Articles publiés dans la rubrique ‘Livres’

Aventures au coeur de la mémoire…

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Parfois j'ai un mal fou à me souvenir de ce que ma dit ma femme à propos d'un parent, d'un rendez-vous...Pourtant je (Lire la suite…)

TV lobotomie : le résumé…implacable.

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TV lobotomie, Desmurget Michel, Max Milo 201...Parmi les trente à quarante livres que je lis annuellement, voici une lecture que je trouve particulièrement édifiante: (Lire la suite…)

Telle est la télé…

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Je suis en train de lire TV lobotomie de Michel Desmurget aux éditions Max Milo, 2008. Pour l'instant je vous en livre seulement (Lire la suite…)

2010, année de vélo…et de lectures.

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Dans un coin de ma tête (et d'un classeur) je note les livres que je lis. Anecdote amusante (révélatrice de recherche d'équilibre?) : (Lire la suite…)

99 francs.

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Après La carte et le territoire de Houellebecq, je me suis coltiné 99 francs (pour 6 euros) de Frédéric Beigbeder, un livre cité par Houellebecq dans La carte et le territoire...Fine équipe. J'en ai eu pour mon argent! (Lire la suite…)

Houellebecq achevé…

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La carte et le territoire : c'est le dernier roman de Michel Houellebecq. Je viens de le terminer, Houellebecq, lui, y est (Lire la suite…)

Lire!

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Depuis trois-quatre mois je lis comme un glouton, tous azimuts. D'abord (Lire la suite…)

Jeannie par Longo…

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Je viens d'acheter et de lire Jeannie par Longo (éditions Le cherche midi). Une partie des droits d'auteur ira à des associations caritatives (SPA, Secours populaire...). Belle initiative.

Le livre est mince, surtout  si on le rapporte à la carrière cycliste, incomparable, de Jeannie Longo. C'est un manuscrit à 200 000 signes environ. Les 15 euros peuvent donc paraître chers (par exemple mon livre VTT Rouler plus vite coûte 25 euros pour 1 300 000 signes).


Mais l'essentiel est ailleurs.


J'ai lu les différents livres de Jeannie Longo, parce que son palmarès sportif est unique, parce que pour le forger elle a su sortir des "recettes" et des sentiers battus (elle a au contraire beaucoup innové), parce qu'elle est exemplaire en matière d'hygiène, d'efforts, d'intensité, d'autonomie à l'entraînement et de persévérance dans la vie, et parce qu'au final sa vie a quelque chose de mystérieux.

Cela transpire d'ailleurs dans ce livre encore plus que dans les précédents. Jeannie se présente d'emblée comme une pessimiste, heureusement doublée d'une battante, et, sur la fin de l'ouvrage, laisse affleurer l'angoisse de la suite de son existence que l'on pourrait exprimer ainsi : "Si un jour je ne cours plus, y aura-t-il encore quelqu'un pour m'aimer?". Terrible question!


Sur la fin du livre Jeannie Longo se pose en effet la question de son utilité si elle ne court plus, et évoque ni plus ni moins des idées suicidaires au  cas où cette utilité viendrait à disparaître. Elle sent que tant qu'elle court (même si sa vie n'est plus focalisée seulement sur la course depuis de nombreuses années) elle communique une image positive aux gens, une envie de vivre, un modèle d'hygiène de vie, elle rassure en montrant qu'on peut conserver un organisme "en bon état de marche sportive" après la barre, présumée fatidique pour nombre de commentateurs sportifs, des trente-deux ans...

Elle craint que si elle ne court plus tout cela disparaisse et qu'il ne reste  alors qu'un vide insupportable...En cela elle valide les difficultés à vivre une fin de carrière, que j'explique dans VTT Rouler plus vite (où, d'ailleurs, je cite à plusieurs reprises Longo tant sa compétence peut faire référence dans le domaine du cyclisme).


