Vous m’en mettrez une douzaine…

Article publié dans la rubrique Course

Cet article parle de : ,

Mardi 16 juillet, dernier entraînement à domicile, je gravis "Jainval" en 7'41 sans trop forcer: c'est un bon chrono, la forme est là, reste à savoir si trois jours plus tard, entre 1830 et 1970m d'altitude ce sera le même topo...

 

J'ai récemment été en haute altitude, au-dessus de 4000m, ce fut l'occasion d'un joli partage alpiniste avec mon fils Jules. C'est déjà ça de pris.

 

Le jeudi 18, veille de mon championnat de France Masters, je me rends à l'Alpe-d'Huez en covoiturant (je suis conducteur), on discute, je ne vois pas le temps passer.

 

Le repérage se passe moins bien: premier tour sans problème, mais au suivant j'éclate mon Skeleton arrière dans un talus anodin. En fait c'est une des rares descentes terreuses, et comme le circuit a été tracé à des endroits vierges, ça creuse... un "couteau" de granit est apparu, il a littéralement sectionné mon Skeleton, paix à son âme! Un autre coureur est arrêté au même endroit que moi, pour la même raison...

 

Heureusement j'avais un Cobra Hardskin au cas où (merci Hutchinson!), une demi-heure plus tard je repars et fais un 3ème et dernier tour propre. Entre-temps quelqu'un a cassé la pierre coupante, c'est pas plus mal!

 

Le soir je rejoins l'hôtel de la forêt de Maronne au Châtelard, à 1400m d'altitude. Hôtel bien sympa et perdu, au bout d'une route fort étroite. Je ne connaissais pas cet endroit, à 2km de l'Alpe-d'Huez à vol d'oiseau... mais à trente minutes en voiture! A 21h20 je dors, et je reste au lit jusque 8h10. Une bonne chose de faite.

 

Le matin je fais un quart d'heure de PPG devant l'hôtel, sous un ciel d'un bleu pur auquel il ne manque que le blanc - rouge... On va s'en occuper.

 

Je m'échauffe avec un mix de Till-Start et de route. on dirait que je ne suis pas si mal, mais en altitude je me méfie de tout...

 

4 tours ont été programmés, c'est hyper-court! Eric Pommelet, le vainqueur 50-54 ans, mettra 53 minutes... et moi 58. Bref, c'était...bref.

 

Sur la ligne de départ je suis aux côtés d'Hervé Prudhomme qui m'a battu l'année dernière. On discute un peu, on a tous les deux décidé de partir très prudemment (surtout un Prudhomme :-)   ), effectivement après 300m de course on est environ 15èmes, roue dans roue. Hervé termine la longue bosse (environ 9 minutes!) 3 secondes devant moi, dès le début de la descente je le rejoins (je saute un gap qu'il contourne), puis dans une descente technique, alors que je le double en prenant une trajectoire intérieure, je le vois chuter tout à l'extérieur... puis je ne le vois plus. A l'arrivée il m'expliquera qu'il avait déjà chuté, souffrait d'un doigt, et que cette 2ème chute était celle de trop. En effet il a un doigt bien gonflé, le pauvre.

 

La menace vient alors d'Alain Morra, toujours très fort en altitude (moi c'est beaucoup plus délicat!). J'entame le 2ème tour avec une vingtaine de secondes, au sommet de la côte il m'en reste dix... En bas j'en ai presque trente...Dans la 3ème ascension je me mets plus à bloc, du coup je passe au sommet avec une bonne vingtaine de secondes d'avance, mais je descends mal, je commets trois erreurs, en bas je n'ai rien pris à Alain, qui attaque la dernière montée avec 22 secondes de retard, je me suis mis en situation délicate!

 

Du coup je le "gère" pour terminer la montée avec à peine 10 secondes d'avance. Mais je m'applique en descente, je fluidifie... et avant le roc garden du bas de circuit on m'annonce 33 secondes d'avance, j'ai carrément fait le trou!

 

Je peux alors terminer tranquille, avec le sourire. Je franchis la ligne avec 13 secondes d'avance sur Alain, on se tombe dans les bras, ce fut une belle lutte, à mon avantage cette fois, et même si Alain est battu il a réalisé une belle course, lui qui était malade à Levens fin juin. C'est mon 12ème titre (le premier en 55-59 ans), j'en étais sevré depuis 2015. 4 tours mettent fin à 4 ans...

 

Quelques photos pour les réseaux sociaux, puis je veux prendre une douche au palais des sports de la station, mais on m'interdit d'y entrer avec le vtt. Pas question de laisser mon beau Lapierre XR vainqueur tout seul dehors et qu'il se trouve un nouveau "propriétaire", alors j'opte pour le torrent, c'est sympa aussi!

 

Restent les podiums où entre masters on devise sur nos douleurs respectives ("Moi j 'ai mal au genou droit, moi à la nuque... moi aux deux"... :-)   ), avant d'enfiler les tuniques bleu-blanc-rouge convoitées et d'écouter une Marseillaise collective pour vieux guerriers fatigués mais heureux.

 

Reste à rentrer à la maison: BlaBlaCar à fond, discussion à bâtons rompus, une grenobloise m'en apprend des tonnes sur la relation d'une cavalière à son cheval en sauts d'obstacles... Moi en termes de "cheval" je connais surtout mon Lapierre XR, "bonne bête", toujours prête à cabrer un bunny! Vers 22h10 je suis à la maison, il est temps de se poser un samedi avant de repartir en Bretagne dimanche retrouver Jules qui lui ne fait pas du vélo mais du...volley.

 

 






Une des jolies dalles de la descente, technique, du championnat de France 2019













Trio gagnant... surtout moi ;-)













Une fine équipe de vieilles glorioles!













Eric "Speaker" Davaine nous a offert un stylo... Ça cause!


Imprimer cet article Imprimer cet article