La joie de Jules… et la mienne.

Article publié dans la rubrique Divers

Cet article parle de : , ,

Jeudi 11 juillet 2019, 6h57, je donne l'accolade à mon fils Jules, qui n'est guère en état d'apprécier... Il vient de gravir son premier "4000" : le Dôme de Neige des Écrins (4015m)


C'est un "petit" 4000... si on le fait comme le font la plupart des gens: depuis le refuge Caron (ou refuge des Écrins), situé à 3170m d'altitude. On a opté pour une solution plus corsée: départ à 23h15 du Pré de Mme Carle, à 1874m d'altitude. Accompagnés par une belle Lune, au début on a cheminé sur le sentier sans frontales... et on fait une erreur de parcours qui nous a obligés à revenir sur nos pas et à monter 70m de plus que prévu. Sympa après 200m d'ascension et qu'on sait qu'on doit en faire 2270! Bilan: 2350D+ (vous aviez fait le calcul).





On s'équipe pour le glacier vers 2880m, Jules grignote... un morceau de concombre ;-)






La nuit nous a accompagnés jusque 3h45. En fait à cette heure-là on a vu apparaître les toutes premières lueurs à l'Est. On grimpait depuis 4h30. A 4h45 du matin on a vu le soleil se lever. On était vers 3500m d'altitude. J'ai immortalisé ce joli moment par un coup de flash, Jules en a profité pour se reposer quelques secondes sur la glace, il avançait bien mais se sentait un peu détraqué au niveau du ventre, il avait un peu envie de vomir...Bref, l'altitude faisait son oeuvre.





Le bonheur du jour qui revient...






Vers 6h35 on attaque la toute dernière difficulté, la rimaye sous le sommet, glacée. J'hésite quelques secondes (''Jules redescendra-t-il sans problème?''), puis je me dis que ça ira, je l'assurerai bien "au cas où".


A 6h57 on arrive au sommet! Je photographie Jules qui s'allonge... et s'endort presque aussitôt. Je le surveille du coin de l’œil. Un vent bien établi glace l'atmosphère. Jules tremble un peu: "Ça va Jules?", réponse "mmmm"... Dans les vingt minutes qui suivent huit autres personnes arrivent, on se prend en photo avant d'attaquer la descente qui commence donc par la partie la plus délicate, que Jules négocie finalement très correctement. Il est environ 7h30. Nous rejoindrons le Pré de Mme Carle à 13h12, après quelques arrêts pour se déshabiller un peu, pour déchausser et se désencorder... et la meilleure, pour taper un petit somme sur un rocher au soleil.





Jules foule le sommet, groggy!








Effort et bonheur partagés...









Jules regarde un morceau de sérac s'écrouler...






On est donc partis pendant quatorze heures avant de revenir au Pas du Loup, un gîte à Bouchier (Hautes-Alpes, au-dessus de Prelles) dont nous sommes tombés amoureux. Il faut dire que la qualité de son emplacement et de ses plats n'a d'égal que la gentillesse et la compétence de Laurence et Bernard (je ne fais pas de placement de produit!).


Quinze minutes après être rentrés au gîte Jules dormait... J'en faisais de même une demi-heure plus tard.


Le lendemain avec Jules on est partis pour d'autres cieux: passage par l'Alpe-d'Huez pour trois tours de repérage du prochain championnat de France, bizarrement j'avais de bonnes jambes (après une nuit blanche, 14h de haute montagne et passage à 4000m...). Le circuit est atypique: une montée de 10 minutes! Puis une descente sympa et on recommence...


Puis nous sommes allés aux Gêts voir le XCC hommes... Retour aux formats courts et explosifs, le Dôme de Neige était loin, mais toujours là dans un coin de nos têtes...

Imprimer cet article Imprimer cet article