D'autres personnes ont moins de problèmes avec leur vieillissement. Ainsi demain à 20h35, sur France 5, un documentaire traitera de l'enregistrement de l'album Exile on main street des Rolling Stones qui, à 65 ans environ, continuent d'écumer la scène internationale dans des shows gigantesques. Récemment, Mick Jagger disait qu'à l'époque de cet album (1972), les Stones étaient Jeunes, beaux et stupides...Il ajoutait "Maintenant nous sommes seulement stupides!" . Le parallèle avec Longo est saisissant. Longo dit qu'elle a toujours fait les choses sérieusement mais sans jamais se prendre au sérieux...C'est très stonien! Et extrêmement efficace pour conserver la motivation. Elle dit aussi qu'elle porte plus d'attention au cheminement emprunté pour atteindre un but plutôt qu'au but lui-même, même si le fait d'avoir des buts lui a permis d'avancer (je dis la même chose dans VTT Rouler plus vite!).

Mais la comparaison avec les Stones s'arrête aux portes du sport de haut niveau : même si Mick Jagger bouge énormément sur scène (moins qu'avant tout de même) et s'entretient beaucoup pour continuer à le faire (gym quotidienne, nutritionniste, mode de vie sain depuis au moins 20 ans, besoin d'un large couloir dans les hôtels avant concert pour faire son footing d'échauffement...), sa pratique du rock and roll n'est pas du sport de haut niveau. La pratique de Longo en est! C'est d'ailleurs ce qui rend sa longévité aussi incroyable. Si elle veut continuer  à courir, son corps, à 52 ans, doit toujours pouvoir rouler à 50 à l'heure, produire des accélérations très intenses, des fréquences cardiaques équivalent à près de cinq fois celle de repos...Longo sent tout cela s'éloigner insensiblement, elle devra sous peu quitter la "scène", et se demande si à ce moment-là elle "existera" encore. Tous les sportifs qui durent ressentent certainement plus ou moins cela, encore plus ceux qui sont médiatisés pour leur activité sportive. Longo, qui n'a pas d'enfant, ressent inévitablement cela encore plus fortement que la moyenne puisque d'une certaine manière personne ne prolongera son existence quand la sienne aura pris fin.


Page 139, une phrase résume cette extrême difficulté de fin de carrière :

"Si j'arrête demain, il faudra que je me trouve une utilité"


Il y a d'autres choses dans ce livre mais elles me semblent plus anecdotiques : le problème des oreillettes qui "décervèlent" les coureurs, les démêlés fédéraux et l'incompétence de certains commissaires (mais combien de personnes peuvent-elles être aussi pointues que le couple Longo-Ciprelli?), le fait d'être traitée comme une "enfant" par des responsables fédéraux alors qu'elle pouvait (si elle savait mieux communiquer?) en apprendre à tout son encadrement, le fait de se sentir épiée en permanence quand on agit "autrement" (ses anecdotes sur les questions alimentaires m'ont rappelé celles que je subissais en 1986-87 quand je mangeais différemment des autres), sa grande sagesse alimentaire (déjà détaillée dans Vivre en forme, ouvrage paru en 2002 aux éditions Anne Carrière), le conditionnement grand public des publicitaires, les pratiques écologiques avant-gardistes de Longo (logique, pour elle c'est depuis longtemps un mode de vie, pour beaucoup c'est juste en train de devenir une mode ou une contrainte), la dureté du journalisme (mais les journalistes ne sont-ils pas eux aussi engagés dans une compétition?), la malaise d'être dans une société speedée (mais Longo n'a-t-elle pas tout fait pendant longtemps pour aller plus vite?), le peu de respect de la santé des athlètes dans les programmes de compétitions, la nécessité de savoir se relâcher en course...


Et puis cette citation en fn de livre, qui à elle seule révèle beaucoup de Jeannie Longo:

"Gagner ou perdre, ce n'est plus grave sauf quand je perds"...