Pas grand chose…

Article publié dans la rubrique Ecologie

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Il y a quelques jours de vais voir un match de volley. Au milieu du match une famille, (père, mère et deux enfants d'environ 12 ans) arrive. Les quatre sont obèses, les deux enfants traversent le gymnase les yeux rivés sur leur téléphone, puis s'assoient dans les tribunes toujours collés à l'écran. L'un des deux s'intéresse au match (enfin, le regarde) de temps à autre ; l'autre ne regarde que son téléphone. Les parents s'en fichent éperdument. J'ai du mal à rester concentré sur le match, je ne peux m'empêcher de les observer, parfois j'ai envie d'aller les voir, de leur dire qu'ils sont en danger, qu'ils sont en train de se faire avoir, qu'ils seront victimes des pubs et des fake news, qu'ils vont être incapables de fixer leur attention... Je me raisonne et réussit à "retourner au match" en me disant quand même qu'une frange de l'humanité est mal barrée.

 

Quelques jours plus tard je suis au travail, j'amène une classe en cours, j'ouvre la porte d'entrée du gymnase, un souffle d'air chaud sort de l'intérieur et m'enveloppe, j'ai soudain la sensation de comprendre le réchauffement! Cette chaleur produite, multipliée par des milliards d'habitations, d'usines, de voitures, d'avions... sans oublier les climatisations en été qui refroidissent les intérieurs mais ressortent la chaleur dans l'atmosphère. A ce moment précis j'ai la sensation que le réchauffement est inéluctable, que nous avons créé un système de chauffage planétaire, que la Planète est devenue "petite" et que l'Homme peut la chauffer comme on réchauffe un plat...

 

Ces dernières semaines (comme le reste du temps d'ailleurs), je roule à vtt, et je vois sans arrêt des arbres tombés, notamment des gros. Les coups de vent se succèdent, les pluies ont ramolli le sol, ils tombent comme des mouches... Dans certains endroits de la forêt des couloirs de vent se sont créés et on voit des dégâts qui font penser à la tempête de 1999. En plus des gros arbres tombés il y a des branches au sol, partout. Quel bordel... Parfois l'idée me prend: et si toute la forêt tombait? Déjà que, me semble-t-il, ça déforeste sévère pour "l'exploitation forestière". Amusant de voir comme on nous sert des documentaires sur les forêts lointaines qui sont menacées, mais comme on nous parle rarement de l'abattage des nôtres ou de l'énorme perte annuelle de terres cultivables due au bétonnage massif des pays "développés", comme si en ce qui concernait notre propre lieu d'habitation on s'était fait une raison, comme si les enjeux écologiques étaient "ailleurs"...

 

Les 3 février dernier, comme beaucoup de gens j'ai la gorge serrée en voyant la photo de la Mer de glace à nu en plein hiver, lavée par des pluies diluviennes ayant remonté jusqu'à 2600m d'altitude en plein hiver (phénomène évidemment de plus en plus fréquent). Je vois des comparaisons entre les glaciers en 1850 et ceux d'aujourd'hui, des projections (à ce rythme-là 90% des glaciers auront disparu à la fin du 21ème siècle). Je me dis qu'on aime à choisir des comparaisons qui nous conviennent, car si on remonte (beaucoup) plus loin dans le temps les glaciers des Alpes allaient jusqu'à Lyon, et il n'y avait pas de place pour l'Homme.

 

Je conclus de tout cela que l'Homme, comme les glaciers, a une possibilité d'exister dans une "fenêtre réduite", de quelques degrés Celsius. Trop chaud ou trop froid il n'existe pas ou il disparaît. Reste qu'actuellement c'est lui qui pour une bonne part crée les conditions d'une température trop chaude pour sa survie, ce qui n'est pas le moindre paradoxe pour une créature issue d'une évolution (voire d'une sélection) dite "naturelle".

 

 

La Nature... "Ce qui est en état de naître"... serait-elle fatiguée de ce qu'elle a fait naître? En tout cas il me semble que nous ne sommes rien si elle se met à "s'énerver".

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