ?

Article publié dans la rubrique Course

Cet article parle de : , , , , ,

Parler de la fin d’un cycle pour une coupe de France cycliste, voilà un bon début…Bon, cette coupe de France a fait beaucoup parler avant sa tenue du 23 au 25 mars 2018. Parlons-en encore un petit peu.

 

Il y a quelques semaines je recevais un message me demandant si je voulais être le porte-parole d’un mécontentement chez les Masters à propos du tracé. Principale grief fait au parcours : trop de passages engagés, de risque de chute, de casse, de ne pas pouvoir aller au travail le lundi…N’ayant pas vu ledit tracé, j’ai décliné la proposition. Il était également question des horaires trop matinaux pour les Masters.

 

J’ai informé Benjamin Cadet (FFC, responsable de la logistique générale des coupes de France XCO) de ce mécontentement, il m’a envoyé une réponse très complète et très intéressante, qui montrait bien la complexité des critères à prendre en compte pour organiser une manche de coupe de France qui satisfasse tout le monde. J’ai voulu publier cette réponse sur mon blog, mais comme elle était non-officielle Benjamin a préféré que je ne le fasse pas, ce que j’ai respecté.

 

Puis j’ai été intégré à un groupe de discussion Messenger « Les Vieux Masters », à l’initiative d’Anthony Gauthier, qui cherchait à alerter sur les dangers représenté par ce tracé. À nouveau je suis peu intervenu car je savais que je découvrirais le parcours le vendredi 23 mars vers 16h, pas avant. J’ai juste fait remarquer que les Juniors élites étaient logés à la même enseigne que les Masters pour ce qui concerne les horaires (dimanche 9h avec changement d’heure équivaut à samedi 8h avant le changement d’heure), et j’ai informé le groupe que (comme m’en avait informé Benjamin Cadet), certains passages seraient réservés aux courses UCI (donc pas pour les Masters, cadets, cadettes…).

 

Cela nous amène à un problème qui a failli provoquer la faillite de cette organisation : le manque de bénévoles (tiens, c’est un problème que, en tant que Président de club, je connais bien…mais qui s’améliore actuellement grâce au VTT éducatif). Une conséquence parmi d’autres de ce problème : les panneaux, qui devaient informer les pilotes en train de repérer le circuit du caractère « UCI » ou non d’un passage engagé, n’ont été posés que le vendredi soir ou samedi matin. Entre-temps, on avait dénombré un grand nombre de chutes nécessitant l’intervention des pompiers. Ceux-ci se sont trouvés trop sollicités, le Préfet a été prévenu, on a frôlé l’annulation, les organisateurs ont alors décidé de fermer pratiquement tous les passages engagés, je pense qu’ils ont eu raison car en procédant ainsi ils ont tout simplement sauvé cette organisation (en 1998, on est tous rentrés chez nous la veille de la course à cause d’un manque de bénévoles qui compromettait la sécurité de l’organisation).

 

Les courses ont donc eu lieu et c’est bien !

 

Voici une liste de choses qui me viennent à l’esprit, dans une logique constructive (propositions en gras) :

 

  • Le tracé, même si certains sauts ou gaps étaient très sympas, était déjà très intéressant naturellement. Dans les Calanques c’est naturellement technique, ne l’oublions pas.
  • Benjamin Cadet m’a demandé mon avis concernant le nombre de tours la veille de notre course, j’ai répondu que 4 tours me semblait évident. La victoire Masters s’est jouée en 1h21, un temps nickel selon moi, mais un peu supérieur à la fourchette 1h – 1h15. Sauf que les Masters aiment rouler…oui mais les organisateurs étaient un peu pressés par le nombre de courses à organiser (course spécifique Espoirs, Juniors Series…) et n’avaient pas envie de prendre du retard dès la première…ok mais comme souvent en Masters on est partis avec quelques minutes de retard (5,6 ?), le temps de remettre toutes les rubalises en place (j’ai vu les rubalises arrachées par le vent, j’ai fait un tour de circuit à l’échauffement)…Remettre le circuit en état un peu plus tôt pour que la première course parte à l’heure (la suite du timing en dépend), cela éviterait d’avoir tendance à la raccourcir. En complément de cette réflexion, j’ai remarqué la victoire élites Hommes en…1h09. Bizarre, c’est court. Peut-être un détail m’a-t-il échappé (j’ai quitté le site vers 11h20, pendant la course élites Dames).
  • De manière générale j’ai eu des discussions très intéressantes avec Benjamin Cadet, Eric Jacoté, Yvon Clolus, Sandrine Guironnet…tous responsables au sein de la FFC, tous ouverts à la discussion, à la critique, aux propositions constructives.
  • Yannick Sénéchal, qui est remonté du fond de la classe aux 15 premiers scratch en Masters, me disait à l’arrivée qu’il aurait suffi de boucher certains passages (ex : le « gap + compression ») pour supprimer le danger sans rien changer à la manière de passer des plus rapides. Cette remarque est aussi valable pour le gros gap dans le pré (qui a été fermé) et qui pouvait être bouché partiellement pour que les plus en difficulté puissent l’enrouler. Bref, rendre possible un engagement à différents niveaux, plus « pédagogique ».
  • Sabrina Enaux m’a fait remarquer que plusieurs échappatoires étaient vraiment longues et, du coup, donnaient trop envie de tenter le passage engagé même si on n’avait pas le niveau…Mieux calibrer les échappatoires afin qu’elles ne signifient pas défaite assurée.
  • Yvon Clolus a admis une forme d’erreur en envoyant une seule personne, manquant quelque peu d’expérience, pour la validation du tracé. Il m’a aussi confirmé que ce tracé servirait certainement de « leçon » à la fédération et signait certainement la fin d’une forme de surenchère dans la recherche des passages engagés artificiels.
  • Les passages « chauds » étaient certainement trop nombreux, ce circuit prenait des allures de « stage » avec des queues partout pour travailler les passages, le vendredi je suis resté deux heures sur le circuit pour faire deux tours : moitié à attendre dans les bouchons. Cela a gâché notre plaisir, premier moteur de l'action. Espacer les passages engagés afin de fluidifier les recos.

 

Il y a sûrement d’autres choses à dire, d’autres les diront. Sur le fond je pense que nous avons une coupe de France de haute qualité…et de belle éthique, cf la belle initiative d’André « commissaire » Lecat qui a fait ramasser des déchets à un concurrent ayant jeté sa topette au sol pour éviter de le déclasser…Bravo Dédé !

 

 

 

En ce qui concerne ma course, ma foi c’est pas mal ! à 55 ans j’ai une condition physique d’enfer (travaillée quotidiennement) et un coup de pédale plutôt sympa, qui me permet de remporter une nouvelle victoire en masters 50, assortie d’une 31ème place scratch. Me voilà donc à nouveau au sommet de la boîte, c’est toujours un plaisir. Je ne doute pas qu’Alain Morra, Marc Balascovic ou Fred Garcia seront nettement plus forts (que moi… ? ça on verra J ) en juillet, notamment en altitude en Andorre aux championnats du monde, qui, en 55-59 ans, seront particulièrement indécis. Je compte au moins 8 vainqueurs possibles ! (Perini, Salameiro, Balascovic, Garcia, Morra, Olsson, Buggle…et moi). Rien que pour cela ça vaut la peine de faire de championnat !

 

Je suis néanmoins assez frustré : mon genou droit s’use (arthrose), et même si ma victoire est belle elle fut plus ou moins acquise « sur une jambe ». C’est irritant de ne pas pouvoir exploiter toute sa force…C’est aussi une partie de la définition de la vieillesse !

 

Mon XR Ultimate a été redoutable, de même que la paire de Cobra (dont un 2.25 TR Hardskin à l'arrière). J'aurais bien monté les nouveaux Skeleton, mais je dispose de modèles Tubeless Ready (non Hardskin) et c'eût été prendre des risques sur ce terrain "coupant".

 

 



Se relâcher après 1h30 à bloc, c'est bon...






Repos bien mérité...de fidèle destrier








Je prends de l'altitude en prévision d'Andorre!





A bientôt à Lourdes!

Imprimer cet article Imprimer cet